Géorgie et France : Georges Dékanozichvili (1867-1910), ingénieur et homme politique
2011-12-06

Giorgi Dekanozishvili

Georges Dekanozichvili est né en 1867 à Makhatra en Géorgie.

Il étudie à l'Ecole des mines de Saint-Pétersbourg et prend ensuite des fonctions d'ingénieur dans les mines de manganèse de Tchiatoura, à l'Ouest de la Géorgie.

Il s'intéresse rapidement à la politique et collabore à la presse engagée, Iveria notamment.

En 1899, il rejoint l'Allemagne, puis la France, où il apprend la langue.

A partir de 1901, il participe au mouvement de quelques intellectuels géorgiens comme Ivané Abachidzé (dit Kita), Chalva Alexis-Meskhichvili, Andro Dekanozichvili, Artchil Djordadzé (1), Guiorgui Laskhichvili, Tedo Sokhia et Varlam Tchekézichvili qui fondent le Pari social-fédéraliste géorgien. Leurs objectifs sont d'une part de répondre aux revendications sociales, mais aussi de répondre aux revendications nationales : ils préconisent la transformation de l'Empire russe en fédération dans laquelle la Géorgie bénéficierait d'un statut d'autonomie (2).

En 1902, il part au Brésil pour étudier le traitement du manganèse : il écrit un livre relatant son périple et la condition de vie des mineurs "Voyage au Brésil et sur l'île de Cuba".

En 1904 et 1905, durant la guerre entre le Japon et l'Empire russe, il aurait noué des liens avec les services secrets japonais et obtenu une aide financière afin de faire entrer clandestinement des armes en Géorgie. Ces armes auraient joué un rôle essentiel durant les révoltes de 1905 (3) .

Il meurt à Cannes en 1910 (4).

Notes

:

(1) En 1903, Artchil Djordjadzé publie à Paris le journal Sakartvelo, en langue géorgienne, et acheminé secrètement en Géorgie.

(2) Voir [URL : 2502]

(3) Source : lettre de Georges Kéressélidzé citée par l'historien Georges Mamoulia ("Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales. Le cas de la Géorgie", Edition l'Harmattan, Paris 2009).

(4) Les archives nationales de Paris disposent de 2 cartons (345AP/1 et /2) contenant les journaux personnels de Georges Dekanozichvili (de 1904 à 1910), de sa femme Henriette Dekanozichvili (de 1888 à 1902), de papiers de famille, de correspondances reçues, d'articles et de textes divers sur la Géorgie, en langues géorgienne et française.