Lia Vodé, présidente de l'Association géorgienne en France de 1992 à 1994
2011-12-06

Hélène Vodé

Lia Vodé est née à Paris le 8 septembre 1949, de Nelly Mdivani (1) et de Joseph Vodé (2).

Elevée dans les valeurs géorgiennes dès sa plus tendre enfance (3), elle participe aux manifestations culturelles de la communauté en France, danses et choeurs traditionnels en particulier.

Après sa Maîtrise de droit privé à l'université Paris 2, elle se spécialise en droit du travail par un Diplôme d'études supérieures (DES) à l'université Paris 1.

Une carrière professionnelle dans le juridique et le droit du travail



Sa carrière professionnelle la conduit tour à tour aux fonctions de rédacteur juridique, chef de département contentieux, secrétaire général d'une instance paritaire nationale, directeur juridique et conseiller à la direction du cabinet d'un établissement public national.

La présidence de l'Association géorgienne en France d'avril 1992 à novembre 1994



Elle est élue à la présidence de l'Association géorgienne en France en avril 1992 et demeure encore aujourd'hui la seule femme à avoir assuré ces responsabilités.

Durant son mandat, outre les commémorations des dates historiques géorgiennes, 26 mai 1918 (restauration de l'indépendance), février 1921 (hommage aux victimes de l'invasion par les armées de la Russie soviétique), août 1924 (hommage aux victimes de l'insurrection nationale, elle témoigne du devoir de mémoire exercé par la communauté géorgienne en France et entreprend des actions humanitaires.

Après la victoire électorale de Zviad Gamsakhourdia (4) et la restauration de l'indépendance en 1991, le contexte politique de la Géorgie, avec la sécession de l'Ossétie du Sud, la guerre civile, le retour au pouvoir d'Edouard Chévardnadzé (5) et la sécession de l'Abkhazie, divise la communauté. Lia Vodé exerce une vigilance critique face à ces évènements. Lors d'une visite officielle du président Edouard Chévardnadzé en France, dans les salons diplomatiques avenue Hoche à Paris, elle ne manque pas de lui rappeler dans son discours :

"la présence à la réunion des descendants des émigrés politiques des années 1920"

et de souligner :

"les principes fondateurs de l'indépendance du 26 mai 1918 bafoués par ceux-là mêmes qui prétendent être leurs successeurs".

Cette position, soutenue par le Comité directeur de l'Association géorgienne en France, est contestée par une partie de la communauté. Elle est chahutée.

Par ailleurs, elle met en oeuvre la première aide humanitaire destinée aux populations géorgiennes en difficulté, reprenant ainsi l'initiative que le docteur Elisso Tarassachvili avait engagée. Cette activité sera ensuite institutionnalisée et permettra grâce à la générosité des membres de l'association et grâce au dévouement des membres de son Comité directeur de procéder à plusieurs envois de médicaments, de petits matériels médical, de vêtements et de livres.

Différentes actions en faveur de la cause géorgienne



Elle participe à l'ensembre MERANI (6) constitué en 1969 de descendants d'émigrés géorgiens, qui donne des concerts de danses et de chants traditionnels en France et en Grande-Bretagne.

Durant plusieurs années, elle fait également partie de la chorale de l'Eglise Sainte Nino de Paris (7).

A partir de 2004, elle soutient son amie d'enfance Salomé Zourabichvili (8) dans son action politique en faveur de la démocratisation de la République de Géorgie.

Elle participe également à la commission des anciens présidents de l'Association géorgienne en France constituée pour la restitution à l'Etat géorgien du "château de Leuville-sur-Orge" (9), à la demande des héritiers, et des mandataires, porteurs de parts de la Société civile immobilière propriétaire.

M.M.


Notes

:

(1) Sa mère, Nelly Mdivani, fille de Nelly Nakachidzé et de Simon Mdivani, a été membre du Comité directeur de l'Association géorgienne en France durant plusieurs années : elle appartient à la longue tradition sociale fédéraliste qui dès les années 1900 souhaitait la renaissance de l'identité nationale géorgienne.

Voir [URL : 2851]

(2) Son père Joseph Vodé, né Revaz Goguitidzé, après avoir vécu une vingtaine d'années en Géorgie sous le régime soviétique, s'est réfugié en Europe occidentale durant la Seconde guerre mondiale et a constamment milité depuis pour le retour à l'indépendance de ce pays.

(3) Voir [URL : 1720]

(4) Voir [URL : 2519]

(5) Voir [URL : 2520]

(6) Photographie de l'ensemble MERANI au début des années 1970 [URL : http://www.samchoblo.org/agf_merani.htm]

(7) Voir [URL : 1078]

(8) Voir [URL : 1060]

(9) Voir [URL : 1816]

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Source Lia Vodé, archives familiales

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