Serge Méliava (1937-2011), ancien président de l'Association géorgienne en France
2011-11-26

Serge Meliava est né le 6 octobre 1937, à Belfort (90), d'un père, Sacha, issu de l'émigration politique géorgienne des années 1920.

Adolescent, durant la seconde moitié des années 1950, il fréquente avec ses frères Guy et Michel, Leuville-sur-Orge, et plus précisément la Route de Leuville (1) à Saint-Germain-lès-Arpajon où habite un ami de la famille, Gricha Kéressélidzé (1).

Les études



Il prépare les concours aux grandes écoles au Quartier latin, au lycée Lavoisier où il a la réputation d'être un élève brillant.

Il intègre l'Ecole supérieure de physique et de chimie de Paris et sort diplômé en 1962.

La vie familiale



Il se marie une première fois, avec Geneviève : ils ont quatre garçons, Tariel, Irakli, Alexandre et Thamaz.

Il se marie une seconde fois, avec Monique : ils ont une fille, Naïra.

La carrière professionnelle



Il fait carrière dans plusieurs grands groupes industriels.

Trois années de présidence



Il assure la présidence de l'Association géorgienne en France de juin 1989 à avril 1992, années durant lesquelles

- la Géorgie restaure pour la deuxième fois son indépendance,

- et la communauté géorgienne en France voit ainsi ses espoirs se concrétiser.

Il commémore les dates historiques géorgiennes, février 1921 (hommage aux victimes de l'invasion par les armées de la Russie soviétique), 26 mai 1918 (première restauration de l'indépendance) et août 1924 (hommage aux victimes de l'insurrection nationale).

Le 3 juin 1989, il est l'un des acteurs de la révision des statuts de l'association votée par une Assemblée générale extraordinaire (2).

En 1990, la commémoration du 26 mai prend une dimension exceptionnelle puisque malgré le régime soviétique en place à Tbilissi, il réussit à inviter à Paris les chefs de file de l'opposition démocratique et à leur faire rencontrer les représentants de la presse nationale française.

Lors de la guerre civile en Géorgie, à partir de 1991, -malgré son charisme personnel-, il ne peut empêcher le déchirement de la communauté géorgienne en France (3).

Des actions en faveur de la cause géorgienne



A partir de 2004, il participe à la commission des anciens présidents de l'Association géorgienne en France constituée pour la restitution à l'Etat géorgien du "château de Leuville-sur-Orge" (4) et (5), à la demande des héritiers, et des mandataires, porteurs de parts de la Société civile immobilière propriétaire.

Il décède le 13 novembre 2011.

Le 22 novembre, le Père Artchil célébre à l'Eglise Sainte Nino de Paris la cérémonie mortuaire selon le rite chrétien orthodoxe, devant sa famille, ses amis et la communauté géorgienne en France.

Guia Sardjvéladzé, ancien président de l'Association géorgienne en France, lui rend un dernier hommage (6).

Papuna Davitaïa, ministre d'Etat géorgien aux Diasporas adresse à la famille et à la communauté géorgienne en France une lettre de condoléances.

Les cendres de Serge Méliava seront transportées en janvier 2012, à Batoumi, en Géorgie, afin de rejoindre son père et son frère Guy.

M.M.

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Source archives familiales

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Notes

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- (1) Gricha Kéressélidzé, enrôlé dans l'Armée rouge, fait prisonnier par l'armée allemande, réfugié en France en 1945, échappe au retour forcé en URSS (suite aux accords entre De Gaulle et Staline) et à une probable déportation en Sibérie. Il oeuvre un temps dans l'épicerie familiale de Sacha Méliava, participe à plusieurs actions de renseignements en Géorgie en s'y infiltrant par la Turquie, avant de fonder une famille à Saint Germain lès Arpajon.

Voir [URL : 3473]

- (2) Statuts de l'Association géorgienne en France
[URL : http://www.samchoblo.org/agf_statuts.htm]

- (3) Comme les Géorgiens de Géorgie, la communauté géorgienne de France se divise en" Zviadistes" (partisans de Zviad Gamsakhourdia) et "Chervardnadzistes" (partisans d'Edouard Chévardnadzé).

- (4) [URL : 1816]

- (5) [URL : 3345]

- (6) Hommage de Guia Sardjvéladzé à Serge Méliava

"Notre ami Serge Meliava fut président de l'Association géorgienne en France pendant plusieurs années, à partir de 1989. Il assuma cette mission avec le dévouement, le dynamisme et aussi le charisme que chacun lui connaissait. Cette période -fin des années 80, début des années 90- fut une des plus agitée qu'ait connu notre communauté. L'Union soviétique s'effondrait, la Géorgie réclamait avec force le rétablissement de son indépendance ...

Dès le début de son mandat, Serge prit une initiative qui allait se révéler remarquable : celle d'inviter à Paris les principaux dirigeants des partis politiques géorgiens opposés au pouvoir soviétique. Il les fit venir lors d'un " 26 Mai", date de notre fête nationale, qui reste mémorable. Puis, nous organisâmes des rencontres avec des journalistes, où ces hommes politiques purent s'exprimer, pour la première fois, face à la presse française. Serge fit preuve, durant ces journées, d'un rare sens de la diplomatie : il en fallait pour réunir des hommes politiques géorgiens de bords différents et qui ne s'entendaient pas entre eux !

L'indépendance retrouvée, notre communauté se déchira,comme la Géorgie elle-même ... Serge su alors faire preuve de
sang froid, sans renier aucunement ses convictions. Jamais les querelles politiques n'altérèrent les relations amicales que nous avions les uns avec les autres ... Quelques années plus tard ,nous avons bien ri avec Serge en évoquant ces querelles "pichrocolines"...

Plus tard, Serge s'impliqua dans la recherche d'une solution commune concernant la restitution du Château de Leuville
à l'Etat géorgien ... Son sens des responsabilités et sa hauteur de vue contribuèrent à rapprocher les points de vue dans un dossier difficile.

Au delà de ces épisodes, Serge fut toujours présent lors de toutes nos commémorations, attentif et vigilant ... Sa personnalité était particulièrement appréciée des Géorgiens qui venaient à Paris et qui découvraient à la fois sa connaissance de l'Histoire de la Géorgie et sa chaleur humaine ... Il fut pour nous, durant toute sa vie, une des figures les plus marquantes, les plus fortes de la communauté géorgienne de France ...

Et je voudrai aussi avoir une pensée affectueuse pour son frère Guy, qu'il va rejoindre au bord de la mer Noire, au pays de son père, pays qui fut aussi le sien.
"


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Remerciements à Natacha, Tamara et Kéthevan Méliava pour les compléments d'information apportés