Viktor Iouchtchenko, ancien président ukrainien (2005 à 2010)
2010-02-15

Viktor Youchtchenko

Il est né le 23 février 1954 à Khorouzhivka, en Ukraine.

Une première carrière de banquier d'Etat



Il étudie l'économie et devient comptable.

Il rejoint la Banque d'Etat de l'URSS en 1976, la Banque nationale d'Ukraine en 1993 : il prend la direction de cette dernière en 1997.

A ce titre, il joue un rôle important dans la création de la monnaie ukraïnienne et dans la régulation des banques commerciales.

Premier ministre, puis chef de l'opposition



En décembre 1999, il est nommé Premier ministre par le président Leonid Koutchma. Des progrès économiques sont enregistrés, mais des conflits de pouvoir naissent entre les membres de son gouvernement et les dirigeants des grandes entreprises nationales, de charbon notamment. Les députés de la majorité présidentielle, avec l'appui de ceux du Parti communiste, font tomber son gouvernement en 2001.

En janvier 2002, il réunit une dizaine de partis politique dans une alliance, Notre Ukraine, mais n'obtient pas la majorité des sièges aux élections législatives. Il devient leader de l'opposition, préconisant des dispositions libérales, la lutte contre la corruption et l'adhésion à l'Union européenne.

En septembre 2004, il tombe gravement malade et est soigné dans une clinique de Vienne : il s'avèrera plus tard que le mal est du à un empoisonnement à la dioxine (1).

La révolution orange



En novembre 2004, le premier tour des élections présidentielles de novembre 2004 le place en tête devant Viktor Ianoukovitch, candidat soutenu par la majorité sortante du président Koutchma (2). Le deuxiéme tour, entaché de fraudes électorales, donne Viktor Ianoukovitch vainqueur (3).

Le pays s'enflamme pacifiquement, une grève générale est déclenchée à Kiev et dans plusieurs autres villes, des manifestations se produisent devant le Parlement arborant des drapeaux oranges.

Finalement un "troisième tour" est organisé sous contrôle d'une dizaine de milliers d'observateurs internationaux, Viktor Iouchtchenko est proclamé président de la république d'Ukraine (4).

Une présidence, sans majorité politique réelle



De février à septembre 2005, il nomme Ioulia Timochenko Premier ministre, mais des tensions personnelles apparaissant, cette dernière est remplacée par Iouri Iekhanourov jusqu'en août 2006.

Date à laquelle, les élections législatives donnent une majorité présidentielle divisée (Notre Ukraine d'une part et Bloc Ioulia Timochenko d'autre part). Il se voit contraint de nommer "son adversaire politique" Viktor Ianoukovitch Premier ministre.

En avril 2007, il provoque de nouvelles élections législatives : Notre Ukraine et Bloc Ioulia Timochenko obtiennent une voix de majorité. Une nouvelle fois il nomme Ioulia Timochenko Premier ministre. Une nouvelle fois des tensions apparaissent entre le président et son Premier ministre, au point que Ioulia Timochenko fait voter, avec les voix de l'opposition une loi restreignant les pouvoirs présidentiels.

Le 17 janvier 2010, il est éliminé au premier tour des élections présidentielles avec 5,5% des suffrages, laissant le champ libre à deux de ses anciens Premiers ministres, sa rivale de la "révolution orange" Ioulia Tomochenkoet son adversaire "pro-russe" Viktor Ianoukovitch.

Un bilan contrasté



Dans un contexte d'instabilité gouvernementale, le bilan de Viktor Iouchtchenko est particulièrement négatif sur le plan économique, même si la crise économique mondiale a incontestablement aggravé la situation et même si la Russie a soufflé le chaud et le froid sur les gazoducs empruntant le territoire ukrainien.

Le produit intérieur brut de l'Ukraine a chuté de 15% , la monnaie ukrainienne s'est dépréciée de près de 50% depuis novembre 2008, le chômage s'est étendu à toutes les couches de population. Devant la situation, le FMI a hésité à octroyer une 4éme tranche de crédits (3,8 milliards de dollars).

En termes politiques, son bilan est certainement plus positif : la censure a disparu, la liberté d'expression, le pluralisme et la concurrence sont désormais ancrés dans le paysage ukrainien, la lutte contre la corruption est engagée, aucune fraude électorale n'a èté relevée lors des élections de janvier 2010, l'adhésion à l'Union européenne est devenue une idée partagée par l'opinion publique et par la grande majorité des hommes politiques.

Il reste que "la révolution orange" porte aujourd'hui beaucoup de désillusions au quotidien.


Notes

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(1) La controverse sur l'origine de l'empoisonnement de Viktor Iouchtchenko, et de sa défiguration, est loin d'être close: accidentelle, organisée par ses ennemis politiques ?

(2) [URL : 1552]

(3) [URL : 1580]

(4) [URL : 1651]


Voir aussi

:

- [URL : 1001]

- [URL : 1410]

- [URL : 1437]