Une décennie d'attentats sur le territoire russe attribués aux terroristes nord-caucasiens (avril 2010)
2013-01-17

Depuis 1999, une dizaine d'attentats meurtriers ont été perpétrés sur le territoire de la Fédération de Russie, hors Nord-Caucase. Ils ont été attribués par les autorités russes aux terroristes nord-caucasiens sans certitude absolue dans certains cas. Sur le territoire du Nord-Caucase, les attentats n'ont pas cessé malgré l'implication de l'armée et des forces spéciales russes : les combats se sont étendus de la Tchétchénie à l'Ingouchie et au Daghestan, et parfois vers d'autres républiques. L'enjeu en est l'appartenance à la Fédération de Russie que conteste les terroristes. Après la revendication d'indépendance des leaders tchétchènes "modérés" des années 1990 et du début des années 2000, est apparue celle de la constitution d'un émirat islamiste du Nord-Caucase

.

Des attentats sur le territoire de la Fédération de Russie, hors Nord-Caucase


29 mars 2010

: 39 morts et 64 blessés, dans le métro de Moscou aux stations Loubianka et Park Koultoury. Attentat attribué à "deux femmes kamikazes" (1). Certains observateurs rapproche cet attentat des propos du chef de guerre Dokou Oumarov, qui combat pour la constitution d'un Emirat islamiste dans le Nord-Caucase, tenus le 15 février : "Le sang coulera, et pas seulement dans nos villes. La guerre va frapper aussi leurs villes".

27 novembre 2009

: 25 morts, à bord du train entre Moscou et Saint Pétersbourg. Explosion d'une bombe.

1er septembre 2004

: 344 morts, lors de l'assaut des troupes spéciales russes suite à une prise d'otage dans une école à Beslan (Ossétie du Nord). Le groupe armé était composé de Tchétchènes, d'Ingouches et d'un Ossète (Chef de guerre Chamil Bassaïev, revendiquant l'indépendance de la Tchétchénie).

31 août 2004

: 10 morts, dans le métro de Moscou à la station Rijskaïa. Attentat attribué à "une femme kamikaze".

6 février 2004

: 41 morts et 250 blessés, dans le métro de Moscou entre les stations Avtozavodskaia et Paveletskaia. Attentat à la bombe.

9 décembre 2003

: 6 morts, devant un hôtel, à proximité de la place Rouge. Attentat attribué à "une femme kamikaze".

23 au 26 octobre 2002

: 130 morts, lors de l'assaut des troupes spéciales russes suite à une prise d'otages dans le théâtre Nordost de Moscou. Le groupe armé était composé de 41 membres, dont 19 femmes (Chef de guerre Chamil Bassaïev).

8 août 2000

: 13 morts et 118 blessés, dans un passage de la station Tverskaya du métro de Moscou. Attentat à la bombe.

Septembre 1999

: 300 morts, lors d'attentats contre des immeubles d'habitation à Moscou, Buinaksk et Volgodonsk.

Par ailleurs, les groupes armés nord-caucasiens ont revendiqué :

Août 2009

: 75 morts, par noyade, à Saïano-Chouchenskaïa, lors de de défaillance d'une turbine de centrale hydroélectrique. Accident selon les autorités russes.

Août 2000

: 118 morts, asphyxiés dans le sous-marin Koursk. Accident selon les autorités russes.

Des attentats sur le territoire nord-caucasien de la Fédération de Russie



Il est difficile de connaître exactement la situation du Nord-Caucase, pratiquement fermé aux observateurs internationaux. Par l'intermédiaire des médias russes, il est possible d'en avoir une certaine idée :

I) [URL : 2705]



-

[URL : 3005]
- [URL : 2971]
- [URL : 2570]



II) [URL : 2712]



-

[URL : 3037]
- [URL : 2928]
- [URL : 2887]
- [URL : 2859]
- [URL : 2824]
- [URL : 2792]
- [URL : 2440]



III) [URL : 2710]



-

[URL : 3041]
- [URL : 2886]
- [URL : 2856]
- [URL : 2791]
- [URL : 2701]
- [URL : 2315]




IV) [URL : 2709]



-

[URL : 2549]



V) [URL : 2646]



-

[URL : 2700]
- [URL : 2647]
- [URL : 1932]



VI) [URL : 2711]



-

[URL : 2888]
- [URL : 2857]
- [URL : 2823]
- [URL : 2644]
- [URL : 2546]


Une présence russe dans le Nord-Caucase de moins de deux siècles


La présence russe dans le Nord-Caucase date de moins de deux siècles.

Elle a été régulièrement contestée par la mosaïque de peuples qui s'étend du Daghestan à l'Adyghée, en passant par la Tchétchénie, l'Ingouchie, la Kabardino-Balkarie et la Karatchaevo-Tcherkessie.

L'Ossétie du Nord a été, historiquement, un point d'appui pour la Russie.

De Chamil qui contesta la conquête par l'Empire russe au milieu du XIXème siècle aux émirs islamistes qui conteste aujourd'hui l'appartenance à la Fédération de Russie, ces peuples résistèrent aussi à la soviétisation (et le payèrent parfois cher).

Les Tchétchènes connurent deux périodes de relative indépendance, avant la première guerre qui les opposèrent à la Russie de 1994 à 1996 (2) et avant la seconde en 1999 (3).

Les faits démontrent que cette résistance s'est radicalisée avec l'implication islamiste.

Le 30 mars 2010, le journaliste français Alexandre Billette titrait sur RFI :

"La presse russe dénonce l'échec de la politique du Kremlin dans le Caucase"

(4).

M.M.

*

Notes

:

(1)

[URL : 3033]



(2) En novembre 1991, l'ex-général soviétique d'origine tchétchène Djokhar Doudaïev déclare l'indépendance de la Tchétchénie (Itchkérie). La langue russe et l'alphabet cyrillique sont abandonnés dans les écoles. Une monnaie nationale est décidée. En décembre 1995, l'armée russe envahit la Tchétchénie. Une guérilla tchétchène s'organise. Djokhar Doudaïev est tué le 21 avril 1996 : il aurait été atteint par 2 missiles alors qu'il utilisait un téléphone satellitaire.

(3) En janvier 1997, l'ex-colonel soviétique d'origine tchétchène Aslan Maskhadov est élu président de la Tchétchénie lors d'un scrutin contrôlé par les Nations Unies et l'OSCE. Le 12 mai 1997, il signe un traité de paix avec la Russie (Boris Eltsine). En octobre 1999, l'armée russe envahit à nouveau la Tchétchénie sous l'impulsion du Premier ministre (Vladimir Poutine). La guérilla tchétchène se scinde en plusieurs tendances, dont une tendance fondamentaliste dirigée par Chamil Bassaiev. Aslan Maskhadov est tué le 8 mars 2005 par les forces spéciales russes.

(4) [URL : http://www.rfi.fr/contenu/20100330-presse-russe-denonce-echec-politique-kremlin-le-caucase]