Les Nord-Caucasiens représentent 80% des demandeurs d'asile en provenance de Russie (2009)
2011-01-28

L'analyse de l'Office français pour la protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA)



"... Avec 2 351 dossiers enregistrés en 2009, la demande russe totale augmente de 1% par rapport à 2008 : les premières demandes baissent néanmoins de 7% (1 961 dossiers en 2009 pour 2 102 en 2008) tandis que les demandes de réexamen ont crû de 75% (223 demandes réexamen en 2008 et 390 en 2009).

Cette demande est toujours composée à 80% de Tchétchènes ou de demandeurs originaires du Nord Caucase.

Les demandeurs en provenance de Tchtéchénie sont souvent de très jeunes couples, avec ou sans enfants, ainsi que des femmes invoquant la disparition de leur époux. On note un nombre croissant de femmes plus âgées, souvent veuves, venues rejoindre un enfant en France. De manière générale, les dossiers sont moins étayés et les profils moins variés que par le passé.

Tous mettent en avant le contexte local ainsi que des persécutions émanant des autorités tchétchènes prorusses. Les demandeurs invoquent le plus souvent des arrestations et des détentions arbitraires assez courtes du fait de l'appartenance d'un proche à la guérilla puis une libération contre rançon ou promesse de collaboration. D'anciens membres des forces de sécurité justifient également leur départ par des différends internes à l'administration de R. Kadirov.

Une partie de la demande s'appuie toujours sur des cas de vendettas, sur des crimes d'honneur ou bien sur des arrestations arbitraires pour des motifs crapuleux.

D'une façon générale, le départ de Russie semble ancien et il est fréquent que les demandeurs aient transité ou séjourné dans un pays de l'Union européenne, généralement la Pologne. Certains déclarent avoir simplement déposé une demande d'asile dans ce pays avant de le quitter mais d'autres, mariés avec un compatriote rencontré sur place, semblent avoir séjourné plus longtemps et être allés au bout d'une première procédure d'asile. Par ailleurs, on observe un flux irrégulier mais croissant de demandeurs tchétchènes en provenance de Bakou (Azerbaïdjan) où ils étaient placés sous la protection du HCR.

Les autres demandeurs du Nord Caucase proviennent essentiellement du Daghestan ou d'Ingouchie. Ils invoquent l'insécurité prévalant dans ces républiques ainsi que des motifs ethniques. D'autres se présentent comme Ossètes du Nord et lient leur situation à la crise géorgienne. L'absence de tous documents, leur méconnaissance de la langue russe et la réalité locale laissent penser qu'il s'agit de Géorgiens désireux, jusqu'il y a peu, d'échapper au classement de leur demande en procédure prioritaire.

Hors Caucase, les demandeurs font essentiellement état de difficultés en raison de leurs origines ethniques (juives, caucasiennes, kurdes, yézides ou africaines). Ils invoquent alors le racisme ambiant et la corruption généralisée dont ils disent être les premières victimes.

Les dossiers plus politiques de personnes invoquant leur engagement dans l'opposition, ou affirmant craindre des persécutions pour avoir dénoncé des malversations semblent en baisse ...
".

Les statistiques de l'OFPRA pour 2009



Les 2 351 demandes d'asile de citoyens adultes russes se décomposent en 1 961 premières demandes (âge moyen 34 ans, dont 51% de femmes) et 390 demandes de réexamen. Il convient d'y ajouter 1 431 demandes d'asile de la part de mineurs.

393 dossiers étaient examinés en procédure prioritaire, dont 20 après mise en rétention.

L'OFPRA a directement accordé 311 accords d'admission en France, La Cour nationale des droits d'asile (CNDA) a accordé 762 accords d'admission supplémentaire, après recours.

Au 31 décembre 2009, 8 607 citoyens russes étaient sous protection de l'OFPRA, dont 51% de femmes.

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