Généralités sur la vie associative en Croatie (2003)
2012-12-27

Généralités sur la vie associative en Croatie



La renaissance de la vie associative



Pour comprendre le statut actuel des associations en Croatie ainsi que les
récents développements qu'elles ont connus, il convient de revenir sur le
système économique et politique qui a prévalu en Yougoslavie communiste
avant 1991.

À partir de 1974, la Yougoslavie a connu un système fédéral et
décentralisé. La plupart des décisions publiques concernant la Croatie
étaient prises à Zagreb, mais le discours politique ne descendait pas
jusqu'au niveau des citoyens. Aussi l'espace de parole pour les
organisations de la société civile et les médias indépendants est-il un
phénomène nouveau, relativement peu développé dans le pays. C'est dire à
quel point la formation d'une conscience politique, la participation aux
processus de décision publique et à l'élaboration des lois n'a pas été une
"mince affaire".

Depuis l'indépendance, intervenue en 1991, le développement
des associations a été davantage marqué par la guerre que par la mentalité
de l'ancien régime communiste. La naissance et la reconnaissance légale de
beaucoup d'associations politiquement actives se sont produites pendant la
période de transition violente qui a conduit la Croatie à l'indépendance et
à la démocratie. Les associations ont traité des dossiers qui relèvent aussi
bien de la reconstruction d'après guerre que de la réorganisation post
communiste : participation démocratique, développement communautaire et
éducation.

En 1997, selon le ministère de la Fonction publique, environ
18.500 associations étaient enregistrées en Croatie.

Une nouvelle loi sur
les associations a été adoptée par le Parlement le 15 juin 1997.

Elles sont
plus de 22.000 aujourd'hui

.

La coopération entre les associations et les
administrations correspondantes n'est pas toujours facile.



Les départements
ministériels considèrent souvent que le travail des associations entre en
concurrence avec leur propre activité, et manque de professionnalisme : il
ne serait pas suffisamment précédé d'une évaluation des besoins. L'attitude
habituelle de l'administration est d'ignorer le travail des associations, ce
qui se traduit par une faible interaction entre le service public et la
société civile. Un tel manque de coopération est une forme feutrée de
l'hostilité parfois ouverte qu'affichent les autorités officielles. Il
freine d'autant plus le travail des associations que leurs dirigeants, de
leur côté, sont peu motivés à nouer des liens plus étroits avec les
administrations correspondantes.

Les dons privés aux associations sont lourdement taxés

(à 35 %). Les coûts
de bureaux, d'équipement et d'installations téléphoniques sont très élevés
(en raison d'un fort taux de TVA et de taxe d'habitation), ce qui représente
une charge financière plus importante que dans beaucoup d'autres pays
d'Europe de l'Est. Les associations ne bénéficient pas d'avantages
particuliers.

En 1996, le gouvernement croate a présenté, sans concertation préalable, un
projet de loi estimé inadéquat pour définir et réguler les associations.
Après deux tables rondes et un communiqué de presse, organisées par deux
associations, un dirigeant associatif, Mladen Majetic, s'est rendu compte
qu'il y avait peu de chance qu'une coalition puisse se former spontanément
sur le sujet. Alors, il a pris l'initiative d'une coordination associative
souple, avec deux objectifs : lancer une campagne de sensibilisation du
public en vue d'améliorer le projet de loi, et contribuer à créer une
structure légale d'appui à l'existence et au développement du secteur non
gouvernemental croate.

Après deux mois de préparation et de contacts avec les associations de toute
la Croatie, dix dirigeants associatifs de différentes régions du pays ont
créé "L'initiative pour le troisième secteur", une coordination associative
informelle et souple. La coordination a reçu 30.000 dollars de la Fondation
Américaine pour le Développement, 20.000 dollars de la Fondation Soros et
6.000 dollars du programme Matra de l'ambassade néerlandaise.
La campagne a duré douze mois. La presque totalité des 25 amendements
proposés par la coordination ont été pris en compte.


(d'après l'article publié par Mladen Majetic, coordinateur de l'Initiative
pour le troisième secteur en Croatie, paru en anglais, dans le bulletin
d'Horizonti, magazine du Tiers secteur géorgien, n° 6 - hiver 1999.
Traduction H. Collet.)