Historique des relations franco - lituaniennes
2004-07-27

Le premier Français célèbre venu en Lituanie fut, sans doute,

Guillaume de Machaut

(vers 1300 - vers 1377), grand moderniste du Moyen-Age, réformateur de la musique et de la poésie. A partir de 1323, il fit partie de la suite de Jean de Luxembourg, roi de Bohême. Dans ses œuvres, il énumère les pays et les contrées où les chevaliers exerçaient leur vaillance ; la Lituanie y est mentionnée plusieurs fois. Il évoqua ses impressions de la campagne contre les Lituaniens païens en hiver 1328 - 1329 «par les glaces en Letoe».

La présence d'un souverain d'origine française sur le trône du Grand-Duché de Lituanie au XVIème siècle,

Henri de Valois

(Henrikas Valua), futur Henri III, qui a régné sur le Royaume polono-lituanien de 1572 à 1574, en a été le premier moment fort (même si sa fuite de Cracovie pour rejoindre Paris a été peu glorieuse….)

A l'époque de la Renaissance, les Français continuèrent à découvrir la Lituanie. En 1579, les Jésuites avaient fondé l'université de Vilnius, et dès son ouverture ils invitèrent des

professeurs de français

à enseigner différentes matières universitaires. Parmi eux, on peut citer le célèbre naturaliste Jean Emmanuel Gilibert (1741-1814), créateur du jardin botanique de l'université. Nicolas Regnier (1723-1800), Jacques Briottet (1746-1819), Auguste Bécu (1771-1824) contribuèrent au développement de la médecine et de la chirurgie. André Le Brun (1737-1811), professeur de la chaire de sculpture, laissa beaucoup de portraits sculpturaux.

Au même début du XIXème siècle, il y eut à Vilnius et en Lituanie d'autres visites importantes. Le 24 juin 1812

Napoléon 1er

franchit, avec la Grande Armée, la frontière de l'Empire russe. Après avoir passé trois jours à Kaunas, le 28 juin il arriva à Vilnius où il resta un mois. La ville laissa à Napoléon une très bonne impression. Sa deuxième visite, celle du 6 décembre 1812, fut très brève ; l'empereur se hâtait de gagner la France…….
Parmi les officiers de Napoléon, il y avait un certain Henri Beyle, dit

Stendhal

; la maison où il résida est maintenant l'ambassade de France.
Cette période napoléonienne a laissé des traces indélébiles non seulement sur la noblesse lituanienne du début du XIXème siècle, séduite par les promesses d'autonomie nationale, mais aussi sur la nation lituanienne moderne qui était en train de naître à cette époque. Ces influences ont favorisé l'essor de la langue française en Lituanie au début du XXème siècle.

Tous les visiteurs de Palanga admirent son parc dont le créateur est Edouard François André (1840 - 1911), grand architecte des parcs. Il créa également les parcs de Lentvaris, Užtrakis et Traku Voké.

Peu de gens savent que

des troupes françaises ont occupé la région de Klaipeda

(à l'époque appelée Memel) du 15 janvier 1920 au 16 février 1923. En effet le Traité de Versailles (10 janvier 1920) obligeait l'Empire Allemand à renoncer à cette partie nord-est de la Prusse orientale et la S.D.N. en a attribué l'administration à la France. Mais, le 9 janvier 1923, une troupe de 1500 paramilitaires lituaniens pénétra dans le territoire sans rencontrer de grande résistance. La France n'ayant pas envie de se lancer dans une expédition de reconquête, les gouvernements alliés décidèrent alors de transférer la souveraineté du territoire de Memel à la Lituanie .

A l'époque de l'entre deux guerres, le français, pratiqué par les élites administratives, intellectuelles et culturelles, devint la première langue vivante étrangère enseignée. Cette position privilégiée s'est progressivement érodée durant la période soviétique, son enseignement étant alors limité à un nombre restreint d'établissements.