Russie : protestation contre la suppression du visa pour l'entrée en Géorgie des Nord Caucasiens (octobre 2010)
2011-12-21

Les autorités russes ont vivement protesté le 14 octobre 2010 contre la décision annoncée par Tbilissi de laisser entrer sans visa les habitants du Nord Caucase sur le territoire géorgien. Cette disposition, complexe à mettre en oeuvre car elle doit différencier les citoyens russes selon leur lieu d'habitation habituel, renvoie à l'histoire caucasienne.

L'histoire caucasienne



Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la russification du Caucase du Nord (Circassie) et du Caucase du Sud (Transcaucasie) rencontre une forte résistance et déclenche le réveil des multiples nationalités qui y cohabitent depuis des millénaires.

En 1918, après la chute de l'Empire tsariste, les nationalités de Circassie essaient de se rassembler en une Fédération des peuples montagnards du Caucase, celles de Transcaucasie en un Etat regroupant les Arméniens, les Azéris et les Géorgiens. Des contacts sont pris entre ces deux entités afin de se prémunir d'une attaque de l'Armée rouge.

En 1921, le dernier bastion indépendant du Caucase, la Géorgie, tombe sous l'offensive de l'Armée rouge : la Russie soviétique conclut un accord avec la Turquie et lui cède des districts arméniens et géorgiens.

En 1991, après la chute de l'Empire soviétique , une partie du Caucase du Nord essaie de se fédérer, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie retrouvent leur indépendance.La Tchétchènie obtient une indépendance de fait, et son président se lie avec le président géorgien. Après deux guerres sanglantes -plusieurs centaines de milliers de morts- l'armée russe reprend le contrôle du territoire tchétchène.

Le contexte d'aujourd'hui



Cette protestation rappelle que malgré les difficultés rencontrées dans le maintien de l'ordre dans le Caucase du Nord, en particulier en Tchétchènie, en Ingouchie et au Daghestan, Moscou ne tolérera pas que des citoyens russes entrent dans le jeu géorgien de l'appel à la solidarité caucasienne.

Le sort de l'éclatement des Etats multi-ethniques veut être conjuré par le Kremlin. En effet, après la séparation du Kosovo de la Serbie, celles de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud de la Géorgie, pourquoi la Tchétchènie, l'Ingouchie et le Daghestan, voire la Kabardino-Balkarie et la Karatchaï-Tcherkessie -républiques autonomes à dominantes caucasienne et musulmane sunnite- ne se sépareraient pas de la Fédération de Russie -à dominantes slave et orthodoxe ?



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