Géorgie : la Commission européenne pose des pré-conditions draconiennes à toute association économique (février 2011)
2011-10-24

Dans le cadre du "Policy Think Tank Bridging Initiative", le PASOS (Policy Association for an Open Society) proposait un débat - sur le thème "Analyse de la politique de l'Union européenne envers ses voisins de l'Est : le cas de la Géorgie", - avec Patrick Messerlin (Groupe d'Economie Mondiale / Sciences Po), Michael Emerson (Centre for European Policy Studies), Gia Jandieri (New Economic School), - le mercredi 16 février 2011, au CEVIPOF (Sciences Po).

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Selon Patrick Messerlin et Michael Emerson, la Commission européenne pose onze pré-conditions draconiennes à toute négociation avec la Géorgie en vue d'une association économique, en termes de

- mécanismes de négociation,

- barrières techniques au commerce,

- mesures sanitaires et phytosanitaires,

- facilitation des échanges et administration par domaine,

- règles d'origine,

- services et investissements,

- droits de propriété intellectuelle,

- marchés publics,

- concurrence,

- développement durable.

Ces onze pré-conditions reposent sur des données datant de la période de 2003 à 2006 et ne prennent pas en compte les évolutions engagées entre 2007 et 2010.

Toujours selon eux, l'échec des négociations signifierait que, puisque un pays aussi ouvert économiquement que la Géorgie ne peut s'associer à l'Union européenne, aucun autre pays ne serait en situation de le faire à l'avenir.

La réussite des négociations, prenant en compte l'application des onze pré-conditions, ne conduirait pas à plus de croissance géorgienne, au contraire.

La seule façon d'avancer positivement serait de refondre complètement ces pré-conditions à la négociation, d'ailleurs Catherine Ashton (Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) n'a-t- elle pas récemment déclaré :

"Il faut une révision fondamentale de la Politique de voisinage de l'Union européenne".

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Gia Jandieri a fait valoir les avantages que l'association économique de la Géorgie à l'Union européenne apporterait à cette dernière, disposer d'un corridor de transit dans le Caucase du Sud, trouver de nouvelles opportunités en termes de marché et d'investissements, apaiser une région située à ses frontières et donner le bon exemple.

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Certains participants ont soulevé l'hypothèse d'un marchandage politique engagé par l'Union européenne vis-à-vis de la Géorgie "que Tbilissi retire son droit de veto à l'entrée de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et les pré-conditions à la négociation pour une association économique seront levées". Un participant a d'ailleurs rappelé qu'Edouard Chevardnadzé (ancien ministre soviétique des Affaires étrangères et ancien président de la Géorgie) avait récemment déclaré aux médias allemands que "le droit de veto à l'entrée de la Russie à l'OMC était la dernière arme qui restait à la Géorgie".

D'autres participants ont estimé que Moscou était vraisemblablement opposé à l'association économique de la Géorgie avec l'Union européenne, et que les grands pays de l'UE priviligeront leurs intérêts nationaux plutôt que de déplaire à une Russie qui constitue un marché potentiel.

Enfin, un participant a suggéré que le canal de la Turquie était à son sens le seul canal qui permettrait à la Géorgie de s'associer un jour économiquement à l'Union européenne, au sein d'un bloc Caucase du Sud / Asie mineure.

Voir aussi :

- [URL : 2834] (2009)

- [URL : 2684] (2009)

- [URL : 2271] (2007)

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