Biélorussie : le président Alexandre Loukachenko
2011-06-21

Alexandre Loukachenko est né le 30 août 1954 à Kopys, en Biélorussie : son père était d'origine ukrainienne.

De 1975 à 1982, il sert dans le corps militaire des garde-frontières. De 1982 à 1985, il est vice-président d'une ferme collective, et obtient un diplôme de l'académie agricole de Biélorussie. En 1985, il est nommé directeur d'une usine de matériaux de fermes agricoles (district de Chklow).

Les débuts en politique



A 36 ans, il est élu député au Conseil suprême de la République de Biélorussie et fonde un parti "Les communistes pour la démocratie".

En 1993, il est élu président du Comité anti-corruption au Parlement biélorusse. Il lance des accusations de corruption contre un certain nombre de fonctionnaires et d'hommes politiques, dont le président du Parlement qui est démis de ses fonctions : dans ce dernier cas les accusations se révèleront infondées.

Quatre mandats présidentiels



1er mandat



En 1994, il se présente à l'élection présidentielle et prend pour thème "la lutte contre la mafia": à la surprise générale, il obtient 45% des voix au 1er tour et 80% au 2e tour.

Artisan de mesures sociales pour lesquelles il ne dispose pas de budget, dépendant de la Fédération de Russie pour l'énergie, vilipendé par la Banque mondiale et le FMI, il s'oriente vers un exercice autoritaire du pouvoir présidentiel. Il assoie ses ambitions sur un référendum en novembre 1996, contesté pour sa campagne et pour son déroulement : les Etats-Unis et l'Union européenne protestent contre ce coup de force, accentué par l'ajournement du Parlement et la désignation de députés qui lui sont favorables.

En 1998, il expulse des ambassadeurs étrangers, notamment des Etats-Unis et de la France, puis une délégation du FMI.

2e mandat



En septembre 2001, après la prolongation du 1er mandat de 1999 à 2001, il est réélu dès le 1er tour de l'élection présidentielle. L'élection est une nouvelle fois contestée par les institutions internationales (à l'exception de la Fédération de Russie), pour le contrôle exercé sur les médias, le peu de place laissé à l'opposition et l'emprise de la police (toujours dénommée KGB).

3e mandat



En mars 2006, il est réélu avec 82,6% des voix lors d'une élection jugée une nouvelle fois "non conforme aux standards internationaux" par les institutions internationales, à l'exception de la Communauté des Etats indépendants.

4e mandat



En décembre 2010, il est réélu avec 79,67% des voix. Les institutions internationales (Conseil de l'Europe, OSCE) dénoncent une nouvelle fois une élection "loin des principes démocratiques" ; la Fédération de Russie "entend ne pas faire de commentaire, cette élection étant un évènement interne à la Biélorussie" ; le nouveau président de l'Ukraine, Viktor Ianoukovitch "félicite le vainqueur" ; le président kazakh, Nursultan Nazarbaiev, "salue le vainqueur".

Suite aux manifestations de protestation à Minsk, le soir même du dépouiilement, sept des neuf candidats de l'opposition sont arrêtés, ainsi que des centaines de personnes.

L'homme



En 1995, il rend hommage à Adolphe Hitler lors d'une interview à un journal allemand.

En 2007, il tient des propos antisémites, estimant que" la ville de Bobrouïsk est dégoutante parce qu'elle a un passé juif".

En 2007, il rencontre le président iranien et soutient officiellement le programme nucléaire iranien.

En 2011, il se déclare officiellementi homophobe et conseille à un ministre des affaires étrangères étranger, ouvertement homosexuel, "de mener une vie normale".

A plusieurs reprises, il déclare que son fils Kolia, né d'une relation adultère avec une femme-médecin, deviendra président de la Biélorussie : depuis 2008, il l'accompagne d'ailleurs lors de ses visites à l'étranger.


*


Début 2011, les Etats-Unis et l'Union européenne ont décidé du gel des avoirs financiers et économiques pour Alexandre Loukachenko et pour plusieurs dizaines de ses collaborateurs, ainsi que l'interdiction de visa.

Voir aussi :

- [URL : 3177]

- [URL : 2130]

- [URL : 1425]

- [URL : 975]