Biélorussie : sévices corporels et tortures ( mars 2011)
2012-02-27

Au soir de l'élection présidentielle du 19 décembre 2010 et des manifestations de protestations qui avaient réuni près de 40 000 personnes à Minsk, plusieurs centaines de personnes avaient été arrêtées, dont sept des neuf candidats d'opposition

.

Selon un rapport d'Human Rights Watch, qui a pu interroger 205 personnes sur les 600 placées en détention administrative,

- 148 personnes ont déclaré qu'elles avaient été frappées par la police, lors de leur arrestation ou lors de leur détention,

- 57 personnes ont déclaré qu'elles avaient été frappées avec des matraques.

Selon un quotidien français (1), le candidat de l'opposition Ales Mikhalevitch, arrêté le 20 décembre à l'aube par le KGB biélorusse et libéré le 19 février 2011, a déclaré au téléphone,

- avoir été soumis à des fouilles complètes, à plusieurs reprises, nu, dans une pièce où la température ne dépassait pas 10 degrés,

- avoir été contraint d'exécuter le grand écart avec les jambes, les mains appuyées sur le mur,

- avoir été contraint de s'asseoir et de se relever plusieurs dizaines de fois de suite, jusqu'aux limites de l'évanouissement.

Il a ajouté que sa cellule d'emprisonnement,

- avait le sol recouvert de peinture à l'acétone afin de rendre l'air irrespirable,

- disposait de lampes allumées plusieurs nuits d'affilée afin d'empêcher le sommeil.

Enfin, après extraction de sa cellule par des hommes masqués, il a été ramené menotté dans les sous-sols du KGB : le visage à terre, les bras lui sont soulevés le plus haut possible, au bord de la rupture des articulations.

*

Il ne lui a pas été possible de bénéficier de l'assistance d'un avocat.

Note

: quotidien "Le Monde" daté du 2 mars 2011.

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