Kosovo : imbroglio présidentiel (avril 2011)
2012-01-19

Le 22 février 2011, Behgjet Pacolli, magnat du bâtiment, est élu président de la république du Kosovo au 3e tour de scrutin, suite à un accord entre sa petite formation l'Alliance pour un nouveau Kosovo (AKR) et le parti du Premier ministre, Hashim Thaci, le Parti démocratique du Kosovo (PDK), en présence de 67 députés (sur 120).

Un parti au pouvoir contraint à des concessions



Cette situation apparaît rapidement comme le fruit de larges concessions de la part du PDK :

- sans accord, de nouvelles élections législatives auraient du être organisées sous 45 jours alors que celles de décembre 2010 ont largement été décriées pour fraudes graves,

- la personnalité du Premier ministre, Hashim Thaci, est fragilisée par une enquête internationale sur un éventuel trafic d'organes effectué en 1999 par des combattants albanais : il n'a été lui-même reconduit qu'à une faible majorité, 65 voix,

- un poste de vice-premier ministre est donné à un membre de l'AKR, serbe du Kosovo, ainsi que trois postes de ministre,

- la personnalité de Behgjet Pacolli est fortement critiquée sur le plan international. Au début des années 1990, chargé de la reconstruction de bâtiments officiels à Moscou, il est soupçonné de versement de pots de vin à des dignitaires russes. Il renouvelle ses activités d'abord au Kazakhstan, ensuite en Lybie et bénéficie de protections douteuses.

Une élection présidentielle invalidée par la Cour constitutionnelle



Le 28 mars, saisie par l'opposition, la Cour constitutionnelle invalide l'élection de Behgjet Pacolli : deux candidats et 80 députés étaient nécessaires afin que l'élection présidentielle puisse être déclarée constitutionnelle.

Le 30 mars, la Cour constitutionnelle désigne Jakup Krasniqi, président du Parlement, comme président de la république par intérim.

Behgjet Pacolli annonce qu'il refuse de démissionner.

Période extrêment délicate pour le Kosovo



Le Kosovo ouvre ses premières négociations directes avec la Serbie afin de règler les problémes rencontrés au quotidien par les différentes populations ( eau, électricité, ...) : sa paralysie politique ne présage rien de bon pour ses citoyens.