Géorgie : la francophonie vue par l'ambassadeur de France (mars 2010)
2013-03-18

par Eric Fournier

Afin d'assurer une approche sereine et positive du redoutable mois de mars, célébre par ses ides et sa symbolique guerrière, rien de tel que d'observer le principe, fort oulipien, de la contrainte. Je m'astreindrai donc à glisser dans cette chronique les dix mots proposés cette année par l'Organisation Internationale de la Francophonie, dans le cadre de la célébration de la journée internationale de ladite francophonie, qui aura pour variante cette année le 20 mars : « la diversité au service de la paix ». Toutefois, avant d'annoncer les temps forts du programme concocté par le service culturel, je voudrais partager avec vous un moment inoubliable de ma découverte de la Géorgie, vécu grâce à d'intrépides investisseurs venus de Courchevel.

Il existe en Géorgie un massif montagneux méconnu, aussi vaste que la Tarentaise, qu'il est désormais possible de découvrir, skis aux pieds, grâce à la société SAR hélicoptères. Pour y accéder, il faut évidement être mobile et se rendre à Goudaouri, où depuis deux mois une équipe de spécialistes bichonne un Ecureuil, belle machine à pales qui permet de déposer les skieurs chevronnés au sommet des pics qui entourent le Kazbek. Sorte de cheval de Troie de la francophonie, l'hélicoptère m'a permis de voir d'en haut la vallée de Trussau et la chaîne Mtiouleti. A ceux qui m'interrogeaient en s'inquiétant de voir les voisins du nord escagasser les amateurs de haute montagne, je répondis qu'au contraire, le développement de ces infrastructures sportives pourrait servir au rapprochement des peuples qui, au fond, vivent dans la même galère économique.

Venons-en maintenant au programme de la semaine de la francophonie, qui va démarrer dès le 4 mars avec une conférence de presse au Centre culturel Dumas, pour aller crescendo jusqu'au sept avril, avec un concert du chanteur et pianiste Arthur H. Au cours de cette période, les amateurs de littérature pourront participer au lancement en géorgien de la traduction de l'une des œuvres majeures d'Alexandre Dumas, son « Voyage dans le Caucase ». Mentor de notre coopération culturelle en Géorgie, Alexandre Dumas est l'un des seuls écrivains français à disposer d'une statue, érigée à Poti. Les amateurs pourront aussi découvrir des films de Jacques Tati, dont on ne se lasse pas de répéter qu'il est géorgien par ses origines, puisque son grand-père était un Tatishvili. Sans zapper trop vite, vous pourrez aussi écouter des conférences ou participer à des remue-méninges sur le théâtre de Michel Vinaver, sur les œuvres des maîtres de l'Oulipo, mouvement pour lequel je confesse un faible durable, et faire bien d'autres choses (consultez le programme sur ce site). Jeunes francophones, débranchez votre baladeur et préférez la balade des poètes qui liront pour vous des œuvres en français et en géorgien, pendant ce mois exceptionnellement riche de la francophonie.




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