Géorgie et Union européenne : août 2010
2011-08-03

par Eric Fournier

Les touristes affluent à nouveau en Géorgie. Certains iront passer quelques jours dans les palaces du bord de mer, d'autres préféreront explorer les gouffres célèbres ou prier dans les églises nichées dans les montagnes de Svanétie. Peu d'entre eux cependant iront déambuler dans les allées du marché de Tbilissi, ou du moins ce qu'il en reste, après sa destruction en août 2007 par les forces de police. Pourtant, alors que l'Europe se presse pour tenter de convaincre les autorités géorgiennes d'adopter ses normes en matière de contrôle phyto-sanitaire, il n'est pas inutile de se souvenir de ce qui s'est passé il y a trois ans. Le marché de Tbilissi était l'un des plus célèbres du Caucase, tant par sa variété que par son aspect oriental. La journaliste Wendell Steavenson en a donné une description merveilleuse dans son livre « Stories I stole » (Histoires volées), publié en 2002.

Quelle tristesse de voir maintenant les petits étals de fruits, légumes et épices à peine protégés par des boîtes de plastique et des cartons. Avec la chaleur (40 degrés), les fruits ne résistent pas longtemps, et les efforts des agriculteurs fondent au soleil, en l'absence d'infrastructures de réfrigération.

Alors que l'agriculture demeure l'un des atouts les plus porteurs de la Géorgie, nous peinons à voir des résultats tangibles dans ce secteur, et les investisseurs étrangers demeurent sceptiques (le volume des investissements étrangers a continué de baisser depuis le début de l'année), tant ils ont du mal à comprendre pourquoi ils restent la proie d'inspecteurs fiscaux souvent tatillons. L'Union européenne a engagé le 15 juillet les négociations pour la conclusion d'un accord d'association, en présence de Lady Ashton, venue spécialement à Batoumi pour l'occasion. Il faudra que les équipes chargées de cette négociation travaillent sur tous ces aspects : respect des normes, amélioration du code du travail, transparence sur les décisions administratives, sur l'origine des fonds, sur les procédures fiscales.

Ce sera le chantier de l'année, dont la réussite conditionnera le retour des investissements, notamment dans le secteur agricole qui emploie la majorité de la population. Sans contrôle phyto-sanitaire, sans respect des normes, les touristes n'auront pas de garantie de sécurité, et ceci demeure la clé d'un développement durable.

L'Europe a démontré sa détermination à progresser dans cette voie, puisque elle a déjà conclu avec la Géorgie un accord sur la protection des indications géographiques pour les produits agricoles. La France peut contribuer à ces efforts, pourvu que la volonté de réussir soit partagée par toutes les parties. Bonnes vacances !


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