Union européenne : une présidence polonaise pour quoi faire ? (juillet 2011)
2014-01-08

La complexité des institutions européennes est réelle. Au président "permanent" du Conseil Européen réunissant des chefs d'Etat et de gouvernement, s'ajoute un président de l'Union européenne élu pour 6 mois. Au 1er juillet 2011, c'est à la Pologne d'occuper cette dernière responsabilité.

Si historiquement la Pologne fut l'un des pays porteur du Partenariat oriental entre l'Union européenne et six pays de l'ex-URSS -Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie et Ukraine (1)-, elle affirme aujourd'hui ne pas vouloir choisir entre l'Est et le Sud, et vouloir soutenir les transformations démocratiques en Afrique du Nord, en Libye et en Egypte.

Par l'intermédiaire de son secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, elle a défini plusieurs priorités,

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politiques

avec la tenue d'une conférence sur le Partenariat oriental en septembre à Varsovie, la tenue d'une conférence sur l'aide aux pays d'Afrique du Nord début décembre et avec la signature du traité d'adhésion de la Croatie avant la fin de l'année,

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économiques

afin de susciter des sources nouvelles de croissance (promotion des services électroniques, facilitation de l'accès au crédit pour les PME) dans le cadre d'une stratégie à long terme,

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financières

avec l'aide aux pays membres en difficulté, en particulier la Grèce, architecturée autour de l'Eurogroupe (2), la Banque centrale européenne (BCE) et le fonds monétaire international (FMI).

Donald Tusk, Premier ministre polonais, sera certainement tenté de faire définir des positions communes aux trois pays du triangle de Weimar -Allemagne, France et Pologne- afin de donner plus de poids aux propositions polonaises et de leur donner plus de chances d'aboutir.

Notes

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(1) Les négociations entre l'Union européenne et les 6 pays concernés par le Partenariat oriental en vue d'une association avancent de manière contrastée. La situation est bloquée avec la Biélorussie, le pouvoir en place accentuant son autoritarisme. Pour l'Ukraine, malgré un changement de majorité politique à priori favorable à la Russie, l'association avec l'UE semble toujours à l'ordre du jour. L'adoption des normes européennes progresse dans les autres pays, la Moldavie en particulier. Enfin certains accords d'association pourraient partiellement se concrétiser avant la fin 2011, comme pour la Géorgie (DCFTA).

(2) La Pologne n'est pas membre de la zone euro.