Ukraine : réglement de compte au plus haut niveau, l'ancienne Première ministre incarcérée (septembre 2011)
2013-12-08

Viktor Ianoukovitch n'a certainement pas digéré l'annulation des élections présidentielles du 21 novembre 2004, entachées de fraudes massives et qui avaient entraîné la "révolution orange". Il digère mieux les élections présidentielles du 7 février 2010 dont il est sorti vainqueur face à Ioulia Timochenko, ancienne égérie de la "révolution orange" et ex-Première ministre.

Décidé à prendre définitivement sa revanche, il l'a faite emprisonner le 5 août 2011 pour "abus de pouvoir", lors de la signature en 2009 d'accords pétroliers avec la Russie, accords défavorables à ses yeux à l'Ukraine.

D'autres ex-ministres sont incarcérés, Youri Loutsenko (Intérieur) et Youri Ivachtchenko (Défense)en particulier. Près de la moitié des Ukrainiens estiment que le répression politique a commencé (1) et que le président Viktor Ianoukovitch est déterminé à éliminer toute concurrence. Les prochaines élections législatives de 2012 risquent d'être délicates pour le pouvoir en place tant la situation économique est difficile et tant la corruption s'est développée.

Les négociations en cours entre l'Ukraine et l'Union européenne en vue d'une association économique pourraient être le théâtre de pressions vis-à-vis de Kiev (2) : le 3 septembre 2011, lez ministres des Affaires étrangères européens, réunis à Varsovie, ont évoqué publiquement "le cas de Mme Timochenko". Viktor Ianoukovitch a certainement le regard plus tourné vers Moscou que Vers Bruxelles.

Reste la pression que pourrait exercer le Fonds monétaire international (FMI), bailleur de fonds de l'Ukraine et sans qui le pays serait en banqueroute : il est peu probable que la période soit propice à une telle stratégie.

Comme il est peu probable que l'opposition réussisse à mobiliser une opinion publique, déçue de la "révolution orange" et écoeurée par la politique.

La progression de l'Ukraine vers un Etat de droit attendra encore.

N.L.

Notes

:

(1) Selon un sondage du Centre Razoumkov.

(2) Dans une déclaration "tactique", Ioulia Tomochenko s'est adressée le 25 juillet 2011 aux dirigeants européens leur demandant de "ne pas lier, en aucune circonstance la signature entre l'UE et l'Ukraine aux persécutions judiciaires contre l'opposition".



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