Géorgie et France : Nina Ramichvili (1920-2011)
2011-10-18

Nina Ramichvili naît en 1920 à Tbilissi, en Géorgie, alors que son père, Noé Ramichvili occupe les fonctions de ministre de l'Intérieur du gouvernement de la Ière République de Géorgie, après avoir été le premier Président du Conseil des ministres en mai 1918.

En mars 1921, après l'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge, elle suit en exil ses parents et ses frères Béno et Akaki, d'abord à Constantinople, puis à Leuville-sur-Orge (à l'époque petit village de Seine et Oise) et à Paris.

En décémbre 1930, Noé Ramichvili est assassiné par un réfugié géorgien. La justice française conclut à l'acte d'un déséquilibré mental. L'émigration géorgienne en France suspectera une manipulation des services secrets soviétiques (1). Cette blessure d'enfance ne quittera jamais Nina Ramichvili (2).

"Elle était une femme gaie et généreuse, parfaitement intégrée à la société française dans laquelle elle avait grandie et qui avait su conserver une fidélité absolue au pays dans lequel elle était née.

Elle était aussi une femme moderne, l'une des premières de sa génération à obtenir son permis et à pratiquer la conduite automobile avec succès
".

Décédée le 10 septembre 2011, elle est inhumée le 19 septembre dans le caveau familial du "carré géorgien" du cimetière communal de Leuville-sur-Orge.

Notes

:

(1) Noé Ramichvili était non seulement l'homme le plus décidé des différents gouvernements de la Ière République de Géorgie à combattre les bolcheviques en Géorgie (il n'avait pas craint de les faire emprisonner à Tbilissi, alors que d'autres personnalités du gouvernement souhaitaient négocier avec Moscou), mais il avait aussi

- mis en minorité Joseph Djougachvili (le futur Staline) en 1905 au sein de la section Caucase du Parti social démocrate,

- participé activement au Mouvement Prométhée initié en Pologne par le général Pildsuski à partir de 1926, avec pour objectif de constituer une Confédération caucasienne d'Etats indépendants regroupant les peuples du Nord Caucase, l'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Géorgie, selon l'idée d'Aristide Briant.

(2) Nina Ramichvili était l'un des cinq membres de droit de la Société civile immobilière propriétaire de la résidence d'exil de la Ière République de Géorgie à Leuville-sur-Orge, et à ce titre s'était prononcée dés 2004 pour une solution permettant le transfert à l'Etat géorgien.

Voir aussi :

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