République tchétchène d'Itchkérie, une indépendance "de facto" (1991-1999)
2012-01-04

De 1991 à 1999, l'indépendance de la République tchétchène d'Itchkérie (par rapport à la Fédération de Russie) n'est pas reconnue internationalement.

Le 2 novembre 1991, l'indépendance est proclamée. L'ancien général soviétique Djokhar Doudaïev, d'ethnie tchétchène, est élu président de la République par le Parlement.

Le 4 juin 1992, les Ingouches, qui forment une République commune avec les Tchétchènes, s'en séparent et réaffirment leur rattachement à Moscou.

Une Constitution est établie. Des relations informelles s'instaurent avec certains pays musulmans comme l'Afghanistan, l'Arabie saoudite ou la Jordanie (1).

En 1994, la première guerre est lancée par Boris Eltsine contre la Tchétchénie. L'armée russe s'embourbe. En 1996, la Fédération de Russie doit signer un accord de paix entérinant le statu quo à court terme.

Djokhar Doudaîev ayant été tué lors de ce conflit (2), Aslan Maskhdov lui succède (3).

Fin 1999, une vague d'attentats à Moscou et une tentative de coup d'Etat au Daguestan voisin menés par les éléments tchétchènes les plus radicaux, ajoutés au risque pour la Russie de perdre le contrôle des pipelines transportant les hydrocarbures caspiens et à l'ambition d'un jeune premier ministre nouvellement nommé -Vladimir Poutine- entraînent le déclenchement d'une deuxième guerre. Grozny tombe rapidement et l'indépendance "de facto" prend fin, même si la guérilla se poursuit dans les montagnes (4).

Selon les estimations, 100 à 300 000 civils auraient disparu lors des conflits (la Tchétchénie compte aujourd'hui 1,2 million d'habitants).

Notes

:

(1) Djokhar Doudaïev tisse des liens avec Zviad Gamsakhourdia, président de la République de Géorgie nouvellement restaurée. Tout comme au début des années 1920, une Confédération des Etats indépendants du Caucase (Nord et Sud) est évoquée.

(2) La légende, peut-être exacte, veut que l'armée russe aurait repéré le téléphone satellitaire de Djokhar Doudaïev le 21 avril 1996 et aurait déclenché deux missiles guidés par laser.

(3) Musulman modéré, Aslan Maskhadov se présente aux élections présidentielles de janvier 1997, sous contrôle d'observateurs de 20 pays différents et soutenues par les Nations unies et l'OSCE. Il les remporte contre le chef de guerre Chamil Bassaïev avec près de 60% des voix. Il reçoit les félicitations de différents chefs d'Etat, dont le russe Boris Eltsine.

(4) Aslan Maskhadov résiste jusqu'en 2005, il est abattu par les forces spéciales russes en mars. Chamil Bassaîev est abattu dans les mêmes conditions en juillet 2006.