Arménie : analyse des risques économiques (COFACE, 2011)
2011-11-10

Selon la COFACE : - Note "pays @rating" (niveau moyen de risque d'impayé à court terme présenté par les entreprises) : C sur échelle à 7 niveaux de A1 à D ({probabilité de défaut des entreprises élevée}), - Note "environnement des affaires" : C sur échelle à 7 niveaux de A1 à D ({risque important pour les relations interentreprises}).

Principaux indicateurs économiques


Evolution 2008, 2009, 2010, 2011

Croissance économique (%): 6,9 -14,2 3,5 4,0

Solde public/PIB (%): -1,6 -8,7 -6,4 -5,3

Solde courant/PIB (%): -11,9 -15,7 -13,9 -12,3

Dette extérieure/PIB (%): 16,7 41,5 45,0 46,2

Réserves en mois d'importations : 3,2 6,6 6,1 6,0

POINTS FORTS


- Soutien de la communauté financière internationale,
- Redressement de la situation financière,
- Renforcement des réserves grâce à un retour au régime de change flexible.

POINTS FAIBLES


- Déficits courants structurellement élevés,
- Enclavement géographique,
- Forte dépendance à l'égard de la Russie (IDE, transferts et exportations),
- Risque de conflit avec l'Azerbaïdjan.

APPRECIATION DU RISQUE


Une croissance plus faible qu'avant la crise



L'Arménie est sortie de récession en affichant une croissance modeste en 2010. La politique contra-cyclique menée par le gouvernement avec le soutien de la communauté internationale et l'amélioration des conditions extérieures ont permis un rebond rapide de l'activité au premier semestre, notamment au sein du secteur industriel. Cependant, la production agricole a été durement touchée par des épisodes de sécheresse et de fortes pluies, entraînant un regain d'inflation à partir de l'été et, partant, un ralentissement du rythme de la croissance.

Celui-ci ne devrait augmenter que modérément en 2011. Certes, les cours mondiaux des métaux et minerais resteront probablement à des niveaux élevés et favoriseront la production des secteurs orientés vers l'extérieur. L'Arménie bénéficiera également du dynamisme de l'économie russe par le biais des transferts de revenus des travailleurs expatriés. Cependant, ceux-ci resteront inférieurs à leurs niveaux d'avant la crise. La demande domestique pourrait pâtir, en outre, de la baisse de la dépense publique dans le cadre du plan de consolidation budgétaire entrepris avec le FMI. La normalisation de la situation au sein du secteur agricole devrait néanmoins permettre une modération des pressions inflationnistes.

Déficits jumeaux



La signature en 2010 d'un nouvel accord avec le FMI, prévoyant l'octroi de deux prêts concessionnels d'un montant total de 400 millions de dollars, a ouvert la voie à un vaste programme d'assainissement des finances publiques. Celles-ci ont beaucoup souffert de la crise financière et de la dévaluation du dram au début de l'année 2009, alors que plus de 80% de la dette est libellée en devises étrangères.

En 2011, l'effort de consolidation permettra de réduire d'un point le déficit public et de stabiliser le niveau de la dette. Cet ajustement vise également à diminuer le déficit courant, qui restera néanmoins très élevé. L'aide cumulée des principaux bailleurs multilatéraux (FMI, Banque mondiale, Union Européenne et Banque asiatique du développement) devrait permettre, avec une utilisation parcimonieuse des réserves de change, de limiter le recours à l'endettement pour couvrir le besoin de financement de l'économie. Une nouvelle dépréciation brutale du dram est donc peu probable. Par ailleurs, le secteur bancaire paraît stabilisé, avec des créances douteuses en nette diminution et de nouvelles règles prudentielles renforçant les exigences de capitalisation.

Un environnement géopolitique toujours risqué



Le rapprochement d'avec la Turquie entrevu en 2009 n'a finalement pas abouti, l'Arménie refusant de le lier à la résolution de la situation au Haut-Karabakh. Les frontières entre les deux pays restent donc fermées. Les relations avec l'Azerbaïdjan se sont également dégradées en 2010, avec la mort de plusieurs soldats au cours d'escarmouches qui ont constitué les violations les plus graves du cessez-le feu depuis 2008. Le processus de négociation sur le statut de la région du Haut-Karabakh semble dans une impasse. Le risque de conflit reste donc élevé, d'autant plus que les budgets militaires des deux pays sont en forte hausse. Sur le plan de la gouvernance, enfin, peu de progrès ont été réalisés au cours des dernières années. La corruption et les entraves à la concurrence restent fréquents.



Pour en savoir plus [URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Arménie?extraUid=571809]