Albanie : analyse des risques économiques (COFACE, 2011)
2011-11-10

Selon la COFACE : - Note "pays @rating" (niveau moyen de risque d'impayé à court terme présenté par les entreprises) : C sur échelle à 7 niveaux de A1 à D ({probabilité de défaut des entreprises élevée}), - Note "environnement des affaires" : C sur échelle à 7 niveaux de A1 à D ({risque important pour les relations interentreprises}).

Principaux indicateurs économiques

: 2008 2009 2010 2011

- Croissance économique (%) : 7.8 2.8 2.3 3.2

- Solde public/PIB (%) : -5.5 -7.4 -5.2 -6.1

- Solde courant/PIB (%) : -15.9 -14.7 -13.3 -12.1

- Dette extérieure/PIB (%) : 18.4 23.7 26.2 26.9

- Réserves en mois d'importations 4.2 4.2 4.2 4.0


POINTS FORTS



- Endettement extérieur limité
- Efforts d'investissement, notamment dans les infrastructures
- Faible inflation

POINTS FAIBLES



- Faiblesse des infrastructures, notamment énergétiques
- Dette publique et déficit courant préoccupants
- Déficience du système judicaire et de la lutte contre la corruption
- Dépendance à l'égard de l'aide internationale

APPRECIATION DU RISQUE



Une croissance en deçà du niveau d'avant-crise



En 2011, la reprise devrait être confirmée mais rester en deçà du niveau d'avant-crise (6% en moyenne sur la période 2003-2008). L'activité des secteurs de la construction et des télécommunications devrait continuer de se contracter, mais sera compensée par les bonnes performances de l'industrie, et notamment du secteur de l'énergie, ainsi que par celles des services (hôtels, restauration, transport).

En 2011, les exportations de minerai seront dynamiques, sous réserve d'un approvisionnement en électricité adéquat, et soutenues par la reprise des IDE en provenance de la zone euro. Les exportations du secteur textile resteront relativement fortes en raison de la faiblesse relative du lek albanais ; celles de l'agro-alimentaires pourraient toutefois pâtir des inondations de la fin de l'année 2010. Enfin, la consommation des ménages devrait bénéficier de la reprise des transferts privés.

Des ajustements budgétaires à venir



La balance commerciale est structurellement déficitaire.

Après une forte dépréciation en 2010, le lek devrait néanmoins rester stable grâce à la reprise des transferts privés des travailleurs émigrés ainsi qu'aux taux d'intérêt élevés en monnaie locale qui drainent les dépôts en devises des non-résidents.

Par ailleurs, la couverture des besoins de financement extérieurs reste assurée par les IDE et l'aide internationale.

L'émission réussie d'un Eurobond fin 2010 a permis à l'Albanie de continuer à financer son large déficit public à un coût modéré. La dette publique a dépassé 60% du PIB en 2010 et devrait à nouveau augmenter en 2011, près de la moitié étant libellée en monnaie étrangère. Toutefois, si elle n'est pas maîtrisée, notamment grâce à l'élaboration de budgets basée sur des hypothèses de recettes réalistes, la progression de la dette publique pourrait à moyen terme peser sur le niveau d'investissement privé domestique.

Une situation politique bloquée mais des perspectives



L'Albanie s'efforce de nouer des coopérations stratégiques avec les Etats-Unis et l'Union européenne.

Le pays a rejoint l'OTAN en avril 2009 et a, depuis lors, doublé son déploiement en Afghanistan.

Le pays a postulé, par ailleurs, au statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne. La Commission européenne a toutefois rejeté cette demande en novembre 2010. Le gouvernement doit en effet fournir plus d'efforts dans la lutte contre la corruption et le crime organisé.

Par ailleurs, le dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition demeure insuffisant. Cette dernière, qui a refusé de siéger au Parlement jusqu'en février 2010, à la suite des résultats contestés des élections législatives de 2009, continue de bloquer l'adoption des réformes nécessitant une majorité qualifiée, notamment celles exigées par l'UE. Malgré les appels de la communauté internationale à trouver un compromis, la situation demeure bloquée, l'opposition exigeant la tenue de nouvelles élections. La pression des Etats-Unis, qui menacent de supprimer leurs subventions au titre de l'aide au développement si aucune solution n'est trouvée, ne devrait pas avoir plus d'impact en 2011.


Pour en savoir plus

: [URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Albanie?extraUid=571803]