Ukraine : analyse des risques économiques (COFACE, 2011)
2011-11-30

Selon la COFACE : - Note "pays @rating" (niveau moyen de risque d'impayé à court terme présenté par les entreprises) : D sur échelle à 7 niveaux de A1 à D (probabilité de défaut des entreprises très élevée), - Note "environnement des affaires" : C sur échelle à 7 niveaux de A1 à D (risque important pour les transactions inter-entreprises).

Principaux indicateurs économiques

: 2008 2009 2010 2011

Croissance économique (%): 2,1 -15,0 4,2 3,5

Solde public/PIB (%): -3,2 -11,3 -9,9 -3,5

Solde courant/PIB (%): -7,1 -1,5 -2,0 -2,4

Dette extérieure/PIB (%): 56,4 88,6 82,9 81,7

Réserves en mois d'importations 6,7 4,4 4,8 4,8

POINTS FORTS



- Position stratégique entre la Russie et l'Union Européenne
- Important potentiel agricole
- Main d'œuvre qualifiée et peu coûteuse
- Soutien des bailleurs de fonds internationaux.

POINTS FAIBLES



- Faible diversification économique et dépendance à l'égard des cours des métaux et du prix du gaz importé
- Surendettement extérieur du secteur privé
- Instabilité politique qui rend difficile l'application d'une politique économique cohérente
- Secteur bancaire très fragile.
- Lacunes persistantes en termes d'environnement des affaires

APPRECIATION DU RISQUE



Une reprise fragile



La situation macroéconomique de l'Ukraine s'est stabilisée en 2010, grâce notamment à la fin de la crise politique au début de l'année, à la renégociation du contrat pétrolier liant le pays à la Russie, et enfin au rétablissement de l'aide du FMI.

Mais malgré les bonnes performances des secteurs orientés vers la demande extérieure (métallurgie, machines-outils, pétrochimie) et le regain de consommation privée, la croissance est restée contrainte. En effet, l'investissement a été contenu par la contraction du crédit et le gouvernement a été contraint à l'austérité. Le secteur agricole a également pâti de la sécheresse de l'été.

En 2011, la reprise économique se poursuivra mais la croissance devrait néanmoins ralentir et la production restera en-deça de son niveau de 2008. En effet, les effets de base seront beaucoup moins favorables qu'en 2010 et l'appréciation de la hryvnia a effacé les gains de compétitivité obtenus lors de la dévaluation. L'effort de réduction de la dépense publique sera également très important (3,7% du PIB) et touchera, entre autres, les salaires de la fonction publique et certaines subventions d'Etat. Ces mesures, couplées au regain d'inflation qu'entraînera la hausse de 50% du prix du gaz pour les ménages (la deuxième après celle d'août 2010), pèseront sur la consommation.

L'approche des championnats d'Europe de football de 2012 devrait toutefois accélérer la réalisation des chantiers d'infrastructure et soutenir l'investissement. La fin de la crise bancaire, si elle se confirme, pourrait également stimuler la demande domestique.

Forte dépendance envers l'aide internationale



Les autorités ukrainiennes ont globalement atteint, à la fin de l'année 2010, les premiers objectifs de réduction de déficit public fixés par le FMI, qu'il s'agisse du déficit budgétaire ou de celui de l'entreprise publique Naftogaz. La recapitalisation du secteur bancaire a également été financée sur le budget 2010.

En 2011, les conditionnalités du FMI viseront une réduction de deux points du déficit budgétaire et imposeront une série de réformes structurelles d'envergure - code fiscal, système des retraites, administration publique, secteur énergétique - qui s'annoncent délicates sur le plan politique. Leur mise en œuvre est néanmoins indispensable pour maintenir l'aide du Fonds et la confiance des marchés. En effet, si la signature du deuxième accord de confirmation avec le FMI en juillet 2010 a permis à l'Etat ukrainien et à plusieurs entreprises et banques d'émettre à nouveau des Eurobonds, l'accès aux marchés de capitaux internationaux se refermerait aussitôt si l'aide du FMI venait à être gelée. Or l'Ukraine ne peut pas se le permettre du fait de la faiblesse de ses réserves de change. Le système bancaire, enfin, reste fragile. Le secteur a affiché des pertes pour la deuxième année consécutive en 2010, en raison du provisionnement des créances douteuses qui se maintiennent à des niveaux très élevés. Une dizaine de banques ne respectaient toujours pas les ratios prudentiels à la fin de l'année 2010.

La politique du président Ianoukovitch en question



L'élection du président V. Ianoukovitch a mis fin à la paralysie de la scène politique intérieure grâce à la formation d'une coalition parlementaire et d'un gouvernement crédible, qui ont obtenu des résultats tangibles en 2010.

Sur le plan extérieur, les relations diplomatiques avec la Russie se sont sensiblement améliorées du fait de la proximité de l'exécutif ukrainien du Kremlin et un nouveau conflit gazier paraît peu probable à court terme. Cependant, le nouveau régime privilégie également une centralisation accrue du pouvoir et un affaiblissement de l'opposition, ce qui comporte des risques. La frange ukrainophone et pro-occidentale de la population ne tolérerait pas, en effet, une relation trop privilégiée avec la Russie, même si officiellement, la politique d'intégration européenne n'est pas remise en cause. Des vagues de contestation et des tensions sociales pourraient donc naître. Enfin, les lacunes en matière de gouvernance et la corruption placent le pays à un niveau de risque critique.

Pour en savoir plus [URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Ukraine?extraUid=571949]