La Russie ne renonce pas à la Transnistrie (avril 2003)
2011-12-06

La Russie ne renonce pas à la Transnistrie



Le mouvement civique "L'Unité" de Transnistrie, une organisation considérée par la Russie comme un lien essentiel entre Moscou et ce territoire moldave autoproclamé indépendant, a adressé il y a quelque temps un appel aux leaders de Chisinau et du Kremlin, sollicitant l'augmentation de la présence militaire russe dans la région.

Dans un article consacré à la dispute menée dans la presse de Chisinau quant à la présence militaire russe en Transnistrie, le quotidien moscovite Nezavisima Gazeta soulignait, dans son numéro du 18 novembre dernier, que la nouvelle politique du président Poutine est axée sur la consolidation de l'influence de Moscou dans cet espace géostratégique.

Dans ce contexte, le journal rappelait que la Douma d'État (la Chambre législative du parlement russe, NDT) avait déclaré la Transnistrie région d'intérêt stratégique extraordinaire. Par conséquent, selon le journal, l'actuel gouvernement russe, qui se propose de rendre à la Russie son pouvoir perdu dans la région, est devenu conscient de l'importance de la région transniestrienne, autant sur le plan économique que politico-militaire. Natalia Kamciatova, l'auteur de l'article, continuant dans le même esprit, estimait que l'avantage stratégique de la région est perçu à sa juste valeur par l'Alliance nord-atlantique. "Il n'y a aucun doute qu'au moment où l'armée russe se retirera de la Transnistrie, la Roumanie, et avec elle la Moldavie, intégreront immédiatement les structures de l'OTAN, la conquête de la Transniestrie n'étant plus qu'une question de temps".

Le gouvernement Poutine est conscient que s'il renonce à la Transnistrie, la position de la Russie souffrira énormément, explique la journaliste. Cela pourrait impliquer une réaction en chaîne : perte de Sébastopol, affaiblissement de la flotte de la Mer Noire, évacuation des forces armées d'Abkhazie, etc. "Moscou a appris qu'elle avait sur les bords du Dniestr un véritable ami, toujours prêt à défendre les frontières du sud-ouest de la Communauté des États Indépendants, à affronter l'OTAN et à respecter la politique militaire de la Russie", selon Nezavisima Gazeta.

Pour Natalia Kamciatova, l'indépendance de la Transnistrie empêche la République de Moldavie de devenir partie intégrante de la Roumanie. "Chisinau ne peut pas se permettre le luxe de perdre cette région, où se trouve concentrée la plus grande part du potentiel économique de l'ancienne République soviétique socialiste de Moldavie. Par ailleurs, la Roumanie est trop pauvre pour accepter une Moldavie sans "dot". C'est pourquoi Chisinau fait tarder les choses, se donnant beaucoup de peine pour ravaler la petite république insoumise. "Si la Transniestrie rentrait dans le giron moldave, l'OTAN rénoverait l'aéroport de Tiraspol (la capitale transnistrienne, NDT) et le drapeau roumain serait rapidement vénéré à Chisinau".

La journaliste défend les intérêts du régime séparatiste de Tiraspol, et affirme que les autorités de Kremlin ont compris que le calme régnant en Transniestrie est éphémère, et sont conscients que les nationalistes du parlement de Chisinau modifient les prévisions constitutionnelles, frappent aux portes de l'OTAN et font tout leur possible afin d'obtenir le remplacement des troupes russes par un contingent de l'OSCE.

Natalia Komciatova termine l'article sur un ton pathétique, rappelant le fait que "la Transnistrie est la frontière du monde slave, terre russe, liée à la Russie de par sa culture, sa langue et son histoire. L'absence d'une frontière commune ne représente pas un obstacle et ne saurait être un empêchement dans la consolidation d'une alliance solide entre ces deux États".


(Curentul, 20 novembre 2000 - Traduit par Madalina Cirlanaru, mise en forme : Alexandre Billette/Courrier des Balkans)