Election "présidentielle" en Transnistrie, région sécessionniste de la Moldavie : scénario à la sud-ossète ? (décembre 2011)
2012-01-18

Des résultats contestés



Les résultats du vote du dimanche 11 décembre 2011 devaient être annoncés le lundi 12 décembre. Le président de la commission électorale, Piotr Denisenko, a déclaré "Nous avons reçu de nombreuses plaintes d'électeurs et de candidats". L'annonce a été reportée au mercredi 13 décembre.

Le président sortant Igor Smirnov, en disgrâce auprès de Moscou (crédité à 47% des voix selon certains sondages à la sortie des urnes) serait donné perdant dans les résultats partiels "officieux". Pourtant certaines autres sources le placent en 2ème position.

Le candidat soutenu par les autorités russes, Anatoli Kaminski, serait en 2ème position et aurait obtenu 27% des voix.

L'homme d'affaire d'origine ukrainienne, Evguéni Chevtouk, serait en tête et aurait obtenu 39% des voix.

Etaient candidats au premier tour du 11 décembre :



- le "président" sortant Igor Smirnov, au pouvoir depuis 1991 avec l'appui de Moscou et lâché récemment (sa famille fait l'objet de poursuites judiciaires en Russie),

- Anatole Kaminski du Parti Renouvellement, dont les échanges épistolaires avec Vladimir Poutine sont publiés dans la presse, et seraient la preuve d'un soutien de Moscou,

- Evgueni Chevtchouk (Sevciuc), ancien président du Soviet suprême de Tiraspol (capitale de la Transnistrie), et parfois présenté comme le préféré de la Moldavie,

- Oleg Horjan du Parti Renaissance,

- et deux autres candidats marginaux.

Les enjeux stratégiques de la région



Cette élection s'est déroulée sur un fond diplomatique nouveau : la Moldavie (elle-même en crise institutionnelle et sans président, dirigée par le Premier ministre Vladimir Filat) et la Transnistrie (Igor Smirnov)-née d'une sécession en 1991 avec l'appui de la Russie- ont repris en novembre les négociations interrompues depuis 2006.

L'idée d'une fédéralisation de la Moldavie, majoritairement roumanophone, avec ré-intégration de la Transnistrie russophone, est dans l'air du temps, et nécessite l'accord de la Russie.

En échange, Moscou obtiendrait que Chisinau (la capitale de la Moldavie) ne regarde plus vers Bruxelles, mais vers l'union douanière Biélorussie - Kazakhstan - Russie (en attendant l'Ukraine) : des sondages fort à propos donnent pour la première fois les Moldaves défavorables au rapprochement avec l'Union européenne.

Des intérêts personnels aux intérêts nationaux



Vladimir Poutine espère -avec Anatoli Kaminski- faire avancer le concept d'Union eurasiatique, lointaine renaissance de l'URSS.

Aprés avoir signé un traité d'amitié pour 10 ans avec la Russie, Vladimir Filat espère bénéficier d'une obstruction moins systématique du Parti communiste au Parlement moldave, et faire enfin élire le candidat de son choix à la présidence de la république (voire se présenter lui-même).

Après avoir affiché sa bonne volonté pour une solution et rencontré Vladimir Filat à plusieurs reprises, Igor Smirnov, espère une "relative" neutralité moldave et une réélection malgré le désamour russe. Il a certainement bénéficié d'une réaction "conservatrice" de l'électorat transnistrien assimilant l'accord de la Russie à l'idée d'une fédération moldave à un "lâchage" plus global que le "lâchage" de leur "président" actuel.

Mais ce ne sont que des hypothèses.

Scénario à la sud-ossète



Le scénario du 30 novembre 2011, à Tskhinvali, à la sud-ossète, avait à priori peu de chance de se reproduire, le 11 décembre à Tiraspol. Pourtant, le candidat soutenu par Moscou semble en mauvaise posture.

La Commission centrale électorale -voire la Cour suprême de Transnistrie- devra trouver une solution "honorable" afin que les uns et les autres "sauvent la face" et que le résultat soit conforme aux souhaits du Kremlin.



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