Religions en Roumanie : difficile réconciliation
2004-08-02

Si les relations entre responsables des Eglises orthodoxe et catholique s'améliorent heureusement, sur le terrain les gréco-catholiques souffrent d'une situation qui, pour eux, n'a guère changé. Il faudra beaucoup de patiente

Religions en Roumanie : difficile réconciliation



Intégrer l'Europe



Après quatre années d'un régime centre-droit (1996-2000), le chrétien démocrate Emil Constantinescu n'a pas réussi à opérer le redressement politique et économique tant espéré. C'est pourquoi, depuis les dernières élections de décembre 2000, c'est à nouveau un ex-communiste, "converti" en socialiste, Adrian Nastase, 52 ans, qui est le premier ministre d'un gouvernement social-démocrate. Cependant, il se dit résolument partisan d'une économie libérale et européen convaincu.

Lors d'un passage à Paris, en octobre 2002, Adrian Nastase a présenté un tableau moins sombre de la situation générale, en particulier de la question des enfants abandonnés pour lesquels de nouvelles mesures d'accueil et d'adoption nationale et non plus internationale ont été décidées : "L'adoption internationale, a-t-il déclaré, a donné lieu à une corruption qui a donné une image catastrophique de la Roumanie… désormais, les adoptions internationales s'effectueront sous l'étroit contrôle des autorités roumaines… De plus, s'il est vrai qu'il y a encore une grande pauvreté dans le pays, il ne faut quand même pas exagérer, personne ne meurt de faim en Roumanie !".

Quant à l'entrée dans la Communauté européenne, elle est espérée pour l'an 2007, en même temps que la Bulgarie. "Nous avons créé un Ministère de l'Intégration européenne, déclare Adrian Nastase, et presque chaque ministère possède un secrétaire d'Etat chargé des questions européennes". Mais il ne semble pas que la Roumanie actuelle soit prête à affronter son "examen de passage". En revanche, l'intégration à l'Otan est vue comme un grand succès diplomatique, qui compense un peu son retard à l'entrée dans la Communauté européenne.

(AED-Info, 04/2003)

Le patriarche Theoctiste à Rome



Répondant à la visite que le pape Jean-Paul II avait faite en Roumanie en mai 1999, le patriarche Theoctiste, primat de l'Eglise orthodoxe roumaine, a effectué une visite officielle au Vatican, du 7 au 13 octobre 2002. Les temps forts en ont été la bénédiction commune donnée par le Pape et le Patriarche à quelque cent cinquante mille fidèles réunis sur la place Saint Pierre pour l'audience publique du 7 octobre, la signature d'une déclaration commune à l'issue de leurs entretiens, le 12 octobre, et la messe dominicale dominée par le Pape, le lendemain, en la basilique Saint-Pierre-du-Vatican, en présence du patriarche Theoctiste. Dans leur déclaration commune, le pape de Rome et le patriarche de Roumanie s'engagent à rechercher l'unité entre catholiques et orthodoxes. "Notre rencontre doit être considérée comme un exemple : les frères doivent se retrouver pour se réconcilier, pour réfléchir ensemble, pour découvrir des moyens de parvenir à s'entendre, pour exposer et expliquer les arguments des uns et des autres", affirme ce document. "Nous sommes d'accord pour reconnaître la tradition religieuse et culturelle de chaque peuple, mais aussi la liberté religieuse.

L'évangélisation ne peut pas être fondée sur un esprit de compétitivité, mais sur le respect réciproque et sur la coopération, qui reconnaissent à chacun la liberté de vivre selon ses propres convictions, dans le respect de son appartenance religieuse", poursuit le texte.

La pensée du Pape et du Patriarche



Lors de la rencontre officielle du 12 octobre, au Vatican, le pape Jean-Paul II a prononcé un long discours en français livrant son point de vue sur les relations entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe dans son ensemble. Il a notamment souhaité la reprise des travaux de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe, dont la huitième session, tenue à Baltimore (USA), en juillet 2000, avait à nouveau buté sur le problème de l'uniatisme. "Notre devoir est d'extirper les vieux préjugés", a-t-il dit, en appelant à "un dialogue fraternel et franc", aux "échanges" et aux "rencontres personnelles". Il a également prôné l'instauration d' "une structure institutionnelle" chargée d'un "échange régulier et réciproque d'informations au niveau de l'Eglise catholique et de l'Eglise orthodoxe dans son ensemble".

Pour sa part, le patriarche Theoctiste a affirmé que l'Eglise orthodoxe roumaine "continue d'apporter sa contribution spécifique aux efforts du dialogue œcuménique bilatéral et multilatéral". Il a cependant regretté qu'après la période communiste, "des groupes de prétendus évangélisateurs aient assailli les Eglises locales orthodoxes, provoquant ainsi beaucoup de frustration et de souffrance". "L'espérance d'une aide de la part des Eglises des pays libres s'est transformée rapidement en désillusion, en confusion, en méfiance et en attitudes sporadiquement anti-œcuméniques", a souligné le patriarche, affirmant encore que "les Eglises historiques du lieu se sont vues confrontées à des tactiques de compétition déloyale, avec des structures ecclésiastiques parallèles, fondées même par certaines Eglises dont on attendait l'aide fraternelle".

Le primat de l'Eglise roumaine a également abordé les problèmes de prosélytisme et de territoire canonique. "D'autres Eglises venant d'autres lieux sont les bienvenues pour aider à l'activité missionnaire de l'Eglise, mais seulement à côté et en pleine collaboration avec l'Eglise du lieu", a-t-il affirmé, soulignant l' "importance" et la "valeur" du principe du territoire canonique. Quant au prosélytisme, il est "un contre-témoignage, a estimé le patriarche, et doit être dénoncé comme tel en toute circonstance". "Nos relations sont-elles devenues suffisamment profondes et mûres pour nous permettre de leur donner une solide structure institutionnelle, de manière à trouver aussi des formes stables de communication et d'échange régulier et réciproque d'information ? Si cette question pouvait être l'objet d'une sérieuse réflexion, a-t-il conclu, ne pourrait-on pas suggérer, au cours des dialogues à venir, des solutions constructives en ce sens ?".

La prière commune



Le dimanche 13 octobre, lors de la messe solennelle dans la basilique Saint-Pierre, les primats des deux Eglises ont partagé la liturgie de la Parole. Le Pape et le Patriarche étaient placés côte à côte et ont lu ensemble, en roumain, le symbole de foi de Nicée-Constantinople (sans l'addition du Filioque). Dans un geste imprévu mais symbolique, le patriarche Theoctiste s'est levé au cours de la célébration pour donner au Pape l'accolade du baiser de paix. Le Patriarche a affirmé une nouvelle fois son désir d'un "dialogue et d'une coopération" plus intense entre les deux Eglises, au cours de son homélie. "Nous devons intensifier notre travail de réconciliation entre les Eglises et de reconstruction de l'unité chrétienne", a-t-il ajouté. L'Europe a entamé un processus d'union "économique, juridique et culturelle, souvent sans demander le soutien des Eglises chrétiennes du continent, peut-être parce que nos Eglises en Europe ne sont pas assez concernées par l'unité et la coopération entre elles", a-t-il poursuivi. Le patriarche orthodoxe a ensuite quitté l'autel avant la prière eucharistique, signifiant ainsi que la pleine communion n'était pas encore rétablie entre les Eglises catholique et orthodoxe.

Le 12 octobre, dans l'après-midi, le patriarche Theoctiste s'est rendu à la basilique Saint-Bartholomée, sur l'île qui se dresse au milieu du Tibre et où sont conservées des reliques de l'apôtre, pour y présider une prière œcuménique, avec à ses côtés les cardinaux Walter Kasper, Camillo Ruini et Francis-Eugène George, archevêque de Chicago. Au cours de la célébration, la basilique a été proclamée lieu de "mémorial des martyrs de la foi du XXe siècle", dans le prolongement de la célébration œcuménique qui s'était déroulée au Colisée de Rome, lors des cérémonies du Jubilé, le 7 mai 2000.

(SOP, 11/2002)

Mort d'un témoin de la foi



Le cardinal gréco-catholique Alexandru Todea, symbole de la résistance anti-communiste, est mort le 23 mai 2002 à Tirgu Mures, en Transylvanie, quelques jours avant son 90e anniversaire. L'ancien archevêque d'Alba Julia a été créé cardinal lors du consistoire du 28 juin 1991. Il s'était retiré de sa charge le 20 juillet 1994 pour raison de santé. Mgr Alexandru Todea fut ordonné évêque en 1950, deux ans après la suppression de l'Eglise gréco-catholique. Son témoignage a été un des moments forts du Synode des évêques sur l'Europe en automne 1991.

Dans un télégramme en latin, Jean-Paul II a exprimé ses condoléances pour la mort du cardinal roumain Alexandru Todea et rendu hommage à son "action zélée conduite avec souffrance sous un régime tyrannique" et à son "témoignage de foi" dont a bénéficié toute l'Eglise.

"Comme j'aimerais pouvoir venir en personne vous embrasser et vous souhaiter mes meilleurs vœux", avait écrit Jean-Paul II, début mai, dans une missive envoyée au cardinal Todea pour son 90e anniversaire, qu'il aurait dû fêter le 5 juin suivant. Le Pape ne manquait pas de rappeler à cette occasion combien son "nom a dépassé les frontières de son pays, attendrissant et édifiant les fidèles en Europe et dans le monde entier". "Fervent témoin durant la persécution communiste", ajoutait le Pape dans sa lettre en italien, le cardinal était également "un point de référence stimulant pour les nouvelles générations" ainsi qu'un "réconfort" pour "tous ceux qui continuent à être mis à l'épreuve par des régimes qui oppriment la liberté religieuse et la liberté conscience".

(APIC, 23/05/2002)

La souffrance des gréco-catholiques



Les gréco-catholiques qui peinent depuis douze ans à récupérer des centaines d'églises confisquées par le régime communiste et attribuées aux orthodoxes, sont décidés à en appeler à l'Europe afin d'obtenir justice.

"Il ne nous reste plus qu'à nous adresser à des organismes européens et à l'Union européenne" elle-même, dont la Roumanie veut devenir membre à l'horizon 2007, a déclaré le juriste Gabriel Andreescu, signataire, avec une trentaine de gréco-catholiques d'un " mémorandum" adressé au gouvernement roumain.

Dans ce document, les catholiques de rite oriental reprochent aux autorités de "poursuivre la politique de l'Etat communiste" en refusant de réparer l'injustice perpétrée à leur encontre en 1948, lorsque l'Eglise gréco-catholique fut interdite et ses fidèles soumis à des persécutions.

Ils accusent en outre le gouvernement d'avoir récemment adopté une décision aux termes de laquelle seules les églises qui ne sont pas utilisées par les orthodoxes pour leurs offices religieux, pourront leur être restituées.

Or, selon eux, les orthodoxes, majoritaires en Roumanie, "s'agrippent" aux lieux de culte qu'ils ont utilisés pendant cinquante ans de communisme, en affirmant que des services religieux sont célébrés dans "pratiquement toutes" les églises en dispute.

"Nous n'avons rien contre nos frères orthodoxes, dont on reconnaît les souffrances, nous voulons juste pouvoir prier dans nos églises", a déclaré Mme Doïna Cornea, ancienne dissidente sous le régime communiste, elle-même gréco-catholique et signataire de ce texte.

Selon M. Andreescu, "sur les 2030 églises revendiquées, les gréco-catholiques n'en ont récupéré que 136 en douze ans".

Lors de la visite du pape Jean-Paul II en Roumanie, en mai 1999, les hiérarques orthodoxes s'étaient toutefois engagés à trouver un accord avec les catholiques de rite oriental sur les questions patrimoniales.

Mais en juin 2002, après trois ans de tergiversations, le Pape a rappelé à l'Eglise orthodoxe ses promesses et souligné, en recevant le nouvel ambassadeur roumain auprès du Vatican, que les gréco-catholiques de Roumanie "ont une réelle urgence" à pouvoir disposer des édifices religieux. "Le respect et la collaboration seraient renforcés si les autorités civiles prenaient la responsabilité de restituer selon un critère de justice le patrimoine ecclésiastique confisqué, de manière à permettre à l'Eglise catholique de disposer de ces biens pour remplir sa mission", avait indiqué Jean-Paul II.

Les gréco-catholiques accusent en outre les orthodoxes d' "empêcher le fonctionnement" d'une commission mixte, appelée à résoudre au cas par cas les demandes de rétrocession. "Cette commission créée en 1990 et dominée par les orthodoxes s'est révélée inutile", a affirmé M. Andreescu. Selon lui, les statuts de cette commission interdisent aux deux parties de s'adresser à la justice pour régler leurs problèmes, ce qui prive les gréco-catholiques de la possibilité d'en appeler à la Cour européenne des droits de l'Homme de Strasbourg.

Une situation douloureuse



L'Eglise greco-catholique de Roumanie réclame depuis plusieurs années au gouvernement les lieux de culte qu'elle possédait avant qu'ils ne lui soient confisqués par le régime communiste, en 1948. A cette date, un décret avait été signé prévoyant la suppression de cette Eglise et la confiscation de ses biens au profit de l'Eglise orthodoxe. Le 28 octobre 1998, une Commission mixte, chargée de trouver une solution à ce différend avait été créée.

En juin 2002, Jean Paul II avait lancé un appel aux autorités roumaines afin qu'elles restituent à l'Eglise greco-catholique son patrimoine. Recevant le nouvel ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège, il avait souligné l'urgence de permettre aux catholiques de pouvoir disposer de leurs édifices sacrés.

Qu'en est-il aujourd'hui ? Mgr Crihalmeanu, évêque de Cluj, commente :
..."La Roumanie est actuellement sous pression car elle désire entrer au sein de l'Union européenne. Le gouvernement, pour faire bonne figure, est donc obligé de voter des lois qui donnent l'impression d'une unité nationale, en particulier en faveur des gréco-catholiques. C'est ainsi qu'à la fin de l'année 2002, une loi assurant la restitution aux gréco-catholiques de tous les biens nationalisés a été votée. Mais si vous regardez de près le texte, vous vous rendez compte qu'en réalité, le gouvernement a instauré une commission afin d'étudier la possibilité de rendre une partie des 220 édifices scolaires qui nous avaient été confisqués par le régime communiste au profit de l'Eglise orthodoxe en 1948. Même si ce geste peut être considéré comme un bon début, la loi ne parle pas des 537 églises et chapelles ni des 387 maisons paroissiales qui nous appartenaient avant 1948. Actuellement, nous avons récupéré seulement 19 de ces églises et 6 des maisons. Quant aux trois monastères catholiques, ils sont définitivement propriétés de l'Eglise orthodoxe...

"Nous essayons de faire prendre conscience que cette situation d'injustice n'est pas normale. Il n'est pas admissible qu'un pays qui reconnaisse 14 cultes nous force à célébrer la messe dans les cimetières ou dans les maisons alors qu'il y a des églises fermées à quelques mètres de chez nous. On n'a pas le droit de juger une personne selon sa foi.... Il finit par y avoir une forte hostilité envers les catholiques. Pour empêcher cela, nous avons lancé une campagne de construction d'églises afin de pourvoir à nos besoins. Aujourd'hui, nous en avons déjà construit 32 et 18 sont en cours de construction. Dans les endroits où nous avons une nouvelle église, nous avons laissé sans aucun problème l'édifice qui nous avait été confisqué aux orthodoxes. Le problème c'est qu'il n'y a aucune réciprocité, car les orthodoxes, qui se sont également mis à construire des édifices religieux, plutôt que de nous rendre nos églises, les détruisent au fur et à mesure.(...)

"La visite du pape a été un moment extraordinairement beau et profond. Mais jusqu'à quel point ? Il est vrai que le dialogue entre les deux Eglises a avancé. Certains, voyant Jean Paul II et le patriarche Teoctiste se serrer la main ont même été jusqu'à penser que les deux chefs religieux avaient fait la paix et étaient parvenus à un accord entre les deux Eglises. Mais dès le lendemain de la visite pontificale, les hauts responsables hiérarchiques orthodoxes sont intervenus pour rappeler que rien n'avait changé.

"Je pense qu'il faut encore un temps de purification et attendre que passent les générations formées sous le temps du communisme. Notre objectif, pour le moment en Roumanie, ce n'est pas de parvenir à une union, mais au moins à une vie commune pacifique. Déjà, depuis que le Saint-Siège a condamné avec fermeté l'absence de références religieuses dans les premiers projets, l'Eglise orthodoxe critique beaucoup moins le Vatican".

(APIC, 28/02/2003)


Réactions orthodoxes



Le porte-parole de l'Eglise orthodoxe, Constantin Stoïca, a rejeté ces accusations, affirmant qu'il n'y avait "pas de tensions" entre les fidèles des deux Eglises, car selon lui "les gréco-catholiques se sont déjà habitués à fréquenter les lieux de culte orthodoxes".

Quant au patriarche Theoctiste, il a exprimé l'espoir que sa visite au Pape permettrait de relancer les discussions entre les deux communautés et d'éviter d'avoir recours à la "justice des hommes" (allusion aux risques pour l'Eglise orthodoxe de l'application à ces cas d'une jurisprudence favorable à la restitution aux anciens propriétaires).

Position du pouvoir



Enfin, le chef du gouvernement, Adrian Nastase, a exposé très clairement la position du gouvernement roumain sur la question de la restitution des biens ecclésiastiques confisqués à la communauté gréco-catholique par le pouvoir communiste au profit de la communauté orthodoxe, majoritaire en Roumanie. Depuis 1990, des tensions parfois violentes sont apparues à ce sujet entre les deux communautés. Une commission de dialogue, mise en place à la suite de la visite du pape Jean-Paul II en Roumanie en 1999, n'a pu entièrement mettre fin à ces tensions. Le gouvernement roumain, ne souhaitant pas légiférer dans le domaine particulier de la restitution des églises et des bâtiments paroissiaux, a proposé à la communauté gréco-catholique un soutien financier pour la construction de nouvelles églises, mais jusqu'à présent, celle-ci a refusé cette proposition. Toutefois, M. Nastase exprime sa volonté de parvenir à un règlement de ce problème afin de préserver la paix sociale, et son intention, au début de 2003, d'aller sur le terrain, pour trouver des solutions adaptées à chaque situation locale.

Un soutien apprécié



De son côté, et plus que jamais, l'AED continue d'aider spirituellement et matériellement la communauté gréco-catholique. Par exemple, à Cluj, une aide est apportée pour la construction d'une maison pour les sœurs de la "Mère de Dieu", une communauté roumaine fondée dans les années 30 pour la catéchèse et l'aide dans la paroisse. Elles ont vécu longtemps en cachette. Aujourd'hui, par manque de moyens, seules 26 religieuses sur 60 peuvent vivre en communauté.
A Lugoj, la cathédrale menaçait fermeture si l'on ne procédait de toute urgence à sa rénovation. Aide indispensable pour les séminaires d'Oradea et de Cluj où les séminaristes sont logés dans des conditions difficiles : 4, 6, parfois même 16 étudiants par chambre, et où les salles de cours sont insuffisantes. Les conditions économiques difficiles nécessitent une aide permanente. A Cluj, sans l'aide des bienfaiteurs étrangers, le séminaire serait dans l'obligation de fermer.

(AFP, 26/10/2002 ; AED-Info, 21/02/2003)

Appel à collaborer



Le pape Jean-Paul II a reçu, le 1er mars 2003 un groupe d'évêques de Roumanie à l'occasion de leur visite ad limina.

A cette occasion, le Pape a demandé aux catholiques de rites latin et oriental de collaborer avec les orthodoxes dans le cadre de la construction européenne. Le Pape les a par ailleurs mis en garde contre les dangers de la société moderne.
Rappelant que la Roumanie est candidate à l'Union européenne - son intégration est prévue pour 2007 -, le pape a insisté pour que les Roumains ne perdent pas leur héritage spirituel. "En entrant dans les structures européennes, le peuple roumain ferait bien de se souvenir qu'il n'a pas que quelque chose à recevoir, mais qu'il a aussi un riche héritage spirituel, culturel et historique à offrir au bénéfice de l'unité et de la vitalité du Vieux continent", a-t-il affirmé.

Jean-Paul II a souvent fait part, ces derniers mois, de sa préoccupation face au débat sur les racines religieuses de l'Europe. Certains groupes de pression voudraient en effet retirer l'allusion faite à ces racines dans la Constitution en cours d'élaboration à Strasbourg.

Le 1er mars, le président de la commission chargée de rédigée cette Constitution, Valéry Giscard d'Estaing, a toutefois assuré qu'une telle référence serait faite dans la version finale.

Pour le Pape, il s'agit d'une "urgence", face "aux dangers" qui se présentent dans la société actuelle. Faisant particulièrement allusion aux questions liées à la famille, comme l'avortement ou le divorce, il a appelé le peuple roumain à éviter toute "ambiguïté". "S'il est vrai que vous avez su résister au matérialisme athée militant, en conservant l'héritage de l'annonce chrétienne, il faut maintenant faire émerger du coeur des fidèles cette richesse intérieure". "C'est seulement de cette manière qu'il sera possible de faire face à la dangereuse avancée d'une vision matérialiste de l'existence".

L'enjeu de l'unité



En conclusion, Jean Paul II a appelé les catholiques roumains, de rites latin et gréco-catholique, "à retrouver la pleine unité avec l'Eglise orthodoxe" pour mieux agir dans ce contexte politique et social. S'adressant plus particulièrement aux gréco-catholiques, il a souligné leur mission particulière dans ce domaine. "Les difficultés certes ne manquent pas et les importants sacrifices doivent être mis en valeur, a-t-il affirmé. Toutefois, l'enjeu est si élevé qu'il mérite un effort généreux de la part de tous".

(APIC, 02/03/2003)

Assemblée nationale orthodoxe



L'Eglise orthodoxe de Roumanie a réuni, du 12 au 14 mars 2002, à Bucarest, ses instances suprêmes, constituées de l'assemblée plénière de l'épiscopat, de l'assemblée nationale ecclésiastique et du conseil ecclésial national.

L'assemblée plénière de l'épiscopat, placée sous la présidence de son primat, le patriarche Theoctiste, s'est penchée sur les problèmes de société, notamment la mission et l'évangélisation, ainsi que le travail social et la bienfaisance. Il a été décidé d'organiser chaque année, le dimanche de l'Orthodoxie, une quête dans toutes paroisses du pays, afin de sensibiliser les fidèles à ces questions et soutenir les initiatives dans les domaines de la mission et de l'action sociale. Les membres du clergé sont notamment invités à renforcer la présence de l'Eglise dans la société. L'assemblée a également adressé un message au Parlement pour protester contre son projet de légalisation de la prostitution.

Présence orthodoxe



L'Eglise orthodoxe, avec plus de 19 millions de fidèles, représente 90 % de la population du pays.

La Roumanie compte aujourd'hui :
23 diocèses, 12 633 paroisses, 359 monastères et 154 ermitages, 37 séminaires et quinze facultés de théologie.

Le clergé compte 11 909 prêtres et diacres, 2810 moines et 4795 moniales.
12 244 personnes poursuivent des études de théologie. Les cours de catéchèse dans les écoles publiques sont assurés par 10 479 catéchètes, clercs ou laïcs.
Il existe aussi plus de deux cents chapelles auprès d'institutions publiques : hôpitaux, écoles, orphelinats, casernes de l'armée, etc.

Cinq revues sont éditées par le patriarcat, 53 autres par les diocèses ou par des paroisses.

(SOP, 05/2002)

Rencontre protestante



Les souffrances de l'époque communiste ont refait surface lors de la rencontre européenne de l'Alliance réformée mondiale (ARM), qui s'est tenue du 18 au 23 août 2002 à Oradea, en Roumanie. L'attitude passée des Eglises face aux régimes communistes d'Europe de l'Est a été sévèrement critiquée.
A Oradea, la minorité hongroise de Roumanie a manifesté son identité nationale. Elle l'a fait en présence de l'évêque réformé Laszlo Tökes, président honoraire de l'Alliance démocratique des Magyars de Roumanie (UDMR), qui avait défié Ceaucescu lors de la révolution qui a renversé la dictature en décembre 1989. Fervent nationaliste, l'évêque de l'Eglise réformée de Roumanie, qui accueillait la réunion, a lancé une mise en garde : "le fantôme de l'ancien dictateur Nicolae Ceaucescu continue de nous hanter". Il a appelé le Conseil de la zone européenne de l'ARM à adopter "une position claire" concernant le passé communiste.

Quarante-huit délégués d'Eglises réformées se sont retrouvés à Oradea, non loin de la frontière hongroise, à l'occasion de l'assemblée de la zone européenne de ARM, rencontre qui a lieu tous les sept ans. Krister Andersson, président du comité de la zone européenne, a rappelé aux délégués que la question de l'héritage du régime communiste a été à maintes reprises soulevée ces dernières années au sein du comité. "Nombreux sont ceux qui, en Occident, ne comprennent pas les épreuves que vous avez traversées", a-t-il souligné.
Certains délégués ont sérieusement mis en cause l'attitude frileuse du COE durant la période communiste, et son silence devant les violations des droits de la personne dans ces pays d'Europe centrale et orientale.

(APIC, 23 et 28/08/2002)


Source : "L'Eglise dans le monde" n° 118 publié par :

Aide à l'Eglise en détresse
B.P. 1
78750 Mareil-Marly

Tél : 01 39 17 30 10