VIII) Les émigrations géorgiennes vers la France : début du XXIème siècle
2014-01-13

Huitième partie du [->1099]. - Les professionnels, les artistes, les sportifs - L'émigration économique - Les demandeurs d'asile - Le crime organisé - La traduction assermentée.

Au début du XXIème siècle, l'émigration de professionnels, d'artistes -à la recherche de meilleures possibilités d'exercice de leur art-, l'émigration de sportifs de haut niveau -à la recherche de clubs proposant de meilleures perspectives-et l'émigration économique se poursuivent. Le nombre de demandeurs d'asile politique augmente régulièrement. Une émigration particulière s'y ajoute, celle du crime organisé.

Les professionnels, les artistes, les sportifs



Des centaines d'étudiants et d'étudiantes viennent se perfectionner dans les universités françaises (Nantes, Paris, Strasbourg ...) pour ensuite retourner en Géorgie à des postes de responsabilités, au sein de la diplomatie géorgienne, d'organisations internationales, d'organisations non gouvernementales, de filiales d'entreprises françaises, voire de la diplomatie française avec un statut de contractuel local ou de l'Institut français en Géorgie. Ils reviennent parfois en mission en France comme Gocha Javakhishvili, Natia Djaparidzé, Mamuka Kudava ou Ecaterine Siradze Delaunay aux postes d'ambassadeur et de conseillers, ou s'y fixent plus définitivement.

A côté d'eux, certains professionnels formés en Géorgie rejoignent la France pour de multiples raisons : l'un des exemple en est Guiorgui Mamoulia, ex-diplomate et historien géorgien qui retourne sur les bancs de l'Université française et obtient un doctorat d'histoire.

Chercheurs et docteurs en médecine géorgiens se tournent aussi vers la France, notamment David Prangishvili (Institut Pasteur), Pavel Tchélidze (Université de Reims), Irakli Thodua (Paris), Maïko Tchikviladze (Paris) et bien d'autres.

Un flux d'artistes géorgiens cherche à produire en France (cinéastes en particulier), ou à se produire (acteurs, musiciens, chanteurs, danseurs) ou à exposer.

Parmi les cinéastes géorgiens produisant en France peuvent être cités : Gela Babluani (« Tzameti ») -résidant à Paris-, Nino Kirtadzé (« Durakovo, le village des fous ») -résidante à Paris-, Giorgo Ovashvili (« L'Autre rive ») et naturellement Otar Iosséliani.

Parmi les chanteuses mezzo-soprano ou soprano géorgiennes se produisant régulièrement en France peuvent être citées : Mariam Gegechkori, Tamar Iveri, Marina Zviadadze et naturellement Nona Javakhidzé.

Parmi les musiciens géorgiens classiques se produisant régulièrement en France peuvent être cités : Georges Beriachvili, Lisa Batiashvili, Elisso Bolkvadze -résidante à Paris-, Khatia Buniatishvili, Nana Chikashua, Meguy Djakeli -résidante à La Baule-, Gigla Katsarava, Artchyl Kharadze, Thea Mariamidze, Alexandre Tchidjavadze et naturellement Irakly Avaliani.

Parmi les peintres géorgiens exposant en France peuvent être cités : Zevza Artchemashvili, Anton Balanchivadze, Anri Basilaia, Alexandre Beridze, Davit Gagoshidze, Gia Gugushvili, Tengiz Kavtaradze, Keti Matabeli, Levan Margiani, Isabella Meshkhishvili, Eteri Metreveli, Levan Mosiashvili, Guela Patiachvili, Kako Topouria, Mamuka Tsetskhladze, Guela Tsouladze et naturellement Shalva Khakhanashvili.

Le directeur de troupe théâtrale, metteur en scène, acteur et peintre Alexis Djakeli -résidant à la Baule- ne peut être oublié.

Ceux d'entre eux qui bénéficient du support d'un réseau personnel parviennent à obtenir des visas de séjour de longue durée.

Dans un autre domaine, la tradition géorgienne est forte, le jeu d'échecs : ce pays compte plusieurs anciennes championnes du monde. Après un mariage avec un jeune Français, une Géorgienne devient vice-championne de France, puis championne de France, Nino Maïsuradze.

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Dès leur début de notoriété, les joueurs géorgiens de rugby -jeu ancestral en Géorgie- cherchent à gagner les clubs français. Ils y sont d'ailleurs appréciés, non seulement pour la charge financière moindre qu'ils représentent mais aussi pour leur qualité de jeu à différents postes, pilier en particulier. Durant la décennie, plusieurs centaines d'entre eux jouent ainsi en France à tous niveaux. La Géorgie figure parmi les vingt meilleures nations mondiales lors des Coupes du Monde 2003, 2007 et 2011 : elle est représentée par une équipe nationale composée de joueurs affiliés pour la quasi-totalité aux clubs français de Ière et de IIème Divisions. En 2011, un Géorgien, Mamuka Gorgodze est nommé meilleur joueur étranger en France. Si la plupart de ces joueurs habitent temporairement en France, quelques-uns s'y installent définitivement avec leur famille.

Les joueurs de volley-ball géorgiens ne sont pas en reste. Chez les femmes, Victoria Ravva emmène l'équipe de Cannes et l'équipe de France à des multiples victoires. Elle acquiert la nationalité française et s'installe définitivement. Chez les hommes, l'attaquant Alexandre Jioshvili joue successivement à Monaco, Nice et Ajaccio.

Parmi les joueurs de basket-ball, Georges Mdivani -2 mètres 04- conduit une carrière de premier plan dans les clubs français depuis le début des années 2000, tout d'abord en cadet, ensuite en équipe professionnelle (Pau-Orthez, Golbey-Epinal, Mirecourt, Calais, Rueil).

Le tennisman Irakli Labadzé, classé à trois reprises dans les 100 meilleurs joueurs mondiaux, joue un temps dans un club français (AS Bondy en 2004).

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- [URL : 3420]

- [URL : 4899]


L'émigration économique



D'autres émigrés cherchent une issue économique en France : la tradition culinaire géorgienne plaisant, ils se lancent dans la restauration. Roussoudane ouvre « La Maison du Caucase » à Paris, Zoïa ouvre « Ma Petite Géorgie » à Rennes, Natia ouvre « Chez Natia » à Caen, Inga et Vika ouvrent « Caucase » à Paris, Nanouli ouvre « Chez Vassili » à Nancy. Il leur est parfois difficile de tenir l'affiche longtemps, en particulier en période de crise économique.

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- [URL : 1542]

- [URL : 5254].

L'émigration économique touche toutes les branches d'activités, pour des métiers qualifiés et moins qualifiés.

Les demandeurs d'asile



En 2002, dix années après la guerre civile, 1554 citoyens géorgiens demandent encore l'asile politique en France : 161 l'obtiennent selon l'OFPRA.

En 2005, l'asile politique en France est supprimé pour les citoyens géorgiens, à l'exception des cas touchant à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud : il sera rétabli en 2009.

Le nombre de demandes diminue d'abord fortement, 1903 en 2004, 1171 en 2005, 522 en 2006, 313 en 2007. Il augmente à nouveau après la guerre russo-géorgienne d'août 2008, 408 en 2008, 445 en 2009, 1025 en 2010, pour atteindre 1888 en 2012.

Le nombre d'accords a suivi une courbe descendante, selon le souhait des autorités françaises, 359 en 2004, 583 en 2005, 187 en 2006, 140 en 2007, 132 en 2008, 81 en 2009, 60 en 2010, pour rebondir à 115 en 2011 et à 152 en 2012.

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- [URL : 2174]

- [URL : 1950]

- [URL : 2363]

- [URL : 2568]

- [URL : 2820]

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- [URL : 2895]

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- [URL : 3896]

- [URL : 4825].

En 2008, parmi les 132 bénéficiaires d'accord figure l'ancien ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili (après une condamnation à 11 ans de prison par le Tribunal de Tbilissi).

Voir :

- [URL : 2200].

Au 1er semestre 2009, la France enregistre 180 demandes d'asile. Par comparaison, selon l'UNHCR, la Grèce enregistre 1241 demandes, la Pologne 971, l'Autriche 292, la Suisse 214, l'Allemagne 186, la Suède 133, les Etats-Unis 63 et la Grande-Bretagne 45.

Au 31 décembre 2012, 2 391 ressortissants géorgiens (dont 51% de femmes) sont sous protection de l'OFPRA. Par comparaison au nombre de ressortissants arméniens (3 350), c'est peu, mais par rapport au nombre de ressortissants russes (10 551), c'est beaucoup. Bien que lente, la croissance de l'immigration géorgienne en France se poursuit.

Le 16 décembre 2013, le Conseil d'administration de l'OFPRA réintègre la Géorgie dans la liste des pays d'origine sûr, ce qui revient à limiter drastiquement le droit d'asile pour les ressortissants géorgiens (comme c'était le cas entre 2005 et 2009). Cette inscription les exclut de certains droits (aide sociale), diminue le temps d'examen de leur demande d'asile de 100 à 15 jours et -en cas de refus- autorise de facto leur renvoi en Géorgie avant que la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ait statué sur leur recours. Les conséquences en seront probablement une diminution des demandes d'asile (et des acceptations) et une augmentation des renvois en Géorgie.

Voir :

- [URL : 5280].

Le crime organisé



Après la Suisse et l'Espagne, la France est touchée par les filières du crime venue de Géorgie, et héritée des mafias soviétiques, « les voleurs dans la loi » qui agissaient avec complicité à partir des prisons.

L'organisation pyramidale est quasi militaire. Des groupes restreints d'une dizaine de personnes cambriolent et se livrent au « home-jacking » (bijoux, électronique, automobiles, voire méthadone, ...). Ils remettent immédiatement leur butin à un groupe de receleurs qui expédie les objets à l'étranger à destination d'un groupe de distributeurs. Ces derniers écoulent le butin auprès d'une clientèle avertie. Le tout est contrôlé par une cellule centrale rémunérant les différents acteurs.

Entre 2006 et 2013, la police et la gendarmerie françaises démantèlent plusieurs filières de trafic de méthadone, de bijoux et d'automobiles (déjà embarquées dans des conteneurs à destination du Caucase par la mer Méditerranée).

Su l'année 2012, 2886 personnes se réclamant de la nationalité géorgienne ont été impliquées dans des affaires judiciaires ; au 31 décembre, 206 sont incarcérées dans les prisons françaises.

Voir :

- [URL : 3557]

- [URL : 4287]

- [URL : 5178].

L'accord d'association entre l'Union européenne et la Géorgie, paraphé en 2013 et qui devrait être définitivement signé en 2014, incitera les polices des différents pays européens et la police géorgienne à collaborer encore plus étroitement : reste que seules des investigations financières pourraient éradiquer le crime organisé post-soviétique des « voleurs dans la loi » dont le centre de gravité ne se trouve ni sur le territoire européen, ni sur le territoire géorgien.

La traduction assermentée



Tant pour les associations venant en aide aux immigrés géorgiens à la recherche de régularisation -et parfois en centre de rétention- (telles la CIMADE ou l'Ordre de Malte), que pour les instances devant juger des prévenus géorgiens (telles les Cours d'appel régionales), des traducteurs assermentés en langue géorgienne sont activement recherchés. Fin 2013, ils sont seize sur le territoire français, souvent d'origine géorgienne, avec un fort turn-over par rapport aux années précédentes.

Voir :

- [URL : 2706]

- [URL : 5002].





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