Hélène Méloua, chef de collection, d'origine géorgienne
2013-12-29

Hélène Méloua est née le 21 juillet 1944 à Arpajon, dans une famille d'origine géorgienne, de Mariam Barnovi (1) et de Mirian Méloua (2) : elle est la plus jeune d'une fraterie de trois (3),

Après ses études au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge, elle engage une carrière professionnelle dans le domaine des achats et se forme à l'Ecole supérieure d'approvisionnement (ESA).

La carrière professionnelle



Elle rejoint le groupe "Le Printemps" où elle exerce tour à tour les responsabilités d'acheteur, de chef de département ventes (Deauville) et de chef de collection (habillements hommes, femmes). A ce titre, elle a en charge les négociations avec les fournisseurs des cinq continents, et recherche les produits les mieux adaptés au marché français.

Elle rejoint ensuite le groupe "Solfin", spécialisé dans la vente à domicile pour professionnels et particuliers : outre les responsabilités d'achat, elle participe à l'animation du réseau de vente.

La cause géorgienne



Elle constitue une bibliothèque de référence sur la Géorgie, en langue française, d'une centaine de titres (4), à partir de recherche d'anciennes publications chez les libraires spécialisés et chez les bouquinistes, et à partir de l'acquisition, dès leur sortie, des nouvelles publications.

Durant les années 2000 à 2010, elle vient en aide aux jeunes étudiantes géorgiennes inscrites dans les universités parisiennes, dont certaines retournent en Géorgie, dont d'autres restent en France (6).

En 2003, Hélène Méloua se rend en Géorgie pour le centième anniversaire de naissance de son père. Elle se recueille à l'emplacement de la prison de Métékhi, où -jeune étudiant en médecine- il fut enfermé avec ses compagnons après l'insurrection nationale de 1924. Libéré sur parole, il fut l'un des seuls rescapés avec Gramiton Tjélidzé (1902-1959) : le capitaine Grigol Tsintsadzé (1896-1966) les fit passer en Turquie avec son détachement d'insurgés.

Notes



(1) Sa mère Mariam Barnovi (1913-1999), orpheline de mère, est élevée à Gori jusqu'à l'âge de 9 ans par sa grand-mère Barnovi. En 1921, son père, Nicolas Barnovi -combattant de l'armée nationale géorgienne contre les armées de la Russie soviétique-, s'exile à Constantinople. En 1922, Mariam, accompagnée de sa belle-mère et de sa soeur, quitte la Géorgie pour retrouver son père : elle le suit ensuite à Varsovie, et enfin à Paris. Grâce à une oeuvre caritative, elle est élevée jusqu'à l'âge de 18 ans dans une pension religieuse catholique, côte côte avec des jeunes européennes de l'Est et des jeunes africaines (dont Madeleine Senghor, la cousine de Léopold) : tout en restant fidèle à sa religion d'origine, l'orthodoxie, elle adhère à la démarche de l'oecuménisme. En 1934, elle se marie en secondes noces avec Mirian Méloua.

(2) Son père Mirian Méloua (1903-1991), né à Ozourgueti, quitte la Géorgie à l'automne 1924, après l'insurrection nationale. Il gagne Constantinople, puis Marseille, la Légation géorgienne à Paris lui ayant obtenu un emploi et un titre de séjour en France. Il milite toute sa vie contre l'occupation de la Géorgie, notamment au sein d'un groupe minoritaire du Parti social démocrate géorgien, "Opozitsia", dont les leaders furent tour à tour Nicolas Chéïdzé et Irakli Tsérétéli.

(3) Sa marraine, selon le rite chrétien orthodoxe, est Véronique Cheidzé, fille de Nicolas Cheidzé, président social démocrate du Soviet de toutes les Russies à Saint Pétersbourg (de février à octobre 1917) et président du Parlement géorgien (de mai 1918 à mars 1921). La cérémonie est présidée ("Tamadoba") par Irakli Tsérétéli, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire russe de Saint Pétersbourg (de mai à octobre 1917) et ministre plénipotentiaire géorgien (de mai 1918 à mars 1921).

(4) Son père, Mirian Méloua, publie en 1948, avec Charles Skamkotchaïchvili, "Kartuli Lexiconi " (Le Dictionnaire géorgien), Paris, Imprimerie de Navarre, 11 rue des Cordeliers, 75 012.

(5) Voir [URL : 1682].

(6) Les conditions de séjour d'études pour les jeunes géorgiennes -souvent filles au pair- et les conditions de maintien sur le territoire français après études se sont considérablement durcies en une décennie.

Source : archives familiales.