Rugby : les premiers "Lélos" géorgiens en France (1994)
2012-04-07

Avec l'arrivée de Jaba BREGVADZE au Stade Toulousain en janvier 2012, on peut estimer à environ 60 le nombre de « Lélos » incorporés dans des clubs français du Top 14, de l'Elite 2, et des divisions fédérales.

Piliers et/ou talonneurs dans leur grande majorité (Brive et Montpellier peuvent présenter une première ligne purement géorgienne), leur leader est actuellement le phénoménal Mamuka GORGODZE, 2ème ou 3ème ligne, élu par la presse spécialisée comme meilleur joueur étranger de la saison 2010/2011.

Leur histoire, totalement dissociée de celle de la rugbystique famille YACHVILI, a débuté dans les années 1990, à l'époque du rugby amateur ou semi-professionnel

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Les deux premiers Géorgiens ayant foulé les terrains de l'hexagone furent Badri MEKVLABICHVILI, à l'A.C.B.B., assassiné à Paris, sur les Grands Boulevards, pour des raisons non élucidées (peut-être en rapport avec son job de videur de boîte de nuit ?), et Irakli KHURTSACHVILI, venu suivre des études à Saint-Lary, et qui serait maintenant responsable commercial d'un groupe français de matériel de bricolage en…..Chine.

En 1994

, par l'intermédiaire d'un Albigeois, Gérard TRIAIRE, décédé depuis, deux gaillards kakhétiens frisant les 2m, Vano NADIRADZE et Iossif PARTSIKANACHVILI, dit « Sosso » sont engagés par le Sporting Club Graulhetois, dans le Tarn.

Vano restera 4 ans à Graulhet, avant de faire un « tour de France rugbystique» passant notamment par Béziers, où il trouvera 3 compatriotes, avant de finir sa carrière du côté de Périgueux, où il vit maintenant avec femme et enfants.
« Sosso » fera lui des allers-retours de Géorgie en France, dans divers clubs, pour enfin rentrer dans sa Kakhétie natale.

Fin 1994

, emmenée par son président Mr GEGIDZE, l'équipe de Gumary (qui compte dans ses rangs nombre de joueurs qui rejoindront plus tard des clubs français) fait une tournée dans le Languedoc (nos 2 compères graulhétois, qui ne connaissaient qu'une dizaine de mots de français, après avoir obtenu une voiture pour aller voir leurs copains, avaient copié sur une feuille tous les noms des villes et villages entre Graulhet et Montpellier, Sosso étant chargé de les rayer au fur et à mesure de leur traversée !)

Février 1997

: l'équipe nationale, entraînée par le vociférant Guram MODEBADZE, fait une tournée en France, contre le « Bataillon de Joinville », puis Dijon, Graulhet et Istres.

Dans la composition de l'équipe, on trouve alors les noms de quelques futurs « Lélos » de France : Mevlud MTIULICHVILI (installé aujourd'hui du côté d'Aurillac), Guia LABADZE (fidèle des fidèles du Sporting club de Toulon), Victor DIDEBULIDZE (indéracinable de la banlieue parisienne), Zaza LEJAVA (plus tard entraîneur de Blois), Niko IURIN (que l'on retrouvera en Midi-Pyrénées) et Levan TSABADZE, pilier « à l'ancienne », en raison de sa petite taille et de sa force herculéenne, coqueluche des supporters castrais, qui est retourné au pays après une grave blessure en fin de carrière à Montferrand (cruelle ironie de l'histoire, Levan a retrouvé dans le Tarn la trace de son grand-père, Souliko MAMOUKACHVILI, soldat soviétique décédé en 1945 à Albi).

Dix-huit ans après l'arrivée de Vano NADIRADZE, qui en est désormais le patriarche, nos « Lélos » ont su conjuguer leurs qualités physiques, celles de l'encadrement des clubs français et de la sélection nationale, pour emmener la Géorgie au 7ème rang des nations européennes, en tenant la dragée haute, pendant plus d'une heure lors de la dernière coupe du monde, aux poids lourds que sont l'Angleterre, l'Ecosse et l'Argentine.

Note

: le jeu de "lélo" est un jeu géorgien ancestral dans lequel la balle doit être portée au-delà de la ligne arrière du camp adverse :

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Voir aussi [URL : 3090]

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