Le tissu associatif albanais (2003)
2012-12-27

Le tissu associatif albanais



Le phénomène associatif est un fait nouveau en Albanie : les premières

associations

, (toutes nommées ONG), sont apparues de façon informelle dès la chute du régime communiste en 1991, les années 94 - 95 représentant un moment de forte croissance. Sans statistiques précises, on estime leur nombre entre 400 et 500. Le PNUD avance même le chiffre de 850, mais il apparaît excessif. Une étude du Centre Albanais pour la Recherche Économique indique que 20 à 25% seulement des associations déclarées ont une réelle activité. En effet, la plupart ont peu d'expérience et sont nées durant les trois dernières années, ou bien elles n'ont eu accès à aucun financement.

Les

fondations

les plus importantes sont :
- la Fondation Albanaise pour la Société Civile,
- le Centre Régional de l'Environnement,
- la Fondation pour la Culture et les Arts "Fan Noli",
- la Fondation pour la Résolution des Conflits & la Réconciliation des Disputes,
- le Fonds de Développement Albanais.

Les fondations sont créées par l'affectation de ressources à la réalisation d'un projet. Elles n'ont pas de membres. Si leur objectif concerne les ONG, elles sont amenées à les aider, notamment par le versement de subventions. Ainsi, la Fondation Albanaise pour la Société Civile a contribué au financement d'un grand nombre d'associations albanaises, entre 1992 et 1998, pour une somme globale de 850 000 $. Le Fonds de Développement Albanais, quant à lui, est dirigé par une équipe française. Il est financé par d'importants bailleurs, tels que la Banque Mondiale, la Communauté Européenne et quelques gouvernements. Il accorde des micro-crédits destinés à faciliter la création de petites entreprises et en courage les populations des campagnes à participer à des travaux utiles à la collectivité.

Les fédérations



Les principaux regroupements sont :
- le Forum des ONG albanaises,
- le Forum Indépendant des Femmes Albanaises (FIFA),
- le Conseil des Jeunes.

Si certaines de ces fédérations sont issues d'initiatives locales, d'autres doivent leur existence à l'intervention d'organismes étrangers. Dans un premier temps, elles ont dû consacrer leur action à fortifier leur centre de Tirana en constituant une équipe stable d'administrateurs bénévoles et de salariés, en installant des locaux correctement équipés, et en nouant des relations de confiance avec leurs financeurs à la fois pour mettre en place des projets et pour dégager les moyens de leur propre fonctionnement. Depuis déjà plusieurs années, pourtant, ces fédérations ont des correspondants dans les districts, mais ceux-ci manquent de moyens pour s'organiser. Il semble que la phase de consolidation des centres nationaux arrive aujourd'hui à son terme et que les plus dynamiques d'entre eux commencent à multiplier et à fortifier leurs branches régionales pour les doter de moyens matériels et humains plus conséquents.

Les associations nationales



On peut distinguer :
- les associations de défense des droits de l'homme (le Centre Albanais pour les Droits de l'Homme, le Comité Helsinki Albanais, le Groupe Albanais pour les Droits de l'Homme, les Juristes pour les Droits de l'Homme, etc...)
- une association culturelle: la Société pour une Culture Démocratique
- les associations de solidarité et de santé (l'Association Nationale des Handicapés Mentaux, l'Association des Orphelins Albanais, les Donneurs de Sang, etc.)
- les associations d'environnement.

Les rapports entre l'Etat et la société civile



L'intérêt de l'Etat pour la vie associative demeure relativement faible. Un projet de loi clarifiant la situation du secteur associatif et résultant d'un travail commun du gouvernement, des associations et de certains bailleurs de fonds, est tombé dans l'oubli depuis plus d'un an. Aucune aide publique n'est versée aux associations, hormis à quatre d'entre elles, reconnues d'utilité publique, qui perçoivent la modique somme de 500.000 Leks par an (environ 3 500 Euros) (orphelins, invalides de guerre, du travail et aveugles).

Les actions des associations albanaises lors de la crise du Kosovo



En Albanie, les associations ont mené des campagnes de sensibilisation auprès de la population pour encourager toutes les initiatives, collectives ou individuelles. C'est ainsi que plus de 80 % des réfugiés ont été accueillis spontanément par des familles. Il semblerait en revanche que l'aide humanitaire apportée aux réfugiés ait été répartie à 80 % dans les camps et 20 % dans les familles d'accueil.

Les associations albanaises ont en outre organisé des collectes de produits en tout genre qu'elles ont ensuite redistribués suivant les besoins sur le terrain. Les plus actives d'entre elles ont mis en place différents programmes. Ainsi, la Fondation Albanaise pour la Résolution des Conflits et la Réconciliation a monté des services de consultations juridiques et psychologiques, à Tirana, Elbasan et Durrès (financement de la Fondation Georges Soros). En partenariat avec le Centre Albanais des Droits de l'Homme, elle a ouvert des classes dans les camps, mettant à disposition une équipe de 400 professeurs albanais qui a collaboré avec des professeurs kosovars. Le Centre Albanais des Droits de l'Homme est une des rares associations ayant obtenu un financement de 23.000 dollars du HCR, au prix d'un long combat.

Contacts

: Cordination SUD - 7, passage Dubail 75010 Paris. Chargés d'étude : E. Vukovic et M. Hertanu. Encadrement méthodologique : F. Grünewald, Groupe URD. Coordination générale : N. Herlemont, avec X. Bardou, Coordination SUD



Sources : " Rapport préliminaire de la mission en albanie de la " coordination sud ", 15 juillet - 15 septembre 1999 ".