Bulgarie : état des lieux 2011 pour la francophonie (AFI)
2012-02-15

Gueorgui Jetchev

, Université de Sofia "Saint Clément d'Ohrid", propose dans l"édition 2011 de "L'Année francophone internationale" un état des lieux de la Bulgarie, avec des volets politique, économie, culture.

Extrait : politique




Les ministres de l'Intérieur des 27 Etats membres de l'UE ont félicité la Bulgarie pour les progrès accomplis, mais décidé que son adhésion à l'espace Shengen de libre circulation ne pourrait être effective qu'à la fin 2012. Plusieurs Etats se sont opposés à l'adhésion, notamment la France et l'Allemagne qui ont estimé que les mesures prises pour combattre la corruption encore insuffisantes.


Le projet d'une deuxième centrale nucléaire bulgare à Béléné a provoqué de vifs débats dans la société, surtout depuis la catastrophe nucléaire au Japon. Les craintes viennet d'une dépendance trop grande par rapport à la Russie pour plusieurs générations. Afin de multiplier les garanties, les autorités bulgares ont demandé une expertise indépendante à la banque HSBC pour les coûts et signé un accord de coopération avec le français Areva pour améliorer la sécurité de la centrale.

Des vagues russophobes ont aussi traversé la société bulgare. Le monument érigé en 1954 au coeur de la ville de Sofia, à la gloire de l'Armée rouge "libératrice" à la fin de la Seconde guerre mondiale, a été remis "dans le sens de la marche" ou "dans l'air du temps" la nuit du 18 juin 2011, suite au travail nocturne d'artistes inconnus qui ont transformé les héros soviétiques en personnages de dessins animés, emblématiques de la culture populaire américaine : Ronald, le clown de McDonald's, le Père Noël, Superman, le Joker ... Des réactions diverses allant de l'admiration à l'indignation ont animé les Sofiotes qui sont venus nombreux voir le monument métamorphosé. L'auteur anonyme a été surnommé le Bansky bulgare et tandis que les partis politiques et l'Ambassade de la Fédération de Russie étaient unanimes à qualifier cet acte de vandalisme et de profanation, les intellectuels y ont vu une oeuvre d'art postmoderne qu'il faudrait lire au second de gré : "toutes les propositions se valent".

Les critiques en Bulgarie se sont multipliées à l'automne 2010 contre la politique française d'expulsion des Roms venus de Bulgarie. Le quotidien Sego a utilisé le mot de "déportation" pour qualifier ces mesures et le président bulgare, Gueorgui Parvanov, a estimé que l'expulsion des Roms était "en décalage avec les valeurs européennes". L'hypocrisie politique a soulevé des réactions, car la France s'est retrouvé confrontée aux mêmes problèmes qu'elle reproche souvent à la Bulgarie de ne pas résoudre de façon adéquate.

Au mois de mai 2011, des militants du mouvement d'extrême droite Ataka, venus protester deant la mosquée Banya Bashi à Sofia contre l'utilisation des hauts-parleurs au moment des prières, ont très violemment attaqué des musulmans en train de prier. D'après les résultats du recensement 2011, en Bulgarie vivent 575 000 citoyens musumans (sunnites et chiites) dont la majorité sont turcophones. Tous les partis politiques ont condamné cet acte.

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