Géorgie et France : Kéthévane Chédeau - Barnovi, attachée de presse
2012-12-12

Kéthévane Barnovi est née le 2 août 1921 à Gori, en Géorgie occidentale, d'Hélène Gotchitachvili (1902-1990) et de Nicolas Barnovi (1885-1958) (1).

Jeune bébé, avec sa mère, elle rejoint son père, exilé à Constantinople depuis mars 1921, suite à l'invasion du territoire géorgien par les armées de la Russie soviétique.

L'exil en Turquie, en Pologne et en France



Après quelques mois à Constantinople, après un hiver aux environs de Varsovie, sa famille gagne en mai 1924 Paris qu'elle ne quittera plus.

Après le lycée, elle intègre l'Ecole supérieure des Arts décoratifs dont elle sort diplômée.

Les années de guerre



Durant l'occupation allemande, sans parfois mesurer le risque pris, elle participe aux actes de résistance "anonymes" pris par les jeunes gens : en particulier elle porte des plis et des messages pour certains réseaux.

La vie professionnelle



Attachée de presse pour le groupe du Bazar de l'Hôtel de Ville (BHV), elle a aussi en charge la communication.

Durant plusieurs décennies, elle reçoit les célébrités, les artistes et les écrivains en compagnie des journalistes des grands titres de l'époque afin de conforter l'image du BHV.

La vie personnelle



Elevée dans le quartier Montparnasse d'avant la IIème guerre mondiale, avec ses échopes d'artisans et ses ateliers d'artistes dans les cours intérieures, douée pour le dessin dès son plus jeune âge, elle s'adonne à la peinture.

Avec son époux, Jean Chédeau, architecte, elle s'intéresse à l'art italien.

La cause géorgienne



Enfant et jeune fille, elle participe avec ses parents à toutes les cérémonies et les fêtes de la communauté géorgienne en France : les vacances d'été se déroulent souvent à Leuville-sur-Orge.

Plus tard, ses liens avec l'émigration restent forts et elle est, un temps, membre du Comité directeur de l'Association géorgienne en France aux côtés de Tariel Zourabichvili.

Note

:

(1) Son père Nicolas Barnovi, cousin issu de germain de l'écrivain Vassil Barnovi, militant social démocrate, connaît un long service militaire sous l'Empire russe, un long exil en Iran pour ses activités politiques (où il apprendra le métier de bottier) et un envoi sur le front de Crimée durant la Ière guerre mondiale. Il est à nouveau mobilisé en février 1921. Durant la IIème guerre mondiale, il participe à la défense passive de Paris. Jusqu'au milieu des années 1950, il tient une échoppe de bottier, boulevard Raspail, chaussant sur mesure un certain nombre de personnalités parisiennes.