Henri Matchavariani, peintre d'origine géorgienne
2013-05-13

D'origine géorgienne par un père émigré en France après l'insurrection nationale de 1924, d'origine roumaine par une mère juive venue de Bessarabie, né à Paris en 1939, locuteur de langue russe, touché dans sa jeunesse par le Canada français, partageant une quinzaine d'années de sa vie entre la France et l'Italie, influencé par l'art japonais, Henri Matchavariani n'en demeure pas moins un artiste français.

Il a adopté le dicton italien, "L'arbre croît là où ses racines se sont plantées".

Avant de devenir directeur artistique dans le monde de la publicité, il oeuvre d'abord comme illustrateur pour les magazines de mode (Vogue, Elle, Avenue Fashion, Donna, Marie Claire Italia, ...) ou pour différents clients (Air France, BMW, Le Printemps Italie, Campari, Montedison, Passy Plazza, Clarins, L'Oréal, ...).

Il se consacre ensuite à une peinture épurée, d'une extrême simplicité de trait, "se décharger de l'inutile et de ce qui encombre".

Selon Stratégies Magazine n° 1176



"Henri Matchavariani n'aime pas dire son âge, mais son parcours parle pour lui. Formé aux arts appliqués, il a longtemps été directeur artistique, chez Havas, Publicis, puis en Italie et en Argentine. Au début des années 80, il délaisse cette carrière, qui lui a valu un Clio à New York et un Lion à Cannes, pour se consacrer à l'illustration. Air France, Fiat, le magazine Joyce, le grand magasin Melsa au Japon figurent parmi les clients qui ont utilisé son trait nerveux inspiré par la mode. Installé à Paris, dans un grand atelier blanc proche du bassin de la Villette, ce fils de Géorgien expose régulièrement ses dessins et ses peintures" (1).

Selon la Galerie des Feuillantines



"Du bouillonnement fertile de ses origines géorgiennes et roumaines, de la rencontre qu'il fit avec le grand maître du mime, M. Etienne Decroux qui fut aussi le professeur de Marcel Marceau et de Jean-Louis Barrault, de la découverte de l'art de la calligraphie et du cinéma japonais, Henri Matchavariani a suivi la voie du geste qui le mène vers la finalité du trait et du point du grand maître Hokusai, le vieillard fou de dessin (2).

Directeur Artistique reputé, Henri Matchavariani, s'est partagé pendant plus de quinze ans entre la France et l'italie collaborant au sein des plus grandes agences de publicité pour lesquelles il a remporté un Lion d'Argent à Cannes en 1974 et un Clio d'Or à New-York en 1976.

Devenu illustrateur, de nombreuses réalisations publicitaires ont consacré son travail tout comme ses collaborations avec de grands magazines.

Peintre calligraphe, il revient depuis quelques années à la source de son talent avec une gestuelle d'une exprême simplicité faite d'envolées et de notes inspirées par l'Orient
".

Selon Henri Matchavariani



En 2001 :

"La Lingerie française, label des fabricants de lingerie, m'a demandé d'illustrer une brochure destinée à promouvoir ce marché aux États-Unis. Elle a été diffusée dans 3000 points de vente pour former les vendeurs et présenter le savoir-faire français. J'ai commencé avec des esquisses très fouillées, puis j'ai épuré au maximum. De même que le mime (que j'ai appris avec le professeur du mime Marceau) est l'art du silence, de même le dessin doit jouer avec les espaces pour que l'oeil respire. Les illustrateurs d'aujourd'hui font des images très remplies, comme Philippe Delhomme. Moi, j'ai un trait plus fluide, et je tiens à le garder.» Pendant six mois, j'ai illustré la campagne d'affichage d'Air France, sur une commande d'Alain Mourier, directeur de création chez Havas. Il fallait évoquer plusieurs destinations, les États-Unis, la Martinique, l'Espagne, l'Inde, le Maroc, Paris, Londres... Pour le Mexique, j'ai pensé au film d'Elia Kazan,Viva Zapata, avec Marlon Brando. Par la suite, mon style était tellement associé à Air France que les autres annonceurs n'en voulaient plus!» Le centre commercial Italie2 m'a confié la réalisation de ses affiches pendant deux ans et demi, me demandant d'apporter un esprit mode. Je me suis appuyé sur les derniers défilés pour imaginer des femmes au béret sage ou revêtues d'une grande écharpe. Mais je ne veux pas me cantonner à la mode, je peux aussi bien dessiner une voiture pour Fiat".

En 2012 :

" Mille traits ont suivi comme un seul et unique trait jusqu'à ce qu'aujourd'hui, je m'émancipe de celui-ci pour n'exprimer que le murmure coloré des nappes d'eau stagnantes ou des brouillards dorés. Pourtant je suis et reste sur la voie choisie, celle qui me fait élaguer dans le temps ce qui désormais me semble superflu".

Voir aussi



- Dessins d'Henri Matchavariani :

[URL : http://www.mil-pat.fr/illustration-97_Henri_Matchavariani],

- RFI, Emission "En sol majeur" par Tasmine Chouaki (18 avril 2013) :

[URL : http://www.rfi.fr/emission/20130418-1-henri-matchavariani],

- [URL : breve1697] (10 mai 2012),

- [URL : breve1398] (16 juin 2011),

- [URL : breve1242] (27 juin 2010),

- [URL : breve1090] (11 mars 2010),

- [URL : breve977] (12 février 2009),

- [URL : breve942] (5 décembre 2008).