4ème anniversaire de la guerre russo-géorgienne (août 2012)
2013-12-04

A la satisfaction de Moscou, quatre années après l'entrée des chars russes sur le territoire géorgien, la situation est "gelée" pour l'Ossétie du Sud et pour l'Abkhazie sécessionnistes de la Géorgie : elles s'intègrent de facto à la Fédération de Russie et ont accueilli un très fort contingent militaire, ainsi que des lance-missiles tournés vers Tbilissi.

Les travaux de rénovation du tunnel de Roki (seul accès terrestre reliant Nord et Sud Caucase, débouchant en Ossétie du Sud) vont être poursuivi afin de permettre le passage de véhicules plus importants.

La quête de la Géorgie pour une adhésion à l'OTAN a une fois de plus été repoussée au sommet de Chicago, le 21 mai : certains pays européens, Allemagne en tête, ne souhaitant pas contrarier la Russie et perdre le privilège d'échanges commerciaux fructueux.

Quelques indiscrétions



Différentes indiscrétions ont permis de mieux comprendre la situation du Caucase en août 2008,
- la concentration préventive de forces militaires russes dans le Nord (blindés et infanterie) en vue des "manoeuvres annuelles",
- l'incident diplomatique à Moscou entre la délégation européenne (conduite par Nicolas Sarkozy), le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine (selon WIKILEAKS),
- l'inopérabilité des drones géorgiens achetés à Israël (les Israêliens auraient fourni les clés de sécurité aux Russes en échange d'informations statégiques sur les recherches nucléaires iraniennes, selon WIKILEAKS).

Diplomatie et terrain gelés



La Mission d'observation européenne est toujours empêchée de se rendre sur les territoires d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie : elle a permis la "reconnaissance" des nouvelles frontières.

La Conférence de Genève, sous l'égide des Nations Unies, de l'OSCE et de l'UE, a réunit le 9 juin, pour la 20ème fois, des représentants russes (auxquels se sont joints des représentants sud-ossètes et abkhazes) et des représentants géorgiens, sans le moindre progrès. Une 21ème séance est prévue le 3 octobre.

Des risques toujours présents



La Géorgie se tourne vers la Turquie et l'Azerbaïdjan : un accord de coopération a été signé à Trébizonde le 8 juin. Elle ne manque pas également d'appeler les peuples du Nord Caucase à se souvenir de leur histoire et à une certaine solidarité caucasienne : elle a inauguré le 21 mai sur le territoire géorgien, à Anaklia, un mémorial pour le "génocide" du peuple tcherkesse par l'Empire Russe (années 1860). Elle ne manque pas non plus de se réarmer, avec des armes de fabrication nationale (drones, lance-rockets et blindés) comme la parade militaire l'a montré, le jour de la fête nationale -le 26 mai-, à Koutaïssi.

Les services de sécurité russes (FSB) accusent les autorités géorgiennes de connivence avec le chef de guerre tchétchène Dokou Oumarov (autobaptisé "Emir du Caucase") et auraient découvert au 1er semestre 2012 des caches d'armes sur le territoire abkhaze : ces armes auraient été destinées à déstabiliser les Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi en 2014. Ce que Tbilissi a formellement démenti.

La bataille du Caucase n'est pas terminée. Ses peuples, du Nord comme du Sud, y prennent part depuis plus de 20 siècles. Les Russes y prennent part depuis 2 siècles.

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