Paroisse Sainte Nino : commémoration du 70ème anniversaire de la mort du Lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari
2013-12-11

Discours écrit par le général Jean-Pierre Faure, lu par le colonel Lagane, secrétaire de la promotion de l'Ecole militaire de Saint Cyr portant le nom d'Amilakvari et forte initialement de 600 membres.

Il y a soixante-dix ans, le lieutenant-colonel Amilakvari, commandant la 13ème Demi-Brigade de la Légion étrangère, mourait en première ligne à El Alamein en Egypte.

Nous sommes réunis aujourd'hui dans la paroisse géorgienne de Paris, aux côtés de sa fille Thamar et de sa belle-fille Marguerite, de toute sa famille et de ses amis, pour honorer le souvenir de Dimitri Amilakvari, officier français né Prince géorgien. Tout au long de sa vie, dans une période tragique qui va des convulsions politiques qui ont broyé sa terre natale, la Géorgie, aux épreuves indicibles de la Seconde Guerre mondiale, il a su à la fois témoigner de sa foi ultime dans la destinée de la France, devenue sa patrie, et vivre comme un homme debout.

Homme libre, soldat loyal, tels sont les traits d'une vie consacrée au service de la France depuis sa sortie de Saint-Cyr en 1926. Il l'a servie au sein de la Légion étrangère, d'abord au Maroc, ensuite en Norvège en 1940 puis en Afrique. 1940, 1941, 1942, années terribles où la France Libre, aux côtés des Britanniques, ne cesse pas le combat contre les forces de l'Axe, d'abord en Somalie, puis en Erythrée. Après les déchirements de la campagne de Syrie, c'est enfin le tournant décisif. Sous les ordres du général Koenig, à Bir Hakeim, en juin 1942, un combat victorieux rappelle au monde que les armes de la France frappent à nouveau l'ennemi. Le lieutenant-colonel Amilakvari sera fait Compagnon de la Libération le 14 juillet 1942 par le Général de Gaulle. Trois mois plus tard, le 24 octobre, à El Alamein, il tombera à la tête de ses hommes aux premières heures d'une bataille capitale qui, en quelques mois, va chasser définitivement Allemands et Italiens, libérer l'Afrique et préparer ainsi la libération de la France et de l'Europe.

Nous évoquons ici les qualités de l'homme et de l'officier qui nous a laissé à tous, et particulièrement à nous, officiers de la promotion Amilakvari, l'exemple de sa vie. S'incliner devant sa tombe au carré français du cimetière d'El Alamein où il repose parmi ses compagnons est un honneur et un devoir dont tous nos camarades saint-cyriens, individuellement ou en délégation, ne manquent pas d'accomplir lorsque leurs pas les conduisent en Egypte.

Notre présence ici prendra aussi tout son sens, dans le recueillement, en associant au souvenir de Dimitri Amilakvari, l'homme, celui de tous les siens, de son épouse disparue deux ans après lui, alors même que la 13ème Demi-brigade était lancée dans les combats de la Libération, de son fils Othar à qui nous avons rendu ici même il y a dix ans un dernier adieu, du comte Kinsky enfin. Au souvenir de l'officier, associons celui de ses hommes, de tous les Légionnaires et des 67 officiers de la promotion Amilakvari tombés comme lui, à son exemple, au service de la France ou de leur pays. Associons enfin dans nos prières tous ceux qui, à l'image de Dimitri Amilakvari, quelle que soit leur nationalité, à Bir Hakeim, à El Alamein, en France, en Géorgie ou en République tchèque, ont su conduire leur vie dans la droiture, la justice, l'amour des leurs et de leur Patrie.



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