Séminaire 2012 / 2013 : « Le Caucase entre les Empires (16e-21e siècles) » (EHESS)
2013-06-29

« Le Caucase entre les Empires (16e-21e s.). Impact des enjeux régionaux et des pratiques impériales sur les peuples, les Etats et les sociétés du Caucase ». Séminaire organisé par Claire Mouradian (DR CNRS, CERCEC)

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1er, 3e et 5e jeudis du mois, 10h à 12h, 1990-198 avenue de France, 75013 Paris, salle 1, RdC.

On continuera d'aborder la question des nationalités et la problématique des empires dans une perspective comparatiste, pluridisciplinaire et croisée, en dépassant les approches stato-centrées et ethno-centrées : étude sur la longue durée des luttes d'influence et des diverses pratiques impériales de gouvernement sur les nations du Caucase (notamment les conflits intra-caucasiens, les transformations sociales, les évolutions politiques, les mouvements de population, les répressions, etc.) ; comparaison des politiques des nationalités. On s'efforcera de croiser la vision des différents centres impériaux (russe, ottoman, iranien et États successeurs) et celles de la "périphérie" et d'étudier la circulation des hommes et des idées, le rôle et la place des Caucasiens dans les trois empires, les transferts culturels et les influences politiques réciproques, les représentations, les émigrations, les enjeux internationaux.

Programme



08.11

- Claire Mouradian, DR, CNRS-CERCEC : "Présentation du séminaire et d'ouvrages récents".

15.11

- Taline Ter Minassian, Professeur à l'INALCO : "Reginald Teague-Jones et la formation d'un système de renseignement britannique en Transcaspie (1918-1919)" (présentation de son ouvrage, Paris, Grasset 2012).

06.12

- Jean Radvanyi, Professeur à l'INALCO : "Makhatchakala-Groznyi si proches et si opposées. Impressions et analyses".

17.01

- Jacques Frémeaux, Professeur à l'Univ. de Paris IV-Sorbonne : "Campagnes russes du Caucase et campagnes des Français en Algérie : tentative de comparaison".

24.01

- Bruno Elie, chercheur indépendant (Anatolie, Caucase, Asie centrale) : "La Grande Guerre dans le Caucase (1914 - 1918) : protagonistes, objectifs, terrain, phases principales, évaluation tactique et stratégique".

31.01

- Joseph Yacoub, Professeur honoraire de l'Univ. catholique de Lyon : "Les Assyro-Chaldéens du Caucase : Passé et présent".

07.02

- Françoise Ardillier-Carras, Professeur à l'Univ. d'Orléans : "Arménie russe, Pierre Bonnet, un géologue français en Transcaucasie" (présentation de son ouvrage en coll. avec O. Balabanian, Limoges, Les Ardents éditeurs, 2012).

21.02

- Nona Shahnazarian, chercheur en anthropologie sociale, Center for Independent Sociological Research, St. Petersbourg : "Does Culture Affect Anti-corruption Measures? The Case of Georgia, Armenia and de facto Nagorno-Karabakh ?".

07.03

- Nona Shahnazarian, chercheur en anthropologie sociale, Center for Independent Sociological Research, St. Petersbourg : "Our Mountains Shall Feed Us!: The Structures of Everyday Survival in the War-time Karabagh".

14.03

- Moussa Basnukaev, Professeur à l'Université de Grozny: "La Tchétchénie contemporaine : ligne politique et méandres économiques".

21.03

- Yohann Morvan, chercheur associé au GERPHAU UMR CNRS/MCC 7218 LAVUE (Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement) : "Autour des Juifs de Quba".

25 avril

- Wladimir Bobrovnikov, chercheur à l'Institut d'études orientales, Académie des Sciences de Russie : "Le Jihad de l'imam Chamil et de l'émir Abd el-Qader dans l'imaginaire post-colonial russe et français".

16 mai

- Vazken Andreassian, Directeur scientifique-Adjoint de l'IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture): "Rivières et rivaux : les frontières de l'eau".

23 mai

- Aude Merlin, professeur à l'Université libre de Bruxelles, "Le Caucase du Nord : un étranger intérieur ?".

30 mai

- Anouche Kunth, doctorante à l'EHESS, "De la Catastrophe au chaos : mémoires paysagères de l'Arménie".

Remodelée par les imaginaires, l'empreinte du pays perdu en est venue à incarner, pour les Arméniens de la diaspora, ce là-bas reconnaissable entre tous - horizon ponctué de repères collectifs, mais également poussière, terre du meurtre et de l'expulsion des aïeux. Le regard ne peut ici contraindre le paysage à se mettre au format « carte postale » et à fournir un beau cliché nettoyé de ses os, poli de ses aspérités pour être consommé à loisir. En réalité, le paysage fait corps avec le génocide, perpétré naguère en s'aidant des ravines, des étendues désertiques et des cours d'eau où furent liquidés les déportés. Il reste asservi à un projet politique qui, depuis la Première Guerre mondiale, n'a eu de cesse de camoufler ou de travestir les traces d'un monde aboli dans une extrême violence. Pour les communautés de l'exil, là-bas est donc simultanément le berceau ancestral et la pâture du crime. Au pied du mont Ararat, pourtant, avait subsisté après la Grande Guerre un État arménien résiduel, d'une superficie de 30 000 km² à peine, intégré à l'Union soviétique en 1921. Au-delà des clivages qui divisèrent durablement la diaspora entre pro- et antisoviétiques, cette Arménie-là représentait pour tous l'ultime foyer national, épargné par l'extermination et l'exil. Territoire à géométrie variable, porteur en ses diverses parties de représentations antagonistes (anéantissement côté turc, survie nationale côté russe), l'Arménie offre-t-elle prise à une subjectivité commune, sinon à travers l'élaboration d'une certaine esthétique du chaos ?.



Pour en savoir plus


- [URL : http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2012/ue/730/].

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