Russie : l'apocalypse dans un bouchon de 190 km (décembre 2012)
2012-12-21

SOURCE le Point, lundi 3 décembre 2012 : "Les naufragés de la route, une circonstance météo particulière déjà rencontrée en France, a formé un bouchon de 190 km ce week-end en Russie, provoquant une grosse polémique".

Les critiques fusaient lundi contre les autorités russes, contraintes de reconnaitre leurs torts, après qu'un bouchon de 190 km dû à la neige a bloqué pendant trois jours la route Moscou/St-Pétersbourg et des milliers de conducteurs. "Ce qui s'est passé c'est une bonne leçon pour tous les services. Ils doivent travailler sur les routes et non dans des bureaux bien chauffés", a indiqué le ministre russe des Situations d'urgence, Vladimir Poutchkov, à la télévision russe. "Je demande d'en tirer les conclusions et que les routes soient correctement préparées, car l'hiver vient seulement de commencer", a-t-il ajouté.


Dès vendredi, des embouteillages monstres se sont formés sur la route de 700 kilomètres reliant Moscou à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), en raison de fortes chutes de neige. Selon le ministère des Situations d'urgence, le bouchon s'est étendu sur près de 190 kilomètres, paralysant, dans des températures avoisinant les -5° C, plus de 4.000 conducteurs, notamment dans la région de Tver. Les autorités ont affirmé avoir assuré un service de distribution de nourriture chaude et de secours médicaux sur la route, ainsi que des points où les gens pouvaient se réchauffer, mais M. Poutchkov a admis que cela n'avait pas toujours fonctionné.

Ravitailler les naufragés



"Nous avons eu des problèmes (...) pour assurer aux conducteurs de la nourriture, de l'eau et des médicaments", a-t-il dit. "Les systèmes visant à tenir informés les conducteurs n'étaient pas prêts", a-t-il également reconnu. Des volontaires ont dès lors dû venir en aide aux automobilistes, leur distribuant de la nourriture, de l'eau et des vêtements chauds.

"Qui est le coupable? Je pense que c'est le gouverneur qui doit être démis de ses fonctions", a indiqué un internaute sur le réseau social Vkontakte, l'équivalent russe de Facebook, où un groupe sur l'embouteillage a été créé.

"On a l'impression qu'il y a deux Russie. Celle des écrans de télévision, et celle de la réalité", a de son côté déclaré Valéri Voïtko, représentant d'un syndicat de routiers au site d'informations en ligne Gazeta.ru. Lundi, la situation était revenue à la normale, selon le ministère des Situations d'urgence.

Lors d'une réunion, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a également dénoncé la mauvaise gestion de l'incident et appelé à en tirer les conclusions en termes d'organisation. "Il est clair que les chutes de neige sont inévitables, mais il faut agir de manière opérationnelle et essayer d'empêcher ce genre d'embouteillages", a-t-il déclaré, selon l'agence de presse Ria Novosti.

Même son de cloche chez le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine, présent à la réunion: "De nombreux conducteurs se sont retrouvés sans vivres et sans carburant au milieu des forêts", a-t-il dit. "La route, disons, n'est pas européenne mais bien russe", a-t-il ajouté.