Le monastère géorgien d'Iviron (Mont Athos)
2012-12-18

Les monastères orthodoxes de la péninsule du Mont Athos, au nord de la Grèce, ont été généralement fondés par des ermites chrétiens chassés du Moyen-Orient par les conquêtes musulmanes.

Le monastère d'Iviron date du Xème siècle : il est une exception. Il tient son nom des Ibères, les habitants de la Géorgie orientale. Il occupe le 3éme rang hiérarchique des 20 monastères et est dédié à la Très Sainte Mère de Dieu, célébrée le 15 août du calendrier julien, c'est-à-dire le 28 août du calendrier grégorien (calendrier civil international).

Depuis 1045, une régle monastique stipule qu'aucune créature femelle n'est admise sur le Mont Athos. Selon certains récits, lors d'une tempête, la Vierge Marie et Jean l'Evangéliste furent contraints de trouver refuge au pied du monastère d'Iviron : le Mont Athos fut considéré comme le jardin de la Vierge Marie et l'entrée d'autres femmes fut interdit.

Des racines géorgiennes



Au début du Xème siècle, la proximité entre l'Empire byzantin et l'aristocratie géorgienne, lorsqu'elle concerne des militaires, s'explique par le front commun opposé aux conquêtes arabes. Elle s'explique aussi, lorsqu'elle concerne la religion, par l'appartenance à l'Eglise chalcédonienne.

Après avoir guerroyé aux côtés de l'armée byzantine, deux aritocrates géorgiens Jean Tornikios et Jean l'Ibère, cousins entre eux, se retirent au monastère de Lavra. L'Empereur Basile II, en butte à un général félon, demande l'aide de Jean Tornikos. Le moine géorgien ôte sa robe de bure et engage victorieusement le combat. En 979, il retrouve sa condition de moine, non sans avoir engrangé un fort butin, et obtient l'autorisation de fonder un monastère sur le Mont Athos : il s'appellera Iviron.

Avec l'appui de Basile II, ce monastère devient l'un des plus puissants. Des militaires géorgiens, ainsi que des aristocrates géorgiens viennent y faire retraite. En 1005, lorsque Jean l'Ibère meurt, le monastère d'Iviron est mis sous la protection de l'Empereur.

En 1029, Georges, le IIIème higoumène du monastère soutient un complot contre l'Empereur Romain III. Les moines géorgiens d'Iviron perdent la faveur impériale au profit des moines grecs. En 1041, l'Empereur Michel V tranche à nouveau en faveur des moines géorgiens. En 1061, l'intervention du roi de Géorgie Bagrat IV, et le mariage de sa fille avec l'Empereur Nicéphore III, facilitent l'attribution du statut de fondation impériale au monastère.

Durant plusieurs siècles, des moines géorgiens y vivent leur foi. Ils traduisent des textes grecs en géorgien, souvent aussi des textes traduits une première fois en arabe et retraduits par leurs soins en géorgien,

- confortant les bases de la vie monastique géorgienne jetées initialement par des pères syriaques,

- développant la langue écrite géorgienne,

- forgeant la nation géorgienne, "la Géorgie existe là où la liturgie s'exprime en langue géorgienne".

En effet, au XIème siècle, l'Eglise orthodoxe de Géorgie a abandonné la liturgie de Jérusalem au profit de la liturgie de Byzance, traduite en langue géorgienne.

Un monastère grec aujourd'hui



Il appartient à la République des monastères orthodoxes du Mont Athos, entité reconnue internationalement et placée sous l'autorité du Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Il accueille des moines de langue grecque et comptait moins de 100 religieux à la fin du siècle dernier.

Voir aussi



- [URL : 2724].

Source principale "Les Baseilis et les moines géorgiens d'Iviron" de Lucile Hermay :

- [URL : http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/Hermay_revue-2.pdf].