Serbie : état des lieux 2012 pour la francophonie (AFI)
2013-01-04

Ljiljana Matic, de l'Université de Novi Sad, propose dans l'édition 2012 de "L'Année francophone internationale" un état des lieux pour la Serbie : - politique, - économie, - culture.

Extrait : économie 2011



Faible croissance et récession



L'économie serbe n'a finalement que faiblement rebondi après la crise de 2008. la croissance du PIB n'aura été que de 1% en 2010 et 1,6% en 2011 en dépit d'un très encourageant premier semestre qui aurait pu laisser anticiper une reprise plus soutenue de l'activité. Techniquement, la Serbie est en récession après deux trimestres de contraction de PIB lors du second semestre 2011. Les perspectives économiques sur 2012 laissaient entrevoir au mieux une croissance faible de 0,5%.

Chômage à plus de 20%



Cette évolution s'est accompagnée d'une augmentation du chômage qui a largement crevé le plafond de 20% de la population active et par une forte contraction de la demande intérieure, et plus particulièrement de la consommation des ménages.

Investissements étrangers dans le secteur automobile



L'investissement a quelque peu repris en 2011 sous l'effet , en particulier, de l'implantation de Fiat sur le site de Kragujevac qui a attiré de fa9on significative des investisseurs étrangers.

Finances publiques soutenue par le FMI, avec prudence



Avec le soutien du FMI, plutôt accommodant depuis 2009, le gouvernement n'a pas totalement démérité sur le plan des finances publiques où il a contenu chaque année le déficit public entre 4 et 5% du PIB. Toutefois, il ne semble plus, depuis l'été dernier, inscrit dans la dynamique de réformes mais plus dans une logique très formelle de respect plus ou moins effectif d'indicateurs quantitatifs. Dans ces conditions, le FMI, désormais faiblement convaincu par la réelle sincérité des comptes serbes, a suspendu de facto en février 2012 l'accord négocié en septembre précédent.

Inflation maîtrisée



La politique monétaire est rigoureuse voire tâtillonne même si son impact est partiellement limité par la forte dépendance de l'économie serbe à l'utilisation de l'euro. Les fortes contraintes réglementaires pesant sur les banques et notamment leurs niveaux de fonds propres leur ont permis de faire face (à l'exception d'organismes mineurs) à la croissance inquiétante des prêts non performants qui approchent désormais 20% des encours. Après une forte poussée au premier semestre 2011, l'inflation a retrouvé fin 2011 un niveau acceptable (7%) guère éloigné de l'objectif de la Banque centrale.

Dette publique encadrée



La réforme de l'Etat sera une priorité du prochain gouvernement. Cela est nécessaire tant pour ramener les finances publiques à l'équilibre pendant la législature et ainsi contenir une évolution inquiétante de la dette publique qui a déjà dépassé le plafond de 45% du PIB défini par une loi de responsabilité budgétaire de 2010.

Article écrit avant le changement de majorité présidentielle (élection du "nationaliste" Tomislav Nikolic contre le "pro-européen" Boris Tadic, sortant) et le changement de majorité gouvernementale (nomination du "socialiste" Ivica Dacic, après un accord avec les "nationalistes") en 2012.

Pour en savoir plus [URL : 4007].