UE ou Russie : l'Ukraine pour l'union libre ! (décembre 2012)
2013-03-14

E-Review Ukrainian Business Press : éditorial décembre 2012



A l'orée de cette nouvelle année, le gouvernement ukrainien continue de chercher à répondre à une problématique qui semble pourtant bien compliquée : Union européenne et Union douanière ou comment tirer profit de deux blocs aux intérêts géopolitiques opposés ?

Si l'on regarde cette question d'un point de vue strictement économique, il est demandé à l'Ukraine de choisir entre ses deux principaux partenaires commerciaux et économiques : la Russie sous la forme d'une intégration à l'Union douanière et l'Union européenne sous la forme d'un Accord d'association, tous deux impliquant, entre autres choses, la création d'une zone de libre-échange ou son équivalent.

Quelque soit l'hypothèse retenue, les bénéfices dégagés par le rapprochement avec l'une de ces Unions ne compenserait pas les préjudices causés par la détérioration de ses relations avec l'autre Union.

Ainsi, entre Union douanière et Union européenne, l'Ukraine préfère l'union libre : partenariat économique privilégié avec ces deux blocs sans prise de position géopolitique et sans ingérence dans la politique nationale du pays. Mais ces vœux ont un avenir incertain. La recherche d'un point d'équilibre entre Orient et Occident est la question éternellement contemporaine de la nation ukrainienne.

Si la nation ukrainienne est restée sans État pendant près de 10 siècles, c'est justement parce que pendant près de 10 siècles elle n'a pas su (ou pu) répondre à cette question. Les richesses, le potentiel et la position stratégique de ses terres ont amené la nation ukrainienne à s'attirer ou subir les faveurs de l'un pour se défendre de l'autre. Elle a ainsi vu sa souveraineté et son territoire passer de mains en mains, et se partager entre le Grand duché de Lituanie, la Pologne, l'Empire austro-hongrois, la Russie, la Roumanie, l'Union Soviétique.

La question brûlante de l'identité ukrainienne est une conséquence directe de ce ballotage séculaire entre Est et Ouest. L'identité ukrainienne, si tant est qu'elle puisse être définie, n'est ni strictement européenne, ni strictement russe contrairement à ce que certains politiques européens, russes et ukrainiens peuvent parfois vouloir laisser entendre, elle est un mélange complexe et hétérogène des deux.

Par conséquent, le choix auquel doit faire face l'Ukraine est plus qu'un choix économique, qu'un choix de politique étrangère ou qu'une question de souveraineté nationale : il relève aussi de la question identitaire. Choisir telle ou telle Union amputerait la nation ukrainienne de l'une de ses composantes identitaires fondamentales.

Or, s'il semble que l'Europe se contenterait bien d'un partenariat privilégié avec une Ukraine qui resterait une zone tampon à sa frontière, la Russie, quant à elle, ne cache pas ses vues sur l'Ukraine. Elle ne cesse de resserrer son étau sur une économie trop russo-dépendante en utilisant ses armes préférées de conviction-massive : gaz et embargo.

Selon toute vraisemblance, cette question ne trouvera d'issue ni en 2013, ni en 2014. En fait, elle ne sera pas résolue avant la fin du mandat présidentiel, c'est à dire en 2015. Elle ne restera pas pour autant en suspens. Le gouvernement devra savoir faire valoir le soft-power européen en modernisant avec son aide l'économie, trouver une sortie honorable au conflit gazier et commercial qui l'oppose à la Russie et développer ses relations commerciales avec des pays tiers afin d'assurer sa souveraineté économique.

Alors et seulement alors, l'Ukraine pourra nouer des unions libres et retrouvera les conditions de la Rus Kiévienne, époque où le berceau de la nation ukrainienne à la croisée des chemins, était l'un des états les plus puissants et les plus rayonnants d'Europe.

Pour en savoir plus



Consultez la E-Reviw Ukrainian Business de décembre 2012

L'Ukraine pour l'union libre

: pages 4 à 9

- Il est nécessaire de coopérer avec l'Union douanière
- Manoeuvrer ou capituler
- Le Parlement européen a laissé un espoir à l'Ukraine
"Les devoirs à la maison" du Parlement européen
- L'Europe dans l'expectative
- Ianoukovitch a tenu ferme, Zoubarov a proposé, Barroso a promis
- Intégration européenne : il faut éviter tout ralentissement.

Economie

: pages 10 à 14

- Les impôts en ligne
- InvestUkraine a interrogé les investisseurs
- L'eau à la bouche ... ou tour d'horizon du marché de la confiserie
- Marché bancaire : un témoignage de première main.

Tendances

: pages 15 à 17

- Lougansk : explorer la ville en deux heures
- l'éléphant de Loutsk - couleur caméléon !

Voir : [URL : http://www.odaess-consulting.com/media/5017/e-review_decembre.pdf]

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Note



Emmanuel de Bettignies est responsable d'Odaessa-Consulting. Téléphone : + 38 06 38 54 69 36. Adresse : Vulitsa Malaya Arnautskaya, Bud 88, Kv 10, 65 007 Odessa, UKRAINA.

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