Mot de départ du Ministre Conseiller de la Géorgie à Paris, Gocha Javakhishvili (février 2013)
2013-12-11

Chers amis,

L'heure émouvante du départ approche et je vais prendre congé de Paris, de mes amis, de mes collègues et interlocuteurs avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir et d'intérêt à travailler pendant ces 4 dernières années. Ceux qui me connaissent savent très bien que la France n'a jamais été pour moi un pays lointain, une contrée exotique. J'ai toujours entretenu un lien très étroit avec ce beau pays, qui au-delà des sentiments reste à mes yeux la patrie des valeurs, des grands personnages, des femmes libres et des hommes courageux. Je n'aurai de cesse de ne jamais m'en lasser. Cet attachement à la France gouvernera certainement toute mon existence.

J'aurais représenté la Géorgie, première patrie, pendant toutes ces années dans ma seconde patrie, la France. Il est inutile de vous dire le bonheur que j'éprouverai si je pouvais observer à l'avenir la continuité de tous les dossiers que nous avons entamés. Le fait qu'il reste encore beaucoup à faire pour que les échanges entre nos pays soient à un niveau souhaitable reste pour moi un défi, un engagement sans relâche. Et c'est avec cette volonté de pérennité que je retourne dans mon pays qui me manque pour y faire perdurer et vivre la francophonie. Plus qu'une mission d'espoir, je mettrai un point d'honneur, une ferveur qui m'est propre comme à tout amoureux qui n'abandonne pas, de conserver nos relations et de garder le contact avec vous tous et avec ce pays passionnant à la langue d'une richesse infinie et aux multiples visages.

J'espère que le dossier de la rétrocession du Château de Leuville-sur-Orge avancera et que nous pourrons faire de ce lieu un Centre Culturel et un symbole de l'amitié franco-géorgienne. Ce centre donnera naissance à des nouveaux projets culturels pour promouvoir notre culture et sceller davantage les liens historiques entre la France et la Géorgie.

Paris restera toujours pour moi une fête qui ne finit pas, avec ses moments inoubliables et ses matins difficiles, ses regrets et ses heures grises qui nous tenaillent car l'on n'a jamais fait assez, et qu'il faut vite s'investir pour que bouillonnent à nouveau les idées, que l'action ne s'arrête pas et que naissent de nouvelles relations et de nouveaux projets d'avenir. Je garde au fond du cœur des moments ineffables de Paris et de la France. Et ces instants ne resteront pas ancrés aux registres de la nostalgie mais seront bien le terreau qui me rendra fidèle et me fera revenir. Je n'oublierai pas la magie de ce pays et la chaleur de ses habitants, ni sa culture unique et ses nombreux spectacles et tout ce qui fait que l'on s'y attache. J'aurais aimé faire davantage mais cet amour grandissant à la France, j'en suis sûr, ne fait que commencer.

Dans cette aventure qui est loin de s'achever, je tiens à remercier plus particulièrement les diplomates français qui ont soutenu nos projets et ont contribué à ce que la Géorgie soit un peu plus connue en France. Je n'oublie pas non plus les Géorgiens de France qui sont restés fidèles et qui ont toujours fait preuve par amour exemplaire pour leur patrie de bien s'adapter et de s'intégrer parfaitement en France. Par leurs efforts constants, ils ont ainsi véhiculé et largement soutenu l'image de la Géorgie en France. Je tiens à remercier tous mes compatriotes qui travaillent en France à l'exemple des artistes, des musiciens et des sportifs Géorgiens, mais aussi les étudiants dont beaucoup d'entre eux sont mes anciens élèves qui ont su me faire confiance et à qui j'ai pu transmettre l'amour de la France. Enfin, je ne saurai comment remercier celles et ceux avec qui j'ai eu le plaisir de travailler au quotidien et qui me sont restés solidaires et prévenant durant ma mission.

Vous savez que vous avez un ami qui vous apprécie et qui vous attend en Géorgie.

Gocha Javakhishvili, Ministre Conseiller, Ambassade de Géorgie en France.