Azerbaïdjan : communiqué de la Représentation permanente auprès du Conseil de l'Europe (anniversaire des évènements de Khodjali)
2013-02-25

21ème anniversaire de la tragédie de Khodjali



L'instabilité du Caucase du Sud est liée à l'existence des foyers de conflits, potentiellement explosifs. Il en est aussi pour le conflit armé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan qui prend un caractère interétatique après la dissolution de l'URSS.

L'Arménie, soutenue par l'armée soviétique disloquée dans la région, a occupé 20% du territoire de l'Azerbaïdjan, y compris le Haut-Karabagh, le berceau historique et culturel de l'Azerbaïdjan. Cette situation a provoqué un flux de réfugiés ; plus d'un million de personnes sont devenues réfugiées ou déplacées à l'intérieur de leur propre pays et attendent toujours de retourner dans leurs foyers. Des négociations sur le règlement pacifique du conflit sont menées depuis 1992 dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, coprésidé par les Etats-Unis, la France et la Russie, qui n'a donné lieu jusqu'à présent à aucun résultat tangible.

Les organisations internationales ont unanimement condamné cette agression. Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, confirmant l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, a condamné en 1993 l'occupation du Haut-Karabagh et des régions avoisinantes azerbaïdjanaises et exigé le retrait des troupes d'occupation arméniennes. A cet égard, le Conseil de Sécurité a adopté, en 1993, quatre résolutions (n° 822, 853, 874, 884). Toutefois, aucune de ces résolutions n'est respectée en l'absence des mesures réelles qui devraient accompagner leur application.

Le conflit du Haut-Karabagh, éclaté en 1988, s'est traduit par des exactions et atrocités sanglantes. La ville de Khodjali au cœur du Haut Karabagh, aussi nommée « la Srebrenica du Caucase » est exemplaire pour ces exactions car dans la nuit du 25 au 26 février 1992, elle a été radiée de la carte par les forces arméniennes, avec le soutien direct des unités du 366ème régiment motorisé d'anciennes troupes soviétiques. Au total, 613 civils ont été assassinés dont 106 femmes, 83 enfants et 70 personnes âgées. 1275 personnes civiles ont été faites prisonnières. Avant Srebrenica, le monde a assisté au massacre de la population de Khodjali. A la fin du XX siècle, de telles horreurs sont inadmissibles. Le Conseil de l'Europe prône le caractère sacré de l'homme qui est unique et ses droits sont indivisibles. Un jugement unique s'impose aussi à l'égard de toutes ces tragédies humaines...

Les victimes de la tragédie de Khodjali n'ont toujours pas obtenu justice malgré les 21 ans passés.

De plus, tant que les puissances et les organisations internationales ne parviendront pas à un consensus ou à une coexistence pacifique, les tensions ne s'apaiseront pas et continueront à pénaliser le développement économique du Caucase du Sud et l'intégration de ces pays dans la grande famille européenne.

L'agression du territoire de l'Azerbaïdjan et le massacre de la population de Khodjali sont des actes criminels selon le statut de la Cour Pénale Internationale, mais le laxisme de la Communauté internationale laisse présager une discrimination à l'égard des peuples, ce qui est contraire à l'esprit de l'humanité.

L'Azerbaïdjan manifeste sa détermination pour une solution pacifique de ce conflit dans le cadre de son intégrité territoriale et sur la base des principes du droit international. Il appelle aussi la communauté internationale à prendre une position ferme face à une telle situation inacceptable
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Communiqué publié sous la responsabilité de ses auteurs

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