Géorgie : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-28

Points forts :
- Soutien de l'aide financière internationale
- Position géographique stratégique (point de passage du pétrole et du gaz de la mer Caspienne)
- Politique favorable aux investisseurs étrangers.

Points faibles :
- Faible diversification économique
- Déficits courants structurels
- Pauvreté importante et taux de chômage très élevé en zones urbaines
- Tensions persistantes avec la Russie
- Incertitudes politiques intérieures


Une croissance très dépendante des conditions extérieures



En 2013, un environnement extérieur toujours dégradé pèsera sur l'activité. La faible croissance européenne affectera le commerce extérieur, dont la contribution à la croissance sera négative. La consommation privée restera le principal moteur à la croissance. En 2012, celle-ci a bénéficié de la baisse des prix des matières premières et des biens alimentaires, notamment à la suite de la levée des embargos russes et ukrainiens sur le blé en juillet 2011, qui a contribué au fort recul de l'inflation. La banque centrale avait alors assoupli sa politique monétaire pour soutenir la demande intérieure et ainsi contribué à éviter une déflation. Mais après 10 baisses successives du taux directeur depuis juillet 2011, la tendance devrait s'inverser. En effet, une sécheresse a altéré les récoltes de céréales des pays de la CEI, relançant les pressions inflationnistes en 2013. Celle-ci laisse aussi craindre une dégradation des transferts des travailleurs expatriés, (notamment en provenance de Russie), qui représentent près de 10% du PIB. Enfin, le secteur financier, la construction, l'industrie manufacturière et le tourisme enregistreront de bons résultats dans la tendance de 2012.

La situation financière reste fragile



La faiblesse des exportations engendre un déficit commercial significatif et, de fait, un déficit courant que les IDE et les transferts ne couvrent que partiellement. Dès lors, l'aide financière internationale est primordiale pour répondre au besoin de financement de l'économie. Le FMI a renouvelé son accord de confirmation en mars 2012, pour une durée de 2 ans, alors que les premiers remboursements du précédent accord ont débuté cette année. Sur le plan des finances publiques, le solde primaire est excédentaire, signe d'une bonne maîtrise des finances publiques. Une collecte des impôts plus efficiente devrait permettre de l'améliorer. Enfin, le secteur bancaire souffre d'un niveau toujours élevé de créances douteuses et d'un taux de dollarisation des prêts et dépôts de l'ordre de 70%, d'où une forte exposition au risque de change. Cependant, la progression des réserves de change en 2012, en raison de versements privés soutenus, permettra d'assurer la stabilité du lari en 2013.

Un environnement géopolitique toujours risqué



Jusqu'aux élections législatives d'octobre 2012, le régime géorgien était marqué par une forte concentration des pouvoirs entre les mains du président Mikheil Saakachvili. Porté à la tête du pays au lendemain de la « Révolution rose » en 2003, l'actuel président a été réélu pour un second mandat en 2008.

Les élections législatives voient opérer un changement du pouvoir avec la victoire de la coalition d'opposition, le « Rêve géorgien », portée par l'influent homme d'affaires Bidzina Ivanichvili, qui a de ce fait été nommé premier ministre. Ces élections revêtent une importance particulière du fait de la modification de la Constitution, qui entrera en vigueur après les élections présidentielles d'octobre 2013, accroissant les pouvoirs du Parlement. La nouvelle majorité doit néanmoins parvenir à fédérer une coalition disparate, regroupant l'ensemble des opposants au régime du président, afin d'éviter tout blocage politique. La formation de cette alliance hétéroclite n'a en effet été possible que par la confection d'un programme conciliateur. La répartition du pouvoir restera incertaine jusqu'aux élections présidentielles. Des tensions pourraient en effet émerger de la cohabitation avec le président Mikheil Saakachvili qui ne pourra briguer un troisième quinquennat conformément à la Constitution, d'autant plus que le nouveau gouvernement s'est lancé dans une vague d'arrestations d'anciens responsables politiques et militaires, qui constituent désormais l'opposition, déclenchant l'ire des institutions internationales.

Sur le plan extérieur, la Géorgie a finalement retiré son véto à l'adhésion de la Russie à l'OMC en novembre 2011. Cette avancée a été permise suite à l'adoption d'un accord sur l'intervention d'une société privée neutre contrôlant les frontières commerciales entres les régions indépendantistes d'Ossétie du Sud est de l'Abkhazie. Toutefois, le risque d'une nouvelle confrontation entre les deux pays demeure important. La Géorgie est devenue le premier contributeur non membre de l'OTAN, devant l'Australie. Le premier ministre Bidzina Ivanichvili souhaite en effet intégrer l'organisation, ce qui pourrait déclencher les foudres de la Russie. Enfin, le climat des affaires géorgien est l'un des plus favorables au monde, classé à la 9ème place par la Banque Mondiale.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/G%C3%A9orgie?extraUid=571853].