Arménie : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-28

Points forts :
- Soutien financier de la communauté internationale
- Assainissement en cours des finances publiques
- Amélioration de l'environnement des affaires.

Points faibles :
- Déficits courants structurellement élevés
- Enclavement géographique
- Forte dépendance à l'égard de la Russie (IDE, transferts et exportations)
- Risque de conflit avec l'Azerbaïdjan.



Une croissance moins vive



Les performances économiques de l'Arménie ont été meilleures que prévu en 2012. Très dépendante de l'économie russe (notamment en termes de transferts des expatriés) qui résiste plutôt bien, l'économie arménienne devrait rester relativement préservée du ralentissement de la zone euro en 2013.

La croissance devrait toutefois être ralentie par une progression plus lente du crédit qui bridera l'investissement privé. La consommation, soutenue par les mesures budgétaires, continuera à tirer la croissance. Les conditions climatiques moins favorables contraindront la production agricole, alors que les secteurs minier (cuivre, aluminium), manufacturier (construction mécanique) et celui des services resteront porteurs.

La hausse des prix alimentaires, accentuée par la sècheresse estivale qui a touché la Russie, le principal fournisseur de céréales du pays, ainsi que celle du coût de l'énergie renforceront les tensions inflationnistes. La Banque Centrale conserve son objectif de taux d'inflation (4% ±1,5%) et devrait maintenir son taux de refinancement, inchangé depuis septembre 2011.

Des efforts de consolidation budgétaire et de maîtrise de déficit courant



Le gouvernement poursuit son programme d'assainissement des finances publiques. Les dépenses, réorientées en faveur des programmes sociaux et de la revalorisation des retraites au détriment des dépenses d'équipement, restent contenues grâce au gel des salaires. Le report sur 2013 d'investissements d'infrastructure (projet d'autoroute) non réalisés en 2012 pourrait conduire à une légère progression du déficit, les réformes visant notamment à réduire l'évasion fiscale et améliorer la collecte de TVA en limitant l'ampleur. Cet effort de consolidation budgétaire est nécessaire pour stabiliser la dette publique qui a plus que doublé depuis 2008 (de 16% à 42% du PIB) et dont 80% est libellé en devises.

Le déficit courant s'est stabilisé en 2012. Malgré un léger repli attendu en 2013 sous l'effet du raffermissement des cours des principaux produits d'exportation (métaux, minerais), il restera à un niveau élevé. Les importations resteront soutenues par l'augmentation de la demande des ménages. Les transferts des travailleurs expatriés (majoritairement en Russie) progresseront modestement. Les flux d'IDE s'affaiblissent (fin des programmes de privatisation, prudence des investisseurs à l'égard d'un pays soumis à des tensions avec ses voisins) et les flux d'investissements de portefeuille sont négatifs. Le recours à l'endettement est donc inévitable pour couvrir le besoin de financement de l'économie. La dette externe, détenue essentiellement auprès des bailleurs multilatéraux et de la Russie, est en forte augmentation, avoisinant désormais 70% du PIB (30% en 2008).

Les interventions de la Banque centrale pour limiter la volatilité du dram, qui a perdu 7% de sa valeur au premier semestre 2012, réduisent les réserves du pays. Le secteur bancaire paraît stabilisé. Les créances douteuses sont en nette diminution, de nouvelles règles prudentielles renforcent les exigences de capitalisation mais, très dollarisé, il est exposé au risque de change.

Un environnement géopolitique à risque



Le parti du Président Serzh Sargsyan, Parti Républicain d'Arménie (PRA), a remporté la majorité absolue des sièges de l'Assemblée Nationale en mai 2012. Malgré quelques mouvements de protestation organisés par le parti d'opposition (Congrès National Arménien-CNA), les violences qui avaient marqué le scrutin présidentiel de 2008 ne se sont pas reproduites. La situation politique intérieure semble donc stabilisée mais des tensions pourraient réapparaître à l'approche des élections présidentielles de février 2013.

Les négociations avec l'Azerbaïdjan sur le statut de la région du Haut-Karabagh demeurent dans l'impasse. Les relations se sont encore tendues début septembre 2012 après la décision des Autorités azerbaïdjanaises de gracier et de promouvoir un officier condamné pour le meurtre d'un militaire arménien. Le risque de conflit armé reste élevé, alors que les budgets militaires des deux pays sont en forte hausse depuis 2010.

Par ailleurs, la Turquie, allié historique de l'Azerbaïdjan, conditionne la normalisation de ses relations avec l'Arménie à la résolution de la situation au Haut-Karabagh. Aucune avancée majeure n'est attendue dans les prochains mois sur le plan des relations turquo-arméniennes.

Des progrès ont été réalisés en matière de gouvernance (protection des droits de propriété, clarté de la réglementation), mais la corruption et les liens étroits qu'entretiennent les élites politiques et économiques valent à l'Arménie de figurer parmi les pays les moins bien classés selon Transparency International (129ème rang sur 182).

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Arménie?extraUid=571809].