Kazakhstan : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Ressources naturelles abondantes et diversifiées (pétrole, gaz, uranium et fer)
- Augmentation prévue des exportations pétrolières grâce à l'exploitation du gisement de Kashagan
- Abondance des Investissements directs étrangers
- Positionnement stratégique entre l'Asie et l'Europe.

Points faibles :
- Fragilité du système bancaire
- Lacunes persistantes du cadre juridique et institutionnel
- Risque d'instabilité politique en cas de succession précipitée du Président Nazarbaïev.

Prépondérance du secteur pétrolier



En 2012, le Kazakhstan a affiché une croissance robuste qui devrait se maintenir en 2013. La consommation privée restera la principale contribution à l'activité, tirée par l'augmentation du revenu disponible grâce à la hausse de 16% des dépenses publiques prévue dans la loi budgétaire 2012-2014. Le démarrage de la production du champ pétrolier de Kashagan (courant 2013) et le maintien du cours du baril à un niveau élevé permettront de soutenir les exportations qui demeureront une composante majeure de la croissance. Les services bénéficieront du dynamisme de la demande des ménages. La production industrielle connaîtra un rebond dans un contexte de reprise modérée du crédit au secteur privé et de baisse du taux de refinancement décidé par la banque centrale en août 2012. Le développement du secteur minier continuera à être soutenu par les flux d'investissements étrangers, notamment chinois. La hausse des prix des biens alimentaires, conséquence de la sécheresse estivale dans la région, entraînera une légère accélération de l'inflation qui devrait néanmoins rester dans la zone cible de 6-8% fixée par la banque centrale (NBK).

Un risque souverain contenu, mais un secteur bancaire toujours fragile



Le déficit budgétaire hors pétrole est largement compensé par les transferts du fonds national pétrolier (NFRK), permettant à l'Etat kazakh de dégager un excédent qui se stabilisera en 2013. Les recettes publiques (27% du PIB) profiteront de la hausse des taxes pétrolières liée à la mise en service du champ de Kashan. Les recettes hors pétrole devraient également progresser grâce à l'amélioration de la collecte fiscale et au dynamisme de l'activité. L'augmentation des dépenses publiques (22% du PIB), toujours orientées vers les dépenses sociales mais aussi les investissements en vue de la diversification de l'économie, ne remettra pas en cause la solidité des finances publiques. La dette publique restera largement soutenable, d'autant que l'expérience du second défaut de BTA début 2012 a confirmé le refus de l'Etat kazakh de garantir la dette des banques, même si elles sont détenues par des entités publiques.

L'excédent courant, qui reste confortable, devrait se réduire en 2013 sous l'effet de la hausse des importations, tirées par la consommation des ménages. Le ralentissement de la zone euro ne devrait pas affecter la progression des exportations, notamment celles d'hydrocarbures (plus de 60% du total) en 2013. Néanmoins, les rapatriements de bénéfices, liés au besoin de liquidités des entreprises dans un contexte économique international dégradé, pourraient fragiliser les comptes extérieurs. Le Kazakhstan reste donc exposé aux chocs externes, mais ses réserves de change (5 mois d'importation) lui assurent une marge de manœuvre conséquente en termes de liquidités.

Malgré les restructurations de BTA, Temir et Alliance en 2010, le secteur bancaire demeure la principale fragilité de l'économie, comme l'a montré le second défaut (en deux ans) de BTA en janvier 2012. La qualité des portefeuilles continue à se dégrader et la capitalisation reste insuffisante. Les risques de nouveaux défauts demeurent à surveiller.

Un scénario du type « printemps arabe » peu probable à court terme



Le pays est dirigé depuis sa création (1991) par Noursultan Nazarbaïev. Les élections législatives de janvier 2012 ont confirmé la position dominante de son parti (Nur Otan), le scrutin n'ayant cependant pas été jugé démocratique par les observateurs internationaux. Le mécontentement croissant face à la corruption et à une pauvreté élevée au regard des performances économiques, alimentent les tensions, comme en témoignent les troubles sociaux qui ont éclaté dans la région de Zhanaozen en décembre 2011. Toutefois « la manne pétrolière » a permis à l'Etat d'améliorer le niveau de vie moyen de la population et de réduire les inégalités, conférant au Président une popularité qui éloigne, à ce stade, le risque d'une contestation de type « printemps arabe ». Malgré tout, l'état de santé de N. Nazarbaïev fait peser des incertitudes sur la stabilité politique, en raison du risque de conflits qui pourraient éclater entre les différentes factions du pouvoir, si sa succession était précipitée.

Les négociations en cours pour l'adhésion à l'OMC pourraient améliorer un environnement des affaires handicapé par l'ingérence de l'Etat dans l'économie, des lacunes en matière d'efficacité des institutions, de respect des lois, mais surtout un niveau de corruption qui place le pays au 180ème rang (sur 212) pour cet indicateur de Gouvernance de la Banque Mondiale. Mais les richesses du sous-sol kazakh continueront d'attirer les investisseurs, particulièrement en provenance des pays émergents.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Kazakhstan?extraUid=571873].