Kirghizstan : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Ressources minières (or)
- Vaste potentiel hydroélectrique
- Soutien financier des donateurs bilatéraux et multilatéraux
- Position géographique permettant de jouer un rôle d'intermédiation dans les échanges entre l'Asie et la CEI.

Points faibles :
- Faible diversification de l'économie très dépendante de la production aurifère et des transferts des expatriés
- Pays enclavé, importateur de pétrole
- Environnement des affaires difficile en raison d'une forte concentration du pouvoir économique et de la corruption
- Situation politique et sociale fragile, tensions régionales entre Nord et Sud du pays.

Une croissance dépendante de la production aurifère



La croissance a été profondément affectée en 2012 par le ralentissement économique mondial, de médiocres récoltes mais surtout par une contraction de la production aurifère, principal moteur de l'activité du Kirghizstan. Des grèves en début d'année et des problèmes d'exploitation dans la principale mine d'or du pays, Kumtor, dont la production contribue à 12% du PIB expliquent cette baisse. La reprise de la production et le maintien d'un cours élevé, permettront un rebond de la croissance en 2013. Les transferts des expatriés (plus 30% du PIB), provenant essentiellement de Russie, resteront élevés et contribueront à soutenir l'activité. Les dépenses sociales, la progression des salaires et des retraites favoriseront la consommation.

L'inflation a nettement ralenti en 2012 sous l'effet d'une politique monétaire plus restrictive. Les pressions à la hausse devraient rester fortes en 2013, la sécheresse qui a frappé la région (notamment le Kazakhstan, important fournisseur de blé) renchérissant le prix des biens alimentaires tandis que les cours du pétrole resteront élevés. L'objectif de 8% fixé par le Banque centrale (NBKR) devrait toutefois être respecté.

Un déficit budgétaire entretenu par une politique de dépenses sociales



Le déficit budgétaire s'est creusé en 2012. La progression des rentrées fiscales a été entravée par la forte baisse de la production d'or et des transferts officiels (le Kirghizstan n'ayant pas respecté toutes les conditions permettant le déblocage de fonds), alors que les dépenses ont continué à progresser rapidement. Le déficit devrait se réduire graduellement en 2013 à la faveur de la reprise de la production d'or et du déblocage des dons, mais de l'amélioration de la collecte fiscale. La politique budgétaire restera ciblée sur les mesures contra cycliques de soutien à l'économie et les dépenses sociales (santé, éducation).

Le poids du service de la dette sera allégé grâce aux annulations de dette accordées en 2012 par la Russie (189 Mds$) et la Turquie (49 Mns$). L'endettement public est stable et essentiellement à termes concessionnels, limitant le risque de surendettement.

Le poids des importations pèse sur le solde courant



La dépendance du pays aux importations de produits dont les cours sont élevés (pétrole et biens alimentaires) est le principal facteur expliquant le déficit courant. En 2012, le montant des importations représente près du double de celui des exportations, affectées par la baisse des volumes de production d'or (25% du total des exportations). Le rebond attendu grâce à la reprise dans la mine de Kumtor, conjuguée au maintien de cours élevés du métal précieux, permettront une progression des recettes d'exportation en 2013. En outre, la bonne tenue des transferts des expatriés devrait contribuer à réduire le déficit courant, malgré des importations qui demeureront élevées. Les flux d'IDE devraient rester limités en 2013 en raison du ralentissement économique dans la zone euro mais aussi de la fragilité de la situation politique.

Une situation politique fragile



La coalition qui dirigeait le pays depuis octobre 2011 s'est effondrée en août 2012. Un nouveau gouvernement a été constitué dès septembre 2012. La nouvelle coalition dispose d'une majorité réduite à l'Assemblée (69 des 120 sièges) et les rivalités politiques, qui reposent sur des clivages régionaux et ethniques, font peser une incertitude sur l'évolution politique et sociale du pays. Le parti d'opposition nationaliste, qui réclame la nationalisation de la mine de Kumtor, a ainsi été à l'origine de violents mouvements de protestation dans la capitale en octobre 2012. En outre le pays souffre de tensions inter-ethniques persistantes dans les provinces du Sud entre Kirghizes et Ouzbèkes (14% de la population) et de nouvelles violences ne sont pas à exclure dans cette région.

Le Kirghizstan se tourne clairement vers la Russie. Avec la perspective de l'adhésion de son pays à l'Union douanière Russie-Kazakhstan-Biélorussie, le Président Atambayev a accepté le maintien de la présence militaire russe sur son territoire jusqu'en 2032. L'accord autorisant jusqu'en 2014 la présence militaire américaine sur la base de Manas pourrait en revanche ne pas être renouvelé.

Un environnement des affaires peu performant malgré les efforts pour l'améliorer
Les Autorités prennent des mesures pour améliorer la gouvernance et l'environnement des affaires, la qualité et l'efficacité des services publics, renforcer les droits de propriété et lutter contre la corruption. Le parlement a ainsi voté en août 2012, une nouvelle loi prévoyant une implication plus importante de la société civile dans la lutte anticorruption. Mais la réglementation est peu respectée par les autorités administratives.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Kirghizistan?extraUid=698188].