Albanie : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Endettement extérieur limité
-Efforts d'investissement, notamment dans les infrastructures
- Faible inflation
- Perspective proche d'intégration à l'Union Européenne.

Points faibles :
- Faiblesse des infrastructures, notamment énergétiques
- Dette publique et déficit courant préoccupants
- Déficience du système judicaire et de la lutte contre la corruption
- Dépendance commerciale et financière à l'égard de la zone euro (notamment Italie et Grèce.

Une économie affaiblie par la crise de la zone euro



Après avoir solidement résisté à la récession européenne de 2009, l'Albanie a connu en 2012 une décélération marquée de la croissance, principalement en raison de l'impact de la récession de la zone euro, destinataire de 80% des exportations et premier investisseur. La consommation des ménages s'est trouvée affaiblie par la diminution des transferts des expatriés, vivant principalement en Italie et en Grèce. La persistance des difficultés de l'environnement externe, corrélée à une consommation des ménages morose et à une croissance du crédit ralentie continueront de peser sur la croissance en 2013. Les taux d'intérêt de la banque centrale sont historiquement bas afin de stimuler les prêts et la consommation, sans générer pour l'instant de résultats concluants. Ces initiatives pourraient se poursuivre en 2013 si la demande interne venait à être toujours ralentie.

Du côté de l'offre, l'affaiblissement du secteur de la construction entrevu en 2012 devrait se poursuivre en 2013, faute d'une demande interne suffisante. Le secteur bancaire demeure robuste mais vulnérable à toute propagation de la crise bancaire européenne, eu égard à la prépondérance des filiales de banques européennes dans le système albanais.
Par ailleurs, les investissements étrangers sont affectés par un climat des affaires parmi les moins favorables de la région, avec une corruption marquée, ce constat s'ajoutant aux insuffisances de l'approvisionnement en électricité et à la faiblesse des infrastructures.

Enfin, comme en 2012, l'inflation demeurera contenue en 2013 en raison d'une demande intérieure toujours morose et de prix mondiaux des matières premières stables.

Des déficits budgétaires et extérieurs élevés mais stables



Le déficit budgétaire restera marqué et relativement stable. Les recettes, notamment de TVA, ne seront que faiblement en hausse compte-tenu de la croissance modeste enregistrée. Certaines dépenses continueront à être réduites, mais celles liées aux élections accroitront légèrement le déficit en 2013. Ce déficit est financé principalement par des banques commerciales et le pays n'envisage pas pour le moment de recourir à l'aide du FMI, même si les capacités de financement domestique se réduisent peu à peu. Quelques privatisations, notamment de la compagnie pétrolière Albpetrol en 2012, permettent d'améliorer les recettes. Le pays profite de prêts annuels de la Banque Mondiale, notamment pour soutenir le secteur de l'électricité.

Le gouvernement a annoncé fin 2012 la suppression du seuil maximal de dette publique, équivalant à 60% du PIB. Ce seuil a déjà été dépassé fin 2012, ce qui, derechef, accroît la vulnérabilité du pays.

Du côté des comptes extérieurs, la crise majeure traversée par les deux premiers partenaires commerciaux de l'Albanie, la Grèce et l'Italie, a largement freiné la croissance des exportations en 2012. Ce constat devrait persister en 2013. Cela pousse le pays à réorienter ses exportations, notamment vers les Balkans, la Turquie et la Chine. Néanmoins, le déficit commercial se réduit légèrement avec le ralentissement de la demande interne, limitant les importations. Les transferts ont chuté en 2012, affectés par les difficultés des pays d'accueil des travailleurs albanais et devraient se stabiliser en 2013.

Un contexte politique compliqué



La situation politique albanaise reste dominée par les perspectives d'adhésion à l'Union Européenne. Le Conseil Européen a décidé fin 2012 que l'Albanie n'obtiendrait le statut de candidat à l'adhésion que si elle remplissait certaines conditions. Un certain nombre de réformes sont encore nécessaires, concernant notamment le rôle du Parlement, l'indépendance du système judiciaire, et la lutte contre la corruption. Les élections législatives, qui se tiendront mi-2013, seront déterminantes quant à l'avenir de cette candidature. L'UE a été échaudée par l'élection, tenue en 2012, du Président albanais, qui est un proche du Premier ministre actuel Sali Berisha. Cette élection a été boycottée par certains partis, notamment l'opposition socialiste. Les élections législatives s'annoncent serrées, et il est possible que la coalition actuellement au pouvoir, menée par S. Berisha, soit défaite par l'opposition socialiste, en raison des difficultés économiques actuelles.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Albanie?extraUid=571803].