Croatie : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Potentiel de croissance renforcé par les perspectives d'intégration à l'Union européenne
- Qualité des infrastructures (transport, télécommunications, énergie)
- Degré de convergence économique avec l'UE déjà avancé
- Relèvement du niveau de vie, amélioration des infrastructures
- Attractivité touristique .

Points faibles :
- Faiblesse du taux d'épargne et dépendance à l'égard des capitaux étrangers
- Dette publique et dette extérieure élevées
- Erosion du potentiel de croissance
- Forte exposition des emprunteurs au risque de change en raison de la part importante des crédits en devises.


L'économie croate reste en panne



L'économie croate est en récession depuis 2009. En 2012, la zone euro a affecté l'économie par 2 canaux : la baisse des exportations et les incertitudes liées à l'engagement des banques étrangères dans le pays.

En 2013, la demande interne ne sera pas dynamique en raison du fort endettement des ménages et des entreprises, et de leur volonté conjointe de diminuer ce niveau de dette. La consommation privée se contractera en raison de la diminution de l'offre de crédit, de l'érosion des revenus des ménages et d'un taux de chômage supérieur à 15%. 91% des actifs bancaires sont détenus, par des banques européennes, principalement italiennes, qui pourraient réduire leur soutien à leurs filiales croates afin de consolider leur bilan. Par ailleurs, la réforme du système fiscal entreprise par le gouvernement grèvera également la consommation : la TVA a augmenté de 2 points et les bonus ont été abolis dans la fonction publique en 2012.

En 2013, en raison de la stabilité des prix de l'énergie et d'une demande interne atone l'inflation diminuera. En outre, la balance commerciale bien que positive ne portera pas la croissance. Une base d'exportation restreinte, la faible compétitivité de l'appareil productif et l'atonie de la demande des principaux partenaires commerciaux (Allemagne, Italie, Balkans) limitent les capacités des secteurs exportateurs. La fragilité du secteur du textile, fortement concurrencé par la Chine et l'Inde, pousse à la baisse les prix des vêtements. Enfin, le tourisme reste l'un des secteurs d'activité les plus compétitifs du pays et occupe une place importante dans l'économie puisqu'il génère 20% du PIB. La structure hôtelière est en cours de modernisation afin d'augmenter les recettes touristiques.

Le poids de la dette extérieure accroît le risque de change



Le déficit courant variera peu en 2013. Néanmoins, les ratios d'endettement externe se situent à un niveau extrêmement préoccupant, tant en stock qu'en flux. La situation est d'autant plus préoccupante que le refinancement de cette dette pourrait souffrir de la crise bancaire et souveraine de la zone euro. L'insuffisance des réserves de change pourrait engendrer des tensions sur le marché des changes en cas de retournement brutal de la confiance des investisseurs. La banque centrale est ainsi intervenue plusieurs fois sur le marché des changes en 2012 pour soutenir le kana. En outre, les banques doivent faire face à un degré élevé d'euroïsation et sont vulnérables au risque de change.

Forte croissance de la dette publique



Le gouvernement a entamé la refonte de son système fiscal afin de stopper la progression de la dette publique. En effet, plus que son niveau, semblable à la moyenne régionale d'endettement public, c'est sa dynamique qui inquièteA cela s'ajoute les passifs contingents du gouvernement. La dette garantie par l'Etat a atteint 17,5% du PIB et pourrait porter le niveau de dette à 70% du PIB. De plus, bien qu'elle soit de plus en plus souscrite par les résidents, la dette publique demeurera vulnérable au risque de change, 60% du stock de dette étant libellé en devises. L'Etat a entrepris de privatiser les secteurs hautement subventionnés de l'énergie et des transports (notamment le naval, le rail et l'aérien).

Par ailleurs, le nouveau gouvernement a fait de la reprise de l'investissement l'une de ses priorités à travers une série de mesures. L'Etat souhaite ainsi favoriser la concurrence entre les entreprises en privatisant totalement celles dont il détient moins de 22% des actifs. Ces mesures n'auront qu'un effet partiel en 2013 sur la croissance en raison du désendettement du secteur privé.

Finalisation du processus d'adhésion à l'Union européenne



La coalition de centre-gauche emmenée par le Parti social-démocrate (SDP) est sortie vainqueur des élections législatives du 4 décembre 2011. Le nouveau premier ministre croate, Zoran Milanovic, dirigeant du SDP, poursuit le processus d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne. La Croatie sera en effet le 28ème Etat membre de l'Union européenne à compter du 1er juillet 2013.

Les politiques d'austérité mises en place, ainsi que les réformes entamées, notamment en matière de privatisations conduiront à une baisse des salaires afin de restaurer de la compétitivité. Dans ce contexte, des mouvements de grèves, tel que celui du 29 novembre 2012, pourraient peser sur l'économie croate en 2013.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Croatie?extraUid=571837].