Macédoine : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Endettement public modéré
- Faible coût du travail et environnement fiscal favorable à l'investissement
- Soutien du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale
- Situation géographique clé .

Points faibles :
- Taux de chômage très élevé (supérieur à 30%)
- Dépendance aux exportations
- Endettement significatif du secteur privé non financier
- Négociation d'adhésion à l'UE bloquée en raison du contentieux avec la Grèce.


Une économie fragile dépendante de la situation en Europe



En 2012, la croissance a significativement ralenti en raison de la faiblesse de la demande domestique et surtout extérieure. En effet, cette dernière, émanant principalement de l'UE (plus de 50% des exportations), a été limitée par la contraction de l'activité européenne. Dans ce contexte, la production industrielle macédonienne, fortement tournée vers le marché extérieur (articles manufacturiers comme le textile), a diminué.

En 2013, la croissance devrait encore être contrainte par la situation en Europe : la contribution de la balance commerciale devrait demeurer négative. Néanmoins, la croissance devrait augmenter grâce au rebond significatif de la consommation, son principal moteur, liée à l'augmentation des transferts sociaux (50,7% des dépenses publiques).

L'activité industrielle devrait également bénéficier de projets d'investissements étrangers créateurs d'emploi (pièces automobiles, ciment, verre, agro-alimentaire, textile et produits pharmaceutiques). Du côté de l'offre, les secteurs dynamiques resteront, comme l'an passé, les services (notamment les transports et l'intermédiation financière).

Les comptes extérieurs se dégradent…



En 2012, le déficit courant s'est creusé du fait de la baisse concomitante des exportations vers l'Union Européenne et du prix des métaux (environ un quart des exportations).

En 2013, le déficit commercial devrait se creuser en raison de l'augmentation des produits importés liée au dynamisme de la consommation alors que les exportations devraient stagner. Les transferts de revenus des travailleurs expatriés resteront soutenus (environ 18% du PIB) et permettront ainsi de couvrir les trois quart du déficit commercial. Les IDE devraient augmenter, couvrant la moitié du besoin de financement et reflétant les avantages comparatifs du pays dans la région : maintien d'un environnement fiscal favorable et d'un faible coût du travail. Dans ce contexte, l'endettement extérieur devrait à nouveau progresser ce qui alimentera une dette extérieure élevée (deux tiers du PIB).

Par ailleurs, l'ancrage du denar sur l'euro a permis de contenir les pressions inflationnistes en limitant l'inflation importée. Celui-ci devrait être maintenu en 2013. Néanmoins, si la situation en Europe se détériorait davantage, les pressions sur le change pourraient s'accentuer. La banque centrale détient un niveau de réserve satisfaisant mais insuffisant pour contenir la forte dépréciation du denar macédonien qu'implique un tel scénario de risque.

…ainsi que les finances publiques



Le pays affiche un déficit budgétaire en hausse. Celle-ci est liée à la baisse des recettes publiques dans un contexte de ralentissement de l'activité et de la volonté du gouvernement de maintenir les taxes à un niveau faible. En outre, les dépenses restent élevées, tirées par les investissements publics dans l'éducation et les infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques. En 2013, les transferts sociaux devraient augmenter pour stimuler la consommation dans un pays où le chômage atteint près de 30%. En revanche, le gouvernement devrait réduire les dépenses dans la santé et la culture. De fait, le déficit devrait se creuser et compte tenu du développement limité du marché de la dette publique, le pays devrait faire appel à des financements extérieurs, provoquant une hausse de la dette publique extérieure.

Fragile stabilité politique et regain des tensions ethniques



L'échec des négociations pour l'accession à l'OTAN (retardées à 2014) provoque des tensions au sein du gouvernement de coalition formé par le VMRO-DPMNE (centre-droit) et le principal parti albanais (DUI), reconduit en juin 2011. Le DUI reproche en effet cet échec au premier ministre Nikola Gruevski (du VMRO-DPMNE) et s'inquiète du regain des tensions interethniques.

Par ailleurs, les relations avec la Grèce restent difficiles puisque cette dernière continue de bloquer les négociations d'adhésion de la Macédoine à l'UE en raison du contentieux sur le nom constitutionnel de la Macédoine. Un protocole d'accord, initié par la Grèce en octobre 2012, pourrait relancer les discussions mais le gouvernement grec faisant de la gestion de la crise une priorité, il est peu probable que le contentieux soit résolu en 2013.

En termes de gouvernance, le pays a fait des progrès en matière de lutte contre la corruption.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Macédoine?extraUid=571884].


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