Ouzbékistan : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Ressources naturelles abondantes et diversifiées (gaz naturel, or, coton et pétrole)
- Excédents courants et réserves de change confortables
- Programme d'investissements publics ambitieux .

Points faibles :
- Faible diversification économique et dépendance à l'égard des cours des matières premières
- Lenteur des réformes
- Secteur bancaire peu développé et pratique du crédit dirigé
- Interventionnisme étatique et climat des affaires difficile.


Une croissance soutenue par l'investissement public



L'Ouzbékistan a affiché une croissance robuste en 2012, grâce à une politique budgétaire expansionniste, une demande interne soutenue et la manne issue des secteurs aurifère et des hydrocarbures.

En 2013, la croissance restera très porteuse en dépit d'une décélération liée aux probables pressions baissières sur les prix du coton. L'activité sera tirée par la demande extérieure, notamment russe, kazakhe et chinoise (55% des exportations), et les cours élevés du gaz et de l'or (47% des ventes). Dès lors, la production industrielle, notamment minière, devrait afficher des résultats robustes. Fort des recettes du commerce extérieur, le gouvernement poursuivra sa politique offensive de soutien de l'activité dont l'objectif est de moderniser l'industrie. La hausse des salaires du secteur public et des dépenses sociales, conjuguée au maintien des transferts des travailleurs expatriés en Russie et au Kazakhstan, contribueront au dynamisme de la consommation des ménages. La vente au détail, les services, les transports et les télécommunications devraient ainsi continuer à afficher de bons résultats.

L'inflation restera supérieure à 11% en 2013 malgré la modération attendue des prix alimentaires. L'excédent courant entretient la création monétaire, or les contrôles administratifs des prix ne sont pas efficaces. En outre, les indices officiels sous estiment probablement l'ampleur des tensions inflationnistes. D'une manière générale, les statistiques manquent de fiabilité et compliquent l'appréciation d'une éventuelle surchauffe de l'économie.

Un environnement des affaires difficile malgré les réformes annoncées



Grâce à une dette publique faible et des réserves de change massives, le pays est à l'abris de tensions financières. Cependant, l'économie reste dollarisée en raison de restrictions de change et des tensions inflationnistes. Le système bancaire, peu développé, opère dans un environnement étroitement contrôlé par l'Etat qui détient 70% du secteur, notamment pour sa politique de prêts, ce qui fragilise la qualité des portefeuilles. Or le crédit a été très dynamique et soumis à une surveillance prudentielle jugée faible par la BERD. Le poids des contrôles administratifs pèse sur l'attractivité du pays : barrières à l'importation, restrictions de l'accès aux devises, quotas établis par l'Etat dans le secteur agricole… Le gouvernement a certes amorcé une politique tendant à relâcher ces multiples contraintes, en conduisant notamment des privatisations importantes. Toutefois, la main mise de l'administration sur l'économie ne devrait pas être démantelée rapidement car elle entretient une corruption importante, en témoigne le classement du pays par Transparency international en 170eme position sur 174 pays étudiés, la performance la plus préoccupante de la CEI.

Des tensions politiques latentes



Peu d'évolutions du régime dirigiste et très installé d'Islam Karimov sont à attendre en 2013. Le clan du Président n'entend pas renoncer à sa main mise sur les institutions politiques. Le président est à la tête du pays depuis 1987. Il a été réélu en 2007 pour un troisième septennat et malgré la perspective de réduction du mandat à cinq ans, il attendra probablement 2014 pour organiser de nouvelles élections. Toutefois, le chef d'Etat est âgé. Le processus de succession demeure très incertain et pourrait favoriser un soulèvement populaire dans un contexte d'affaiblissement du pouvoir. La pauvreté, le chômage et la restriction des libertés offrent un terreau fertile à la contestation malgré la répression.

A l'échelle régionale, le pays, exposé à la montée des mouvements islamistes radicaux, entretient des relations parfois très tendues avec les pays voisins. Les tensions entre Ouzbeks et Kirghizes au Kirghizstan constituent un facteur d'instabilité potentielle.

Pour en savoir plus



[URL : http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Ouzbékistan?extraUid=571908].