Serbie : analyse du risque économique par la COFACE (2013)
2013-03-07

Points forts :
- Soutien des bailleurs de fonds
- Main d'œuvre qualifiée
- Système bancaire assaini
- Normalisation des relations avec la plupart des pays voisins.

Points forts :
- Dépendance envers les financements extérieurs
- Forte progression de l'endettement extérieur privé
- Différend avec le Kosovo faisant obstacle au processus d'adhésion à l'UE
- Taux de chômage très élevé
- Environnement des affaires perfectible.


Modeste reprise économique attendue



Après une récession plus prononcée que prévu en 2012, l'économie serbe devrait légèrement se redresser en 2013, sans atteindre les 2% de croissance visés par les autorités. La croissance sera soutenue par les exportations d'automobiles Fiat et par celles de l'aciérie de Smederevo, ainsi que par les ventes de produits agroalimentaires. Elle le sera également par la hausse de la production de la raffinerie modernisée de la compagnie pétrolière NIS et par le secteur minier (charbon, cuivre, or). Elle devrait, en outre, être portée par la poursuite des investissements publics en infrastructures.

Toutefois, l'activité restera contrainte par la situation économique peu favorable du principal partenaire commercial du pays, l'UE. Par ailleurs, la persistance d'un taux de chômage très élevé (plus d'un quart de la population active fin 2012) continuera de freiner la consommation des ménages.
L'inflation s'était atténuée au 1er semestre 2012, en raison d'une demande intérieure déprimée et d'une politique monétaire prudente, quoique contrainte par la dépendance de l'économie à l'utilisation de l'euro. Repartie depuis, elle devrait, en 2013, s'établir au dessus de l'objectif de la Banque centrale, à cause d'une poussée des prix agroalimentaires, des prix administrés et de ceux des importations.

Recherche d'un assainissement budgétaire, d'où un possible nouvel accord avec le FMI



Les autorités, qui avaient cherché à contenir chaque année le déficit budgétaire en dessous de 5% du PIB, n'ont pu éviter un dérapage en 2012, année électorale. Considérant que les réformes étaient en plan, le FMI a suspendu en février 2012 l'accord de 1,5Md$ sur 18 mois approuvé en septembre 2011.

Le budget 2013 a été qualifié, par le gouvernement, de tournant radical dans l'assainissement des finances publiques. Il cible un déficit de 3,6% du PIB via notamment une réduction de 5% des dépenses, par le biais d'une baisse des transferts aux collectivités locales et de certaines subventions et par un meilleur contrôle des dépenses. Cet objectif paraît néanmoins ambitieux, car fondé sur une prévision de croissance trop optimiste.

Un nouvel accord avec le FMI, possible en 2013, implique un redressement des finances publiques. La Serbie devra effectuer un réel ajustement budgétaire, à travers une réduction significative des dépenses courantes au profit de celles d'investissement. Une réforme du système de sécurité sociale et une restructuration des entreprises publiques sont également nécessaires. Toutefois, un accord avec le FMI risque d'être source de tensions politiques et sociales, notamment la réforme complexe du secteur public.

En l'état, la dette publique a augmenté de manière significative en 2012. Elle a ainsi dépassé de loin le plafond légal de 45% du PIB et devrait rester largement au dessus en 2013.

Commerce extérieur structurellement déficitaire et dépendance envers les financements extérieurs



Les échanges extérieurs sont structurellement déficitaires en raison de l'insuffisance de l'offre locale et du manque de compétitivité de certains secteurs. Les exportations sont destinées à l'UE pour près de 60% et, dans une moindre mesure (moins de 20%), aux partenaires de la zone de libre-échange des Balkans. En 2013, le déficit courant devrait se tasser légèrement, malgré la faiblesse de la demande européenne. En effet, les exportations de biens manufacturés et celles de produits agroalimentaires et chimiques afficheraient une progression supérieure à celle des importations.

Les investissements directs étrangers ne couvrant qu'une faible part du besoin de financement (environ un quart), l'endettement extérieur du pays s'est fortement alourdi (80% du PIB). La Serbie bénéficie de fonds bi et multilatéraux et de financements par le biais de partenariat public-privé, mais, en raison de leur insuffisance, elle est contrainte de recourir à l'endettement privé.

Quant au dinar, il va rester dans une zone de turbulences, alors que la majorité des opérateurs économiques (entités publiques, entreprises, ménages) est principalement endettée en euros.
Par ailleurs, si la capitalisation du secteur bancaire et sa rentabilité sont satisfaisantes, la hausse des créances douteuses est inquiétante et sa dépendance envers les banques européennes le rend vulnérable.

Poursuite de la recherche d'un ancrage européen



A la suite des élections législatives de mai 2012, Ivica Dacic, dirigeant du Parti socialiste (SPS), a été investi fin juillet 2012 Premier ministre d'un gouvernement de coalition composé du SPS, du Parti progressiste (SNS) et du Parti des régions (URS). Membres de ce gouvernement à coloration nationaliste mais pro-européenne, le SPS et l'URS faisaient partie de la coalition sortante, ce qui conduit à une politique peu différente de la précédente.

La recherche d'un ancrage européen reste ainsi l'un des principaux objectifs de la Serbie, qui a œuvré au règlement de ses différends extérieurs. Toutefois, les négociations d'adhésion à l'UE buttent sur la question du Kosovo, non reconnu par la Serbie. De ce fait, le pays n'obtiendra sans doute pas le statut de candidat à l'adhésion en 2013.

Pour en savoir plus



[URL :
http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Serbie?extraUid=571929].